Je ne suis pas un spéculateur ! [En vert et contre tous n°25]

À la sortie de certains films, il n’est pas étonnant de voir le prix du comics qui contient la 1re apparition du personnage grimpe en flèche ! Si je peux comprendre qu’on puisse mettre beaucoup d’argent sur Action Comics 1 (le titre qui a tout lancé) ou des numéros de l’âge d’or, j’ai plus de mal avec certains autres titres dont l’existence n’excède pas la dizaine d’années. Dans la série « mettons fin aux clichés », je vais donc aujourd’hui vous donner mon avis sur la collection et la spéculation.
■ par Doop

 

 

Je ne suis pas un collectionneur

Pour reprendre le titre de mon billet d’humeur précédent, « Je ne suis pas un geek », je ne me considère pas non plus comme un collectionneur. D’ailleurs qu’est-ce que c’est un collectionneur ? Pour moi c’est quelqu’un qui souvent tient plus à la forme qu’au fond, une personne qui peut hurler à la mort si jamais une tranche de ses recueils ne coïncide pas parfaitement avec les précédentes, capable d’acheter 3 fois plus cher un numéro parce que c’est la 1re édition ou qu’il y a une coquille quelque part qui le rend unique. Et cela ne me pose aucun problème ! Je caricature peut-être un peu mais après tout, chacun fait ce qu’il veut avec son argent et vit sa passion comme il l’entend. Ce qui me gêne un peu plus, c’est lorsque ces achats se font en fonction d’une éventuelle revente. Sincèrement, je ne considère pas que des personnes qui achètent des comics pour les revendre soient de véritables fans. Il n’y a qu’à voir les polémiques sur certaines dédicaces réalisés gratuitement par des dessinateurs lors de conventions et qui se retrouvent proposés à prix d’or sur des sites de vente en ligne 3 minutes plus tard ! La seule chose à laquelle cela a abouti, c’est de rendre les dédicaces payantes et donc de spolier le véritable fan. Spéculer, c’est surtout ne pas respecter le travail des artistes et des auteurs. Sincèrement, je ne comprends pas comment on peut vendre un comics 2 fois plus cher parce qu’il est signé ! Si on a fait la démarche de faire signer un bouquin par son réalisateur, c’est parce qu’on le respecte, qu’on apprécie son travail, donc on n’est pas censé le vendre ! C’est un petit trésor personnel ! Je me rappelle d’une fois où j’ai revendu un livre qui m’avait été donné par erreur et que je possédais déjà en VO (il s’agissait d’un Fables version Urban signé par Mark Buckingham). À aucun moment le fait qu’il soit signé ne m’a fait augmenter son prix. Je ne l’ai même pas dit je crois à l’acheteur, ça lui a fait une belle surprise ! Enfin j’espère.

 

Certains albums qui n’ont pas été réédité atteignent des prix exorbitants sur le marché de l’occasion.

 

Vendre des comics

J’ai mis énormément de temps avant de pouvoir envisager vendre des comics (environ une trentaine d’années) et cela a été plus par nécessité (besoin de place) que par envie. C’est un ami qui m’avait conseillé de vendre des choses que je ne voulais plus et que j’envisageais tout simplement de donner à la bibliothèque de ma ville (qui n’en voulait pas). Et c’est là que j’ai découvert le monde fabuleux de la spéculation. Un exemple très simple : gros lecteur de comics, j’adorais le format Monster de Panini. J’ai donc régulièrement acheté ces éditions dès leur sortie (Black Panther et Deadpool). Quelle ne fut pas ma surprise de voir un jour que mes Monster Deadpool se vendaient autour de 100 € pièce sur des sites de vente ! C’est peut-être la seule fois où j’ai réellement profité de la fièvre spéculative française : j’ai vendu mes 4 tomes Deadpool au prix imbattable de 200 € l’ensemble en moins de 10 minutes… pour racheter l’équivalent en VO 2 fois moins cher. J’étais content, certes, mais pas vraiment satisfait, pour tout dire j’avais l’impression d’avoir pigeonné quelqu’un. Comment peut-on mettre autant d’argent là-dedans ? Au début, je passais par un forum de fans et la plupart du temps, mes bouquins étaient vendus à prix cassés avec la moitié d’offert. Pour moi, vendre des comics ce n’est pas que profiter des personnes qui achètent, c’est aussi, pourquoi pas, de transmettre un peu. La plupart de mes ventes étaient d’ailleurs souvent accompagnées d’un comics ou 2 en plus dans la même veine si possible que ce qui avait été acheté, histoire d’aiguiller l’acheteur vers quelque chose qui pourrait lui convenir. On est quand-même assez loin de la spéculation et c’est souvent là qu’on fait la différence entre le vendeur passionné ou spéculateur.

Lire la suite page suivante




A propos Doop 244 Articles
Doop lit des comics depuis une quarantaine d'années. Modérateur sur Buzzcomics depuis plus de 15 ans, il a écrit pour ce forum (avec la participation de Poulet, sa minette tigrée et capricieuse) un bon millier de critiques et une centaine d'articles très très longs qui peuvent aller de « Promethea » à « Heroes Reborn ». Il a développé une affection particulière pour les auteurs Vertigo des années 90, notamment Peter Milligan et Neil Gaiman.