New Teen Titans : 5 (très) bonnes raisons de lire ce comics qui a transformé DC Comics à jamais !

New Teen Titans george perez marv wolfman
(image © DC Comics)

La réédition très attendue de New Teen Titans chez Urban Comics est l’occasion de revenir sur les raisons du succès de la série. Et si vous n’avez pas encore succombé, voici pourquoi vous devriez vous plonger dans les aventures de ces ados de près de 40 ans, qui ont transformé DC Comics à jamais !
■ par Stéphane Le Troëdec

 

New Teen Titans george perez marv wolfman
(image © DC Comics)

 

Des héros qui ressemblent à leurs lecteurs

Officiellement, les Teen Titans apparaissent en 1964 dans Brave & The Bold n°54. DC Comics tente alors de s’intéresser aux jeunes, ce qui est loin d’être dans ses habitudes. On peut même dire que DC semble ne pas trop savoir comment traiter ce type de persos, là où à la même époque Marvel va se construire très rapidement. Avec des héros aisés financièrement (Dick Grayson, Roy Harper) et d’autres venus de régions exotiques (Aqualad et Wonder Girl), difficile pour les ados des années 60 de s’identifier à ces personnages très éloignés d’eux. Au début des années 80, New Teen Titans vient complètement chambouler cet aspect. Cette fois, ils ne passent plus pour des gamins propres sur eux. Ces New Teen Titans ont la vingtaine, et les soucis de leur âge. Ils travaillent, ont des relations amoureuses et sexuelles. Bref, l’identification fonctionne à plein.

 

New Teen Titans george perez marv wolfman
(image © DC Comics)

 

Les Teen Titans, ce sont les jeunes rebelles de DC Comics

La réussite de Marv Wolfman et George Pérez tient aussi au fait qu’ils aient réussi à capter la jeunesse en révolte. Ces jeunes héros ne veulent peut-être pas tuer le père, mais il s’agit clairement de montrer une volonté d’autonomie. Dick Grayson n’est plus l’éternel sidekick de Batman, mais le chef d’équipe naturel. Et quand les New Teen Titans se retrouvent face à la Ligue de Justice, c’est pour leur tenir tête et leur rappeler qu’ils ne sont plus une « Justice League junior ». Bref qu’ils s’affranchissent des superhéros « adultes » de chez DC Comics, moralisateurs et conservateurs. Mais Wolfman prend dans le même temps à éviter de tomber dans le piège d’écrire une série où les personnages s’opposeraient systématiquement contre les « vieux ». Tout est une question de nuances et de mutations.

À LIRE AUSSI : Les conquêtes amoureuses de Dick Grayson

 

New Teen Titans george perez marv wolfman
(image © DC Comics)

 

Les Teen Titans sont la réplique de DC aux X-Men de Chris Claremont

La relance des Teen Titans s’effectue en 2 temps : en 1976, DC Comics reprend Teen Titans au n°44 quand arrive Beast Boy/Changelin dans le groupe. La série développe de bonnes idées mais n’a hélas pas de dessinateur vraiment côtés et souffre de styles graphiques hétérogènes. En face, les X-Men de Chris Claremont bénéficient de la présence de Dave Cockrum. Dix n° plus tard, Les Teen Titans jettent l’éponge. Mais 2 ans après, DC retente le coup, avec cette fois-ci une équipe créative beaucoup plus connue des lecteurs, Marv Wolfman et George Pérez. Les liens entre les Teen Titans et les X-Men de l’époque sont nombreux. Et pour cause ! En tant qu’editor in chief, Marv Wolfman a supervisé Giant-Size X-Men n°1, l’épisode qui relance les mutants. Len Wein, scénariste du même épisode spécial des X-Men, est entretemps passé au poste de responsable éditorial des New Teen Titans. D’où des similitudes indéniables entre les 2 équipes. Starfire, princesse extraterrestre, rappelle de loin Lilandra, la relation entre Cyborg et Changelin l’amitié entre Colossus et Diablo (avec la même opposition chrome vs bestialité).

 

New Teen Titans george perez marv wolfman
(image © DC Comics)

 

Une révolution pour DC : un univers en expansion

Globalement, à cette époque, DC Comics est encore un éditeur conservateur. Les New Teen Titans viennent secouer cet univers souvent casanier. Ainsi dès le 2nd épisode, Starfire, la fougueuse princesse extraterrestre, saute littéralement sur Dick Grayson, démarrant quasi immédiatement une relation pas seulement platonique. À cette époque, rappelons que DC Comics en est encore à marier Superman uniquement dans des dimensions alternatives… Outre la sexualité affichée, l’arrivée de Starfire permet commencer à faire évoluer Robin en dehors de la batfamily, un phénomène déjà entamé mais qui ici s’accélère. D’ailleurs, à bien y regarder l’expansion est le mot clé de la révolution menée par les New Teen Titans. L’arrivée de Raven, et de son père Trigon, développe le domaine mystique de DC. Celle de Starfire, encore elle, permet d’explorer tout un pan SF/galactique.

À LIRE AUSSI : Hécatombe chez les TITANS : 24 superhéros DC MORTS violemment en service !

 

New Teen Titans george perez marv wolfman
(image © DC Comics)

 

Le talent de Marv Wolfman et George Pérez

New Teen Titans est un carton et Marv Wolfman et George Pérez deviennent des auteurs reconnus chez DC Comics. S’ils ont réussi à révolutionner les Teen Titans, pourquoi ne pas leur confier un projet plus ambitieux encore : transformer l’univers DC ! Le duo créatif se voit confier l’énorme saga Crisis on Infinite Earth qui va remodeler entièrement le multivers. Et indirectement, Wolfman et Pérez continuent à raconter le destin de leurs jeunes protégés. Après Crisis on Infinite Earths, George Pérez prend en main le relaunch de Wonder Woman, faisant table rase du passé. Quid alors des origines devenues compliquées de Donna Troy ? Des années plus tard, le duo créatif se reformera pour réécrire le personnage dans une poignée d’épisodes des New Titans. ■

New Teen Titans george perez marv wolfman
(image © DC Comics, Urban Comics)

New Teen Titans, tome 1 est un comics publié en France chez Urban Comics.

À LIRE AUSSI : Titans, saison 1 : comment on est passé d’une purge à une série réussie [avis]

(image © Warner Bros, DC Entertainment)




A propos Stéphane Le Troëdec 333 Articles
Stéphane Le Troëdec est spécialiste des comics, traducteur et conférencier. En 2015, il s'occupe de la rubrique BD du Salon Littéraire. Puis en 2017, il rejoint l'équipe de Boojum, l'animal littéraire, dont il devient le responsable de la rubrique pop culture. Ses autres hobbys sont le cinéma fantastique et les jeux. Enfin, et c'est le plus important : son chiffre porte-bonheur est le cinq, sa couleur préférée le bleu, et il n’aime pas les chats.