No Justice : la Justice League en transit ! [avis]

(image © DC Comics)

Dans No Justice, Scott Snyder, James Tynion IV et Joshua Williamson prennent en main l’avenir de la Justice League. Car s’il est hors de question de la faire disparaitre, la Ligue de Justice doit se renouveler. Malheureusement, difficile de faire des miracles en 4 petits épisodes.
■ par Stéphane Le Troëdec

 

(image © DC Comics)

 

Ça devait bien arriver ! Lors de leur affrontement contre Barbatos et le Multivers Noir, les superhéros ont un peu trop joué avec des forces cosmiques. À ébranler les fondations primordiales des dimensions, ils ont réveillé les 4 Titans Oméga : Merveilleux, Sagesse, Entropie et Mystère. Pire : chaque Titan Oméga veut renverser les 3 autres, quitte à détruire des planètes au passage. Colu, le monde natal de Brainiac, est la 1re planète qui risque de faire les frais de cette affrontement cosmique entre les Titans Oméga. Aussi Brainiac convoque-t-il les superhéros de la Ligue de Justice pour affronter cette nouvelle menace. Sauf que pour une fois, c’est le supervilain qui mène la partie. En effet, il a calculé les combinaisons d’équipes les plus efficaces pour espérer l’emporter. Mais tout le monde n’est pas forcément d’accord à l’idée de confier le destin de l’univers à un des pires supervilains jamais connus…

 

(image © DC Comics)

 

En transition

No Justice s’intercale entre la fin de la série Justice League Rebirth et la prochaine série du groupe, New Justice. Hormis le dernier tome publié en France, la Justice League Rebirth de Bryan Hitch a peiné à convaincre. Du coup, Scott Snyder, James Tynion IV et Joshua Williamson se voient donc confier l’écriture d’une aventure qui explique le changement de statu quo. Au rayon des détails qui m’ont beaucoup plus, il faut noter le retour du Limier Martien dans un rôle plus traditionnel, par exemple. Francis Manapul met en scène l’aventure avec beaucoup d’entrain et parvient à récupérer certains passages un peu trop verbeux. Et le choix d’utiliser les double-pages comme un format scope ajouter de l’allure à l’ensemble. Je regrette simplement des couleurs par moment aux teintes étonnamment trop roses et violettes. L’autre point positif, c’est d’expliciter les changements des line-up à venir. Ce que pour le coup, No Justice arrive assez bien à faire, comme on va le voir.

 

(image © DC Comics)

 

Les joies de la combinaison

Le comics No Justice se présente comme la suite directe de Batman : Metal. La raison est simple : l’intrigue découle des conséquences du précédent event de DC. Mais à bien y regarder, No Justice tient probablement plus de Justice League vs Suicide Squad (avec Williamson dans les coup). On y proposait déjà des combinaisons de groupe intéressantes, pour varier les plaisirs. Dans No Justice, tout le sel vient que les formations sont optimisées par Brainiac, sous-entendu indirectement que lui seul peut révéler le plein potentiel de la Justice League. Seulement voilà, Scott Snyder et cie n’utilise pas cette idée totalement, et se contente d’aligner 4 formations pour affronter 4 Titans. Les relations entre les personnages sont limitées au minimum, alors qu’il y avait un potentiel. Mais peut-être ont-ils été contraint par le format très cours. Car oui, 4 épisodes secs pour mettre en place une menace interplanétaire, c’est un peu court.

 

(image © DC Comics)

 

Mais où est passé le souffle épique ?

Depuis Batman : Metal, Scott Snyder est devenu plus ou moins le grand ordonnateur de l’univers cosmique DC. Il y avait de bonnes idées au départ de l’event, mais progressivement, Scott Snyder a donné le sentiment de s’embourber dans des concepts brouillons et pas vraiment aboutis. Avec No Justice, l’intrigue file vite et on a moins le temps de ressentir ces flous et détails illogiques. Certes, il y a un petit côté « Snyder refait Galactus ou les Célestes façon DC Comics » loin d’être désagréable. Mais jamais No Justice n’arrive à prendre son envol ni à trouver un souffle épique qui lui irait pourtant si bien. Et malheureusement on n’échappe pas à certaines grosses incohérences et situations illogiques qui vous font sortir de l’histoire. Il est tout de même incroyable que des scénaristes de la trempe de Scott Snyder, James Tynion IV et Joshua Williamson laissent passer ce genre de choses. Là, un editor aurait pu légitimement leur faire remarquer que décidément certains pans de l’histoire ne tiennent pas debout. Scott Snyder était un de mes scénaristes préférés chez DC Comics. Mais depuis la mi-Batman Metal, il y a clairement une baisse de qualité dans ses intrigues. On guettera donc particulièrement les débuts de New Justice. ■

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(image © DC Comics, Urban Comics)

No Justice est un comics publié en France par Urban Comics.




A propos Stéphane Le Troëdec 290 Articles
Stéphane Le Troëdec est spécialiste des comics, traducteur et conférencier. En 2015, il s'occupe de la rubrique BD du Salon Littéraire. Puis en 2017, il rejoint l'équipe de Boojum, l'animal littéraire, dont il devient le responsable de la rubrique pop culture. Ses autres hobbys sont le cinéma fantastique et les jeux. Enfin, et c'est le plus important : son chiffre porte-bonheur est le cinq, sa couleur préférée le bleu, et il n’aime pas les chats.