Avec ce tome 2 d’Absolute Batman, DC Comics confirme que la ligne Absolute ne joue pas la sécurité. Scott Snyder pousse son Batman hors de toute zone de confort : plus massif, plus violent, mais aussi plus fragile. Dès lors, ce tome pose une vraie question au lecteur : jusqu’où peut-on déformer Batman sans le briser ? Entre body horror, drame intime et grand spectacle, Absolute Batman change d’échelle et de ton. Mais cette surenchère sert-elle vraiment le personnage, ou finit-elle par l’écraser sous son propre poids ?

Absolute Batman : un pitch qui bascule dans le cauchemar
Le tome 2 d’Absolute Batman reprend après la chute de Black Mask. Gotham s’enfonce dans un hiver malsain. Bruce Wayne affronte une version inédite de Mister Freeze, puis voit surgir Bane. Rapidement, l’intrigue quitte vite le simple affrontement physique. Scott Snyder s’intéresse à la jeunesse de Bruce, à ses amis proches, et aux conséquences directes de son choix de devenir Batman. Peu à peu, une mystérieuse prison appelée l’Arche M devient le cœur du récit. C’est un lieu d’expérimentation, de torture et de transformation. Chaque combat laisse des traces durables, qu’elles soient physiques, morales ou surtout émotionnelles.

L’horreur comme nouveau langage de Gotham
Avec Mister Freeze et surtout Bane, Absolute Batman assume une dimension horrifique frontale. Corps difformes, chairs transformées, violence graphique : Nick Dragotta, Marcos Martin et Clay Mann jouent avec le malaise visuel. Les couleurs de Munsta Vicente et Ivan Plascencia accentuent cette sensation de malaise constant. Gotham ressemble moins à une ville qu’à un laboratoire. En réalité, l’horreur n’est pas décorative. Ainsi, elle reflète une société malade, dominée par des élites cyniques et des monstres fabriqués.

Un Batman jeune, brisé mais entouré
L’une des grandes forces d’Absolute Batman reste l’écriture de Bruce Wayne. À vingt-quatre ans, Bruce agit trop vite et encaisse trop fort. Scott Snyder insiste sur son immaturité émotionnelle. Ses amis et spécialement Catwoman connaissent son secret. Ils l’aiment et le jugent aussi. Forcément, cette proximité change tout. Désormais, Batman n’est plus un mythe solitaire. Il devient un corps exposé. Un gamin avec un poids trop lourd à porter. Cette approche donne une vraie chair au personnage, même quand le récit flirte avec l’excès.

Bane, miroir noir de Batman
Ce tome 2 marque aussi une réinvention majeure de Bane. Scott Snyder en fait un symbole politique, un révolutionnaire dévoyé. Plus : c’est un survivant devenu arme. Son origine, racontée par Clay Mann, frappe fort. Bane n’est plus seulement un bourreau. Il devient un reflet déformé de Bruce Wayne. Deux trajectoires parallèles. Deux victimes d’un système violent. Par conséquent, cette opposition donne au conflit final une vraie puissance tragique, même si certains choix flirtent parfois avec la surenchère grotesque.

Un spectacle grandiose parfois trop chargé
Visuellement, Absolute Batman impressionne presque à chaque page. Nick Dragotta livre certaines de ses planches les plus marquantes. Les combats sont lisibles, violents, et presque poétiques. En revanche, cette densité devient parfois un défaut. Les transitions sont abruptes. Les idées s’empilent. Le final face à Bane tutoie l’absurde car le gigantisme permanent peut fatiguer. Tout est intense. Trop parfois. Néanmoins, le récit gagne en impact ce qu’il perd en respiration.

Absolute Batman tome 2 : un pari risqué mais fascinant
Ce tome 2 d’Absolute Batman n’est pas parfait. Il déborde, force et exagère. Mais il OSE. Scott Snyder signe un Batman profondément différent, plus humain dans sa souffrance, plus monstrueux dans sa forme. Urban Comics propose ici un album dense, marquant, parfois réellement dérangeant. Évidemment, Absolute Batman ne remplacera jamais le Batman classique. Il propose autre chose. Une expérience radicale. Et franchement, ça fait du bien de lire un Batman qui prend autant de risques.

Absolute Batman tome 2 est un comics publié en France par Urban Comics. Traduction : Jérôme Wicky. Il contient : Absolute Batman #7-14 et Absolute Batman 2025 Annual #1.