12 films de superhéros que vous ne verrez JAMAIS !

(image © Marvel Comics, DC Comics)

Les films de superhéros prolifèrent sur grand écran depuis des années, et pourtant une quantité d’autres sont sacrifiés. De grands réalisateurs comme James Cameron, Terry Gilliam ou George Miller s’y sont essayés souvent sans succès. Voici 12 projets de films qui n’ont jamais vu le jour !
■ par Stéphane Le Troëdec

 

 

Spider-Man par James Cameron

(image © Marvel Comics)

En 1985, le producteur Menahem Golan achète les droits de Spider-Man pour 225 000 dollars et 4 ans plus tard, il annonce au festival de Cannes que l’adaptation ciné est en cours. Seulement voilà, en coulisses, le financement prend du retard. En 1991, M. Golan revend les droits à la société Carolco, en plein succès avec Total Recall et Terminator 2. Pour 3 millions de dollars, la Carolco achète les droits d’adapter Spider-Man sur grand écran jusqu’en mai 1996. Toujours en 1991, Stan Lee adoube James Cameron par cette phrase : « Il est le meilleur candidat sur Terre pour mettre en scène un film sur Spider-Man ! ». À l’été 1993, James Cameron livre un 1er traitement d’une cinquantaine de pages. L’intrigue reste fidèle au comics et les 2 supervilains pressentis sont Electro et l’Homme-Sable. Dans le rôle de Peter Parker, James Cameron choisit Leonardo Di Caprio. À l’époque, le jeune homme n’est pas encore une vedette, mais a déjà une filmographie sérieuse puisqu’il a tourné avec Robert De Niro ou Gene Hackman. Sauf que le projet Spider-Man capote rapidement : les échecs des films L’Île aux pirates et Showgirls poussent la Carolco à revendre les droits à la Fox. Une revente loin d’être anodine : elle « coince » Spider-Man dans une véritable « toile » juridique. Car Menahem Golan, Marvel, MGM, Columbia et Viacom se disputent les droits. Quelques années plus tard, en 1999, la justice tranche et Sony renégocie les droits avec Marvel. Mais entretemps, James Cameron est passé à autre chose : Titanic est un succès sans précédent et il pense déjà à Avatar. Il faut donc chercher un nouveau réalisateur. Après Roland Emmerich et David Fincher aient été pressentis, c’est Sam Raimi qui finit par convaincre la production. Le reste, vous le connaissez déjà.

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Watchmen par Terry Gilliam

(image © DC Comics)

Un an après la publication de Watchmen, la Fox achète les droits d’adaptation du comics d’Alan Moore et de Dave Gibbons. À l’époque, Alan Moore est déjà réticent aux adaptations et refuse de s’en occuper. On confie donc le travail à Sam Hamm, qui bosse à cette époque sur le scénario du Batman de Tim Burton. En 1988, lorsqu’il livre son script, la Fox prend peur : pour l’époque, le budget prévisionnel de 120 millions de dollars pour tourner correctement cette histoire est colossal ! De plus, Sam Hamm transforme la fin de Watchmen : dans son scénario, les superhéros remontent le temps pour restaurer les États-Unis tels qu’on les connait… Quelques temps plus tard, c’est la Warner qui s’essaie à une tentative d’adaptation sur grand écran. Joel Silver, producteur spécialisé dans les films d’action, désigne Terry Gilliam, qui propose de revoir le script. Si Joel Silver excelle à réunir des fonds pour produire des films, il se heurte à la grande réticence des financeurs. Ces derniers sont effrayés par les déboires financiers de Terry Gilliam qui avait, malgré lui, explosé le budget du film Les Aventures du Baron de Munchausen. Autre soucis, de taille, selon Terry Gilliam : le besoin de condenser un vaste univers en 2 heures de film. Impossible selon lui ! Pourtant, des années plus tard, Zack Snyder finit par adapter Watchmen au cinéma.

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Superman Lives par Tim Burton

(image © DC Comics)

Au milieu des années 90, il est temps de donner un second souffle à Superman et repartir sur de nouvelles bases après l’échec critique et commercial de Superman IV ! Plusieurs scénaristes se succèdent. Jonathan Lemkin choisit de prendre comme point de départ le comics La Mort de Superman et en écrit un prolongement : Kal-El est mort et la descendance de Lois Lane protège dorénavant l’humanité. Ambitieux. Arrive alors sur le projet Kevin Smith, jeune réalisateur de Clerks et Mallrats. Imaginatif, il prévoit une bataille entre Brainiac et des ours polaires défendant la Forteresse de Solitude, Jack Nicholson dans le rôle de Luthor et un combat final contre une araignée géante. Le Superman de Kevin Smith ? Ben Affleck, son pote ! Arrive alors sur le projet Nicolas Cage, passionné de comics lui aussi. L’acteur vient de remporter un Oscar (pour Leaving Las Vegas) et commence à se faire un nom dans le cinéma d’action. La Warner cherche alors un réalisateur côté, et choisit Tim Burton. Kevin Smith est dégagé du projet. La pré-production de Superman Lives est lancée, une date de sortie annoncée pour1998, et Nicolas Cage fait des essais de costumes. Mais l’échec commercial de Batman et Robin douche l’enthousiasme de la Warner. Tim Burton quitte le navire, suivi par Nicolas Cage quelques mois plus tard. Le projet Superman Lives est annulé. En coulisses, Sylvain Despretz, alors illustrateur sur le film, raconte l’anecdote suivante, symbole du matérialisme absolu des dirigeants de la Warner : « Les dirigeants d’une grande marque de jouets débarquaient avec leurs enfants afin de décider si nos dessins préparatoires feraient ou non de bon jouets. Cela peut sembler d’un cynisme effroyable, mais c’est la réalité ».

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A propos Stéphane Le Troëdec 291 Articles
Stéphane Le Troëdec est spécialiste des comics, traducteur et conférencier. En 2015, il s'occupe de la rubrique BD du Salon Littéraire. Puis en 2017, il rejoint l'équipe de Boojum, l'animal littéraire, dont il devient le responsable de la rubrique pop culture. Ses autres hobbys sont le cinéma fantastique et les jeux. Enfin, et c'est le plus important : son chiffre porte-bonheur est le cinq, sa couleur préférée le bleu, et il n’aime pas les chats.