Justice League Dark Rebirth, tome 1 : Wonder Woman et la nouvelle Ligue des Ténèbres sauveront-ils la magie de l’univers DC ! [avis]

(image © DC Comics)

Wonder Woman forme une nouvelle équipe spécialisée dans l’occultisme pour sauver la magie de l’univers DC Comics. Ésotérisme et action sont au rendez-vous dans ce 1er tome qui pose bien les bases de Justice League Rebirth.
■ par Stéphane Le Troëdec

 

La magie de l’univers DC déraille. Les évènements de Batman Metal ont libéré les propriétaires originels de la magie issus de l’Altermonde et menés par l’Homme Inversé. Ceux-ci sont maintenant prêt à revenir dans notre univers pour consumer la Magie. Pour lutter contre cette nouvelle menace magique, la Ligue des Ténèbres se reforme, avec à sa tête Wonder Woman. Cette dernière réunie une nouvelle équipe. Mais dans l’ombre, une autre menace étroitement liée au passé de l’Amazone, tire les ficelles…

 

(image © DC Comics)

 

La magie se meurt. Encore.

Souvenez-vous : la dernière fois qu’on a vu la Ligue des Ténèbres en librairie, c’était fin 2017 pour un album de la Justice League Dark imaginée par Jeff Lemire. Il s’agissait grosso modo d’amalgamer des persos de la ligne Vertigo avec d’autres persos tendance occulte de DC Comics. Sans être fabuleux, l’ensemble ne manquait pas de charme, mais DC en a jugé autrement et sabordé l’affaire. Sauf qu’après Batman Metal puis No Justice, les choses ont changé. La Ligue de Justice semble avoir compris qu’une équipe spécialisée dans le « mystique », c’était tout de même une bonne idée.

 

(image © DC Comics)

 

Nouvelle composition d’équipe

Justice League Dark Rebirth voit donc Wonder Woman prendre la tête d’une équipe experte en occultisme. De la trinité Batman-Superman-Wonder Woman, c’est bien cette dernière qui semble la plus légitime, et No Justice avait suggéré l’idée. Autour d’elle, James Tynion IV rassemble un groupe avec des choix parfois curieux. Autant Zatanna, Swamp Thing ou Detective Chimp paraissent à leur place, autant Man-Bat semble un peu à côté de la plaque. Et puis on ne peut s’empêcher de se demander à la lecture pourquoi Wonder Woman choisit ceux-là, alors qu’elle pourrait aller voir Deadman, Dr Fate et bien d’autres, probablement plus utiles. Néanmoins, l’intrigue permet tout de même à Justice League Dark Rebirth de parcourir tout ce que l’univers DC a de magique, et c’est particulièrement agréable de retrouver, même en coup de vent, des personnages connus mais aussi obscurs comme John Constantine, Circé, Witchfire, Traci 13, la déesse Rama Kushna ou bien encore Aube Manitou. Idem avec certains lieux occultes comme Nanda Parbat ou le Bar de l’Oubli de Shadowpact. Les amateurs de ce versant mystique de l’univers DC apprécieront.

 

(image © DC Comics)

 

Mon Amazone bien aimée

Restait que James Tynion IV avait tout de même un autre problème à régler : justifier la présence de Wonder Woman en chef d’équipe. D’ailleurs, pendant une bonne partie de l’aventure, ses collègues s’interrogent sur sa légitimité. Tynion IV ressort donc, un peu de son chapeau, une très vieille histoire remontant à la jeunesse de Diana. En gros, Hécate, la déesse de la Magie, a marqué Diana dans sa plus jeune enfance. Profitant des chamboulements actuels, elle en profite pour s’incarner dans le corps de Wonder Woman. On vous laisse imaginer la puissance de l’entité résultant de cette fusion ! Du coup, Justice League Dark Rebirth se retrouve à gérer 2 menaces d’ordre mystique. Encore que pas tout à fait, puisque la partie Hécate est traité dans la série Wonder Woman, Urban Comics réunissant dans cet album les épisodes concernés ainsi que des épisodes spéciaux.

 

(image © DC Comics)

 

L’Apocalypse en quelques cases

Malgré ces bonnes intentions, les idées de James Tynion IV se heurtent à un problème récurrent dans les comics. Raconter la fin du monde, ce doit être un moment intense et dramatique. Sauf qu’ici, et comme dans tant d’autres histoires, cette apocalypse est traitée rapidement, par-dessus la jambe et en quelques cases. On repassera donc pour la crédibilité du truc. Ça donne une fin du monde qui surgit rapidement pour re-disparaitre aussi sec en quelques pages. Dommage. Heureusement pour cette Justice League Dark Rebirth le plaisir de lecture ne tient pas à cet aspect.

 

 

 

Alvaro Martinez Bueno à la baguette

Ils sont 5 dessinateurs à se partager le dessin de ce tome 1 de Justice League Dark Rebirth. Dans les faits, ce sont plutôt 2 dessinateurs : Alvaro Martinez Bueno s’occupe de la série principale, Emanuela Lupacchino des épisodes de la série Wonder Woman liés à cette aventure. Les autres, Jesus Merino, Fernando Blanco et Miguel Mendonça, font plus dans le fill-in (réussi). Celui qui capte l’attention, c’est bien Alvaro Martinez Bueno. L’artiste semble rapidement à l’aise dans ce versant occulte de l’univers DC, campe ses persos comme il faut, et anime l’ensemble avec talent. Il me tarde de lire le tome 2 où on retrouvera grosso modo la même équipe. ■

(image © DC Comics, Urban Comics)

Justice League Dark Rebirth, tome 2 est un comics publié en France chez Urban Comics.




A propos Stéphane Le Troëdec 291 Articles
Stéphane Le Troëdec est spécialiste des comics, traducteur et conférencier. En 2015, il s'occupe de la rubrique BD du Salon Littéraire. Puis en 2017, il rejoint l'équipe de Boojum, l'animal littéraire, dont il devient le responsable de la rubrique pop culture. Ses autres hobbys sont le cinéma fantastique et les jeux. Enfin, et c'est le plus important : son chiffre porte-bonheur est le cinq, sa couleur préférée le bleu, et il n’aime pas les chats.