Vos comics ne valent rien… Et peuvent mettre des gens au chômage ! [En Vert et Contre tous n°32]

(image © Marvel Comics)

Le marché des comics assiste au retour de la spéculation et du marketing à outrance. Un phénomène qu’on a déjà connu dans les années 90. Et il semblerait que l’industrie des comics n’a pas retenu les leçons du passé. Flashback.
■ par Doop

 

Après 39 ans d’activité, le magasin The Reading Place dans le Michigan a fermé ses portes en 2017 (image © wilx.com).

 

J’observe en ce moment une grosse inflation du buzz et des stratégies marketing des compagnies pour vendre le plus de comics possible. Ces stratégies sont malheureusement suivies par des acheteurs un peu inconscients, prêts à tout pour une couverture alternative ou une signature. Je reste persuadé que certains pensent encore faire fortune en achetant un comics estampillé « collector ». Non seulement, c’est faux mais c’est dangereux. Il suffit simplement de connaître un peu l’histoire de l’industrie pour se dire que l’on est en train de replonger dans les heures sombres des comics.

 

(image © Marvel Comics)

 

Le fantasme de la richesse

Souvent, lorsque j’annonce à des connaissances que j’ai plus de 15 000 comics à la maison, la grande majorité s’extasie en me disant « waouh, si tu revends tout tu seras riche ». Non. Mes comics n’ont quasiment aucune valeur. Ils ont été lus, cornés, déplacés, déménagés des dizaines de fois. J’ai déjà évoqué dans une précédente chronique mes réticences fortes envers la « collectionnite aigüe » et surtout la spéculation. Mais bon, après tout, les gens font ce qu’ils veulent. S’ils ont envie d’acheter les 12 covers différentes du 17e reboot du magazine Spider-Man de Panini (mais promis, c’est le dernier, celui qui va enfin donner de la stabilité) et de s’en extasier sur les réseaux sociaux, c’est leur problème. Celui qui revend ses comics du Free Comic Book Day sur des sites de revente à des prix indécents pourra toujours rétorquer que s’il y a des acheteurs pour le faire, il est dans son droit. Et il a raison ! À mon sens, l’acheteur est encore plus coupable que le vendeur. Il faut arrêter tout fantasme là-dessus : personne ne deviendra riche avec une collection de comics, à fortiori des comics VF récents ! À moins de posséder des Action Comics des années 40 ou les tout 1ers numéros d’Amazing Spider-Man ou des Fantastic Four, vous pouvez faire une croix sur vos vacances aux Bahamas. Alors vous pouvez gentiment déchirer l’emballage de votre Deadpool n°1 de 2017 avec une variante cover de J. Scott Campbell et faire l’effort de lire les histoires qui y sont contenues. C’est nettement plus gratifiant, je vous assure. Si vous entrevoyez dans mon ton un certain mépris envers ce genre de pratiques, vous ne vous trompez pas beaucoup. Oui, l’action d’acheter un comics uniquement dans l’espoir de gagner un peu d’argent dessus, de s’empresser de le faire emballer dans un truc scellé sans l’avoir même touché, m’agace profondément. Mais pour ça, il faut aussi connaître un peu ce qu’il s’est passé il y a 25 ans.

La suite ? Tout de suite !




A propos Doop 199 Articles
Doop lit des comics depuis une quarantaine d'années. Modérateur sur Buzzcomics depuis plus de 15 ans, il a écrit pour ce forum (avec la participation de Poulet, sa minette tigrée et capricieuse) un bon millier de critiques et une centaine d'articles très très longs qui peuvent aller de « Promethea » à « Heroes Reborn ». Il a développé une affection particulière pour les auteurs Vertigo des années 90, notamment Peter Milligan et Neil Gaiman.