Thanos, le Conflit de l’Infini : Jim Starlin a-t-il encore quelque chose à dire sur Thanos ? [Avis]

(image © Marvel Comics)

Deuxième partie d’une nouvelle trilogie de l’Infini, le créateur du vilain le plus célèbre de l’univers Marvel s’associe avec le dessinateur Alan Davis pour une épopée très décompressée. Et finalement pas si épique que ça. Heureusement, les planches sont magnifiques.
■ par Doop

 

(image © Marvel Comics)

 

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Vous pensiez lire un graphic novel Thanos ? Et bien non, puisqu’en réalité Le Conflit de l’Infini est la 2e partie d’une saga plus grande déjà commencée dans le livre Les Frères de l’Infini. Pas de problème, puisque Panini nous offre gentiment dans son éditorial un résumé de l’épisode précédent. On peut donc sans aucune difficulté aborder Le Conflit de l’Infini. Au début de l’histoire, Thanos est désormais contrôlé par l’une de ses versions futuristes qui est devenue ultra puissante ! Celle-ci va le diriger vers un nouvel artefact cosmique beaucoup plus puissant que les Pierres d’Infinité. Le but ? que le Thanos du présent devienne carrément omnipotent pour pouvoir rejoindre son avatar du futur. Et quand on dit omnipotent, on est très très loin du pouvoir des Pierres de l’Infini puisque le Titan fou va tout simplement absorber dans son être les fameuses Pierres mais aussi… Galactus, l’Ordre, le Chaos, Dame Mort, l’Étranger et la quasi-totalité des divinités cosmiques Marvel ! Je ne dévoile pas le but final de cette opération mais disons que cela fait sens. En effet, Thanos a bien compris qu’il n’arriverait jamais à gagner s’il veut encore une fois modifier l’univers. Il trouve donc une parade pour ne pas être mis au tapis par les superhéros ou par son propre subconscient. Quand on y pense, c’est assez bien vu. Mais c’est sans compter sur le Tribunal Vivant, Adam Warlock et Eros, qui vont essayer de contrecarrer les plans du Titan fou…

 

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Un récit très décompressé et pas vraiment flamboyant

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Thanos, le Conflit de l’Infini
fait bien une bonne centaine de pages. Et c’est assez frustrant car il ne s’y passe vraiment pas grand-chose. De fait, l’histoire ressemble beaucoup à la saga La Quête de Thanos, où le vilain gagnait petit à petit de plus en plus de pouvoir. Mais dans ce récit, il y avait toujours un twist final dans les combats, une morale, une réflexion. Ce n’est pas du tout le cas ici. La grande majorité des batailles se déroule hors champ ou manque véritablement de sens épique. Les pages s’enchaînent et le récit n’avance quasiment pas. On se demande si Jim Starlin n’aurait pas fait le tour de son personnage et si cette intrigue n’est pas uniquement réalisée à des fins mercantiles, pour profiter du succès des films. On retrouve ainsi tous les défauts d’un Jim Starlin en mode automatique, qui a tendance à barbouiller son histoire de scènes pas toujours intéressantes et de dialogues assez plats. C’est d’ailleurs ce qui me gêne le plus dans Thanos, le Conflit de l’Infini. Il n’y a pas de sens épique, aucun sentiment de menace cosmique, aucun moment qui nous renverse un peu. Je comprends bien que l’on se trouve au milieu d’une intrigue globale mais soyons honnête : Thanos, le Conflit de l’Infini manque carrément de jus ! Jim Starlin étale son intrigue au maximum, exploitant quelques sauts temporels aussi incompréhensibles que ceux d’Avengers : Endgame et quelques passages qui veulent donner un relief comique au récit, mais qui ne fonctionnent pas du tout (les morts à répétition de Warlock, Pip le troll). Clairement, toute l’histoire de Thanos, le Conflit de l’Infini aurait pu largement tenir en 20 pages. Mais c’aurait été dommage de rater les planches d’Alan Davis.

 

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Alan Davis pour l’excellente partie graphique

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Dans Thanos, le Conflit de l’Infini, Alan Davis montre qu’il reste encore l’un des meilleurs dessinateurs de superhéros. D’ailleurs on peut se demander si le scénario de Jim Starlin n’est pas là uniquement pour mettre en avant les planches du dessinateur. Même si Alan Davis n’a pas de moment épique à dessiner, il livre des planches de haut niveau et toujours lisibles. Comme d’habitude, l’encrage de Mark Farmer lui sied aussi à merveille. Certains pourront reprocher l’omniprésence de splash pages ou de répétitions dans les scènes, mais comme elles sont toutes magnifiques à regarder, cela ne m’a pas beaucoup gêné. Concrètement, Thanos, le Conflit de l’Infini est un comics qui ne raconte pas grand-chose, dont la partie graphique compense largement la vacuité ! Les fans du 1er épisode et des films Marvel Studios apprécieront certainement. ■

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Thanos, le Conflit de l’Infini est un comics publié en France par Panini Comics.




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Doop lit des comics depuis une quarantaine d'années. Modérateur sur Buzzcomics depuis plus de 15 ans, il a écrit pour ce forum (avec la participation de Poulet, sa minette tigrée et capricieuse) un bon millier de critiques et une centaine d'articles très très longs qui peuvent aller de « Promethea » à « Heroes Reborn ». Il a développé une affection particulière pour les auteurs Vertigo des années 90, notamment Peter Milligan et Neil Gaiman.