Contest of Champions : Analyse d’une réédition historique du premier crossover Marvel

Contest of Champions chez Panini
Temps de lecture estimée : 3 min.

Avec Contest of Champions, Panini nous offre une réédition des épisodes du tout premier crossover Marvel). Historiquement très importante (première mini-série, tout premier crossover et plus grosse bourde éditoriale de la compagnie), il fallait au moins y jeter à nouveau un coup d’œil. Et le résultat se tient… Même si cela reste finalement très anecdotique.
■ Par Doop

Pour commencer, résumons l’intrigue du Tournoi des champions : les super-héros Marvel sont kidnappés par deux entités cosmiques qui les obligent à s’affronter durant un tournoi…

Une série originale et sympathique

Je vous avoue que si l’histoire n’a rien d’extraordinaire (un combat entre super-héros), les relations entre les personnages se tiennent plutôt bien et il est intéressant de constater que même si le contexte politique est plus que superficiel, on a quand même quelques antagonismes entre, par exemple, le personnage du Chevalier d’Arabie et Sabra, d’Israël, ou encore entre Shamrock (d’Irlande) et Captain Britain.

Contest of Champions

Des dessins plutôt réussis d’un John Romita Jr débutant

Si la plupart des lecteurs actuels connaissent le style du dessinateur John Romita Jr, il faut savoir que ce dernier possédait un coup de crayon beaucoup plus classique à ses débuts.  Vous ne reconnaîtrez pas ses traits, beaucoup plus clairs, lisibles et passe-partout. Ses crayonnés sont de plus très « encadrés » par l’encrage imposant de Pablo Marcos pour un résultat très agréable.

Mais pourquoi le grand maître a-t-il gagné ?

Y a pas une erreur quelque part ? En effet, alors que le résultat du tournoi devait être de 2 victoires partout à la fin, le scénariste nous assure que le résultat définitif est de 3 victoires à une ! Vous pouvez être rassuré, il n’y a pas d’erreurs de traduction, ni même de mise en page, c’est tout simplement le scénariste de l’époque qui s’est planté ! Pourquoi ? Explication ci-dessous ! Je trouve quand même dommage qu’aucune mention de cet incident n’apparaisse dans l’introduction du volume VF, ce qui risque de dérouter les lecteurs.

Contest of Champions chez Panini France

Un peu d’histoire

Cette mini-série a été commandée en 1980 pour les Jeux Olympiques d’été de Moscou. Malheureusement, la Russie envahit l’Afghanistan et les USA boycottent les jeux. Tout l’épisode (d’une soixantaine de pages, déjà dessinées) est donc à jeter. Ce n’est que deux ans plus tard que Marvel décide de réutiliser les planches, en apportant des modifications à l’histoire et en décidant d’en faire la première mini-série de la compagnie. Le problème, c’est qu’il faut modifier l’histoire mais aussi les personnages, qui ont entre-temps évolué. Par exemple, Miss Marvel a perdu ses pouvoirs entre 1980 et 1982 et se voit remplacée Miss Hulk. De la même manière, les dialogues du Fauve sont retravaillés car il ne fait plus partie des Avengers. Ces changements et ces retouches peuvent expliquer la bourde du scénariste et des éditeurs de la série.

Les deux épisodes moins connus

Les deux annuals de la fin sont très anecdotiques. C’est du West Coast Avengers période Steve Englehart et Al Milgrom et j’ai toujours trouvé ça médiocre. L’annual des Avengers est lui aussi assez quelconque, mais propose des équipes artistiques assez improbables, avec du Romita jr encré par Sienkiewicz ou du Guice encré par Kevin Nowlan. Ce n’est quand même pas fameux. A réserver aux passionnés de l’histoire de Marvel.

Contest of Champions Le Tournoi des CHampions

Contest of Champions (Le Tournoi des champions) est un comics de 176 pages écrit par Mark Gruenwald, Bill Mantlo, Steve Englehart, Tom DeFalco et dessiné par John Romita Jr et Al Milgrom.




A propos Doop 375 Articles
Doop lit des comics depuis une quarantaine d'années. Modérateur sur Buzzcomics depuis plus de 15 ans, il a écrit pour ce forum (avec la participation de Poulet, sa minette tigrée et capricieuse) un bon millier de critiques et une centaine d'articles très très longs qui peuvent aller de « Promethea » à « Heroes Reborn ». Il a développé une affection particulière pour les auteurs Vertigo des années 90, notamment Peter Milligan et Neil Gaiman.