X-Men n°2 : c’est l’hécatombe chez les mutants de Marvel

x-men n°2 softcover
(image © Marvel Comics)

Alors que les X-Men de Cyclope et Wolverine sont au bord du gouffre, ils doivent affronter crise sur crise. Matthew Rosenberg organise une fin de cycle qui tient ses promesses et file à 100 à l’heure. On n’a pas le temps de s’ennuyer !
■ par Stéphane Le Troëdec

 

Le précédent numéro du softcover X-Men a surpris pas mal de monde : un point de départ radicalgrosso modo les mutants ont disparu – , la réconciliation entre Wolverine et Cyclope et un Salvador Larroca en forme. Restait à voir si, une fois passée la surprise, Matthew Rosenberg, le scénariste, réussirait à confirmer ces bonnes intentions

 

x-men n°2 softcover cyclope wolverine
(image © Marvel Comics)

 

La dernière croisade des X-Men

Dans un monde où les mutants ont disparu, Cyclope et Wolverine ont réussi à réunir une poignée de mutants pour reformer un semblant d’équipe X-Men. Et ils sont bien décidés à se lancer dans une espèce de « dernière croisade », visant à supprimer les ennemis historiques des X-Men. Seulement voilà : les X-Men manquent de ressources. Leur QG ? L’arrière-salle d’un bar ! Dans ces conditions, difficile de faire des prisonniers, par exemple. Que faire donc des vilains mutants arrêtés, comme le Fauve noir dans le précédent numéro ? De plus, la clandestinité des X-Men pose des problèmes aux autres héros, Captain America en tête…

 

x-men n°2 softcover wolverine hope
(image © Marvel Comics)

 

À LIRE AUSSI : X-Men n°1 : Wolverine et Cyclope de nouveau réunis dans un redémarrage très sombre qui marque la fin d’une époque

X-Men 1 softcover panini
(image © Marvel Comics)

 

Qui survivra ?

Matthew Rosenberg utilise au mieux une situation quelque peu inédite dans la série Uncanny X-Men. Une espèce de « carte blanche » qui permet au scénariste de tirer un trait sur bon nombre de personnages. Le bodycount est une nouvelle fois assez stupéfiant pour une portion de l’univers Marvel qui généralement veille à ne pas trop trucider à tour de bras et où chaque mort finit par ressusciter à plus ou moins long terme. Il faut croire qu’en interne, Marvel Comics savait que Jonathan Hickman arriverait quelques mois plus tard pour tout balayer (ce qu’il fera en avril 2020 en France dans un nouveau softcover). Du coup, Matthew Rosenberg s’en donne à cœur joie et profite de cette liberté pour mettre en place des situations qui auraient pris des sagas entières il y a encore quelques années voire mois. Résultat ? Ses X-Men ont un rythme soutenu, chaque scène compte ou presque. Un rythme sûrement même un peu trop rapide, on y reviendra en fin de chronique. Cela faisait bien longtemps qu’on n’avait pas connu une telle intensité dans l’univers mutant de Marvel Comics.

 

x-men n°2 softcover qg
(image © Marvel Comics)

 

Noir, c’est noir ?

Les X-Men sont aux abois. C’est un autre aspect assez intéressant du travail de Matthew Rosenberg. Les X-Men « classiques » profitaient d’une infrastructure et de ressources quasi-illimitées. Ici, les X-Men de Wolverine et Cyclope sont vraiment mal. Les mutants tombent comme des mouches. Ils n’ont plus qu’un ersatz de QG… Tout ceci renforce le côté « fin d’un cycle » et donne une saveur agréable et un parfum original à l’ensemble. Même si, dans ce n°2, le côté « les mutants ont disparu » s’estompe quelque peu : on a l’impression que les mutants se « remultiplient » rapidement dans l’histoire mais c’est aussi un peu le principe du dernier baroud d’honneur dans lequel se sont lancés les X-Men

 

x-men n°2 softcover wolverine
(image © Marvel Comics)

 

L’explication entre Wolverine et Cyclope

Comme expliqué dans la critique de X-Men n°1, les intrigues actuelles de Matthew Rosenberg forment la conclusion d’un cycle entamé dans la saga Schisme. Et ceux qui regrettait que Wolverine et Cyclope n’aient pas eu le temps de s’expliquer (disons qu’ils avaient un peu une autre urgence à gérer) trouveront probablement là quelque chose à leur goût. Car avec le retour d’une équipe et de plusieurs mutants ralliés à la « cause » revient le temps des idéologies, des manières de voir et de gérer les choses. Poussés par une nouvelle disparition, les X-Men vont devoir se choisir un nouveau leader. De quoi raviver des tensions.

 

x-men n°2 softcover fléau
(image © Marvel Comics)

 

Salvador Larroca toujours aussi bon

Salvador Larroca poursuit son travail sur une bonne partie de ce n°2. Soyons franc : sa présence est très précieuse en terme de cohérence. Pas sûr sur le résultat ait été aussi pertinent si Larroca avait été remplacé au bout de 3 épisodes. Mais ses remplaçants temporaires (Larroca reviendra en mars 2020) ne déméritent pas ! Carlos Gómez et Carlos Villa assurent une transition globalement réussie, même si leur style est moins noir que celui de Larroca.

 

x-men n°2 softcover scott summers enterrement
(image © Marvel Comics)

 

Un problème de temps

L’un des défauts, pour le moment, du travail de Matthew Rosenberg, c’est probablement d’avoir eu une bonne idée – le « baroud d’honneur » – mais pas assez de temps pour la concrétiser. Car on a du mal à voir comment les X-Men vont pouvoir se débarrasser d’une bonne partie de leurs ennemis avant la fin du run de Rosenberg. Du coup, le concept commence à montrer ici des limites. Certains personnages sont expédiés en quelques cases là où on aurait aimé que l’histoire prenne plus de temps. Les fans de certains personnages dont le sort est ici réglé en 2 ou 3 cases (dont un vilain historique, par exemple) auront toutes les raisons de se sentir un peu frustrés que leur chouchou n’ait pas eu droit à une sortie de scène plus « classieuse ». Mais pas le temps de les pleurer, il y en a encore un paquet sur la liste des X-Men. Rendez-vous début mars 2020 : nous saurons alors comment Matthew Rosenberg va gérer sa propre sortie. ■

x-men n°2 softcover
(image © Marvel Comics)

X-Men n°2 est un comics publié par Panini Comics. Il contient : Uncanny X-Men (2019) n°14 à 18.

 

À LIRE AUSSI : 10 persos Marvel qui ont DÉFONCÉ Wolverine !

(image © Marvel Comics)




A propos Stéphane Le Troëdec 418 Articles
Stéphane Le Troëdec est spécialiste des comics, traducteur et conférencier. En 2015, il s'occupe de la rubrique BD du Salon Littéraire. Puis en 2017, il rejoint l'équipe de Boojum, l'animal littéraire, dont il devient le responsable de la rubrique pop culture. Ses autres hobbys sont le cinéma fantastique et les jeux. Enfin, et c'est le plus important : son chiffre porte-bonheur est le cinq, sa couleur préférée le bleu, et il n’aime pas les chats.