Carnage, le monde obscur : Venom et son rejeton affrontent Cthulhu ! [avis]

(image © Marvel Comics)

Carnage, le monde obscur est un comics à ne pas manquer ! Car ce récit complet prestigieux fait se rencontrer intelligemment 2 univers a priori opposés mais finalement complémentaires. Certainement une des plus belles surprises de ces dernières années !
■ par Ben Wawe

 

Carnage contre Lovecraft !

Le Marvel Deluxe Carnage, le monde obscur marque la rencontre entre 2 figures de la culture pop et fantastique. D’un côté, nous avons Carnage, alias Cletus Kasady, un serial killer qui récupère un jeune symbiote abandonné par Venom. Carnage devient rapidement le plus dément et le plus destructeur des symbiotes, un des pires adversaires de Spider-Man, et repousse carrément les limites des pouvoirs de Venom lui-même ! De l’autre, nous avons H.P. Lovecraft. Cet écrivain de la 1re partie du XXe siècle est connu pour ses récits horrifiques et cosmiques. Dès les années 70, Marvel s’en est inspiré. Ainsi, l’entité ancestrale Chthon est une copie de Cthulhu, et Darkhold, le grimoire maudit, est l’équivalent du Necronomicon, le célèbre recueil de sortilèges. Mais alors… quels liens peuvent unir ces 2 univers ?

 

(image © Marvel Comics)

 

Une histoire d’ambiance

Carnage est en fuite ! Le FBI charge donc l’agent novice Claire Dixon de monter un groupe pour le traquer. La jeune femme, qui a un lien mystérieux avec le tueur, sollicite John Jameson (oui, le fils du patron du Bugle, dont on peut dire qu’il y a un loup le concernant…) et Eddie Brock (qui porte dans cette histoire un autre symbiote que Venom). L’histoire évite l’écueil d’affrontements bêtes et méchants, leur préférant une atmosphère horrifique particulièrement travaillée. On retrouve cette ambiance dans les 16 épisodes, dynamiques et inspirés. Carnage, le monde obscur commence donc par un huis clos terrifiant dans une mine, avant de s’orienter vers… l’horreur cosmique chère à HP Lovecraft !

 

(image © Marvel Comics)

 

Une rencontre détonante…

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Au 1er abord, il parait difficile d’imaginer les interactions entre l’univers malsain, mystérieux et cosmique de Lovecraft, et Carnage, symbiote ultraviolent. Carnage, le monde obscur relève pourtant le défi de cette association finalement efficace ! La série s’insère parfaitement dans le surnaturel cher à l’écrivain. Pour cela, le scénariste vétéran Gerry Conway imagine une secte pourchassant et manipulant Carnage. Leur motivation ? Il est l’élu capable de ramener le dieu maléfique Chthon ! Chaque instant, Cletus Kasady tout comme John Jameson, Eddie Brock et Claire Dixon, luttent contre la folie, avec des caractérisations solides pour chaque personnage. Du coup, Carnage « vit », existe et acquiert une dimension bien plus profonde que dans beaucoup de ses apparitions passées.

 

(image © Marvel Comics)

 

… grâce à des auteurs prestigieux !

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Cette profondeur inattendue du personnage de Carnage n’est pas tout à fait un hasard ! En 2016, Marvel lance les épisodes constituant Carnage, le monde obscur en les confiant au scénariste Gerry Conway. Ce dernier écrivait déjà Spider-Man dans les années 70 puisque c’est lui qui a imaginé la mort de Gwen Stacy. Le dessinateur vétéran Mike Perkins, vu sur Captain America, l’accompagne. Les lecteurs seront peut-être surpris qu’un duo aussi glorieux se charge de ce personnage. En effet, si Carnage est un des principaux symboles des comics des années 90, il souffre parfois auprès de certains artistes d’une image écornée. Disons que Carnage a connu beaucoup d’histoires trop violentes ou à l’inspiration limitée (je vous invite à lire notre article sur la série Venom : Carnage Unleashed). Et pourtant, la réussite de ce Carnage, le monde obscur vient de ce choix d’auteurs brillants, et leur bonne idée de lier le symbiote à l’imaginaire de Lovecraft !

 

(image © Marvel Comics)

 

Un dessin magnifique au service d’une histoire solide

Dans les 16 épisodes de Carnage, le monde obscur, le scénariste Gerry Conway parvient à raconter une vraie bonne histoire sur Carnage, avec un début, un milieu et une fin. L’intrigue est appréciable par les lecteurs novices, car très accessible. Les lecteurs plus expérimentés se délectera des clins d’œil à l’histoire de Marvel. Mais surtout, l’art de Mike Perkins est un atout incontournable de Carnage, le monde obscur. Son trait déjà sûr se révèle parfait ici. L’ambiance qu’il construit via ses planches est idéale, intrigante et puissante. Un graphisme complètement indispensable pour cette folie surnaturelle… magnifique ! ■

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(image © Marvel Comics)
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