Je suis Hulk : découvrez toutes les facettes de Bruce Banner [avis]

(image © Marvel Comics)

Difficile de résumer toute la richesse d’un personnage comme Hulk en une anthologie ! Les éditions Panini relèvent le défi, sélectionnant des épisodes judicieux et illustrés par des grands artistes liés aux Géants de Jade. Sans compter le rédactionnel, plus important que les autres albums de la collection. Une réussite.
■ par Stéphane Le Troëdec

 

(image © Marvel Comics)

 

Hulk est un des membres fondateurs des Avengers, quand bien même il ait quitté la série très rapidement. Après les autres superhéros historiques de l’équipe, Iron Man, Captain America, Thor et Ant-Man et la Guêpe, c’est donc logiquement Hulk qui se voit consacrer une anthologie. Un album qui essaie de résumer la carrière d’un personnage hors du commun. Il vient souligner une richesse que les lecteurs néophytes ne soupçonnent probablement pas.

 

(image © Marvel Comics)

 

« Les monstres sont partout ! »

Dans l’épisode 333 de la série Incredible Hulk, Bruce Banner s’entend dire : « Tu croyais que tu étais tout seul, mais, tu vois, il y a des monstres partout ! ». Une phrase qui pourrait résumer tout un pan des aventures de Hulk ! Dans Je suis Hulk, les monstres pullulent. Il faut des supervilains haut en couleur pour affronter le Géant de Jade. Dès le 1er épisode, il y la Gargouille, un scientifique soviétique au crane atrophié et à la peau violette. S’en suit une longue série de créatures difformes : Psyklop, Zzzax la dynamo vivante, le Leader, le père maltraitant de Bruce, ou bien encore l’Abomination. S’il n’est pas à proprement parler un monstre (encore que), Wolverine complète par 2 fois cette galerie d’adversaires. Normal, Logan apparaissant pour la 1re fois dans les pages d’Incredible Hulk, c’est un juste retour des choses. Pour les différents auteurs réunis dans Je suis Hulk, c’est le prétexte mettre en scène une facette plébiscitée par les lecteurs : les combats épiques et destructeurs. Mais uniquement, comme on va le voir.

 

(image © Marvel Comics)

 

Multiples personnalités

Dans Je suis Hulk, il y a un autre aspect du personnage développé. Vous pensez que Hulk se résume à une succession de bagarres ? Vous vous trompez. Les pages de rédactionnel sont bien plus nombreuses qu’à l’accoutumée dans la anthologies Panini. Hulk est un personnage riche, qui a connu de nombreux développements. Sans surprise, le scénariste Peter David occupe une place importante du recueil avec 5 épisodes sur 14 ! Difficile de résumer en 1 volume toutes les évolutions psychologiques du personnage. Mais Je suis Hulk souligne toute la richesse du personnage, les auteurs ayant petit à petit donné un côté très psychologique au personnage, sans pour autant négliger le spectaculaire.

 

(image © Marvel Comics)

 

Des sujets parfois difficiles

Je suis Hulk met aussi en avant certains sujets de société. Ainsi, l’épisode « La Dernière séance » aborde la maltraitance des enfants. Bruce Banner s’offre une séance chez le psy qui lui fait revivre certains moments très durs de son enfance. Brian Banner, son père, frappait le jeune Bruce et sa mère. Une séance à laquelle est aussi convoqué plusieurs avatars de Hulk qui finissent par fusionner pour devenir au final un Hulk intelligent qu’on surnomme « le professeur Hulk ». On a pu en apercevoir une version dans Avengers : Endgame. Autre sujet tout aussi grave et sérieux, toujours abordé par Peter David : le SIDA. Dans « Liens du sang » (titre à sens multiples !), Jim, un ami de Rick Jones, annonce sa séropositivité. Sa rencontre avec un supervilain de 2nde zone le laisse la poitrine ouverte et en sang, au point que Rick Jones hésite à compresser la plaie pour le sauver de crainte d’être contaminé. Le même épisode met en scène le destin tragique de Jefferson et Tyler, un couple d’homosexuels. Quelques épisodes plus tard, dans « Au seuil des ténèbres », retournement de situation ! Jim est lui aussi atteint du VIH ! À court de solution, dans un dernier souffle il demande à Hulk qu’il lui transfuse son sang pour le guérir : après tout, Jennifer Walters en a bien profité en son temps. Mais Hulk refuse par crainte d’engendrer un nouveau monstre (on y revient décidément toujours). Un épisode très noir, dans lequel un autre drame se joue du côté de Betty Banner, qui travaille dans un centre social d’aide aux malades atteints du SIDA. Des moments difficiles et graves, qui montrent que Hulk peut s’adapter à tous les genres d’intrigues, de la plus « bourrine » à la plus subtile.

 

(image © Marvel Comics)

 

Des artistes légendaires

Graphiquement, Je suis Hulk parcourt la large palette des grands dessinateurs qui ont illustré les plus grands moments du personnage. Jack Kirby, évidemment, ouvre la marche dans le 1er épisode où Hulk est encore proche d’un Mister Hyde ou d’un Frankenstein à peau grise. Il est suivi des incontournables Herb Trimpe et Sal Buscema. On a plaisir à retrouver un épisode de Todd McFarlane, iconique, avec l’affrontement entre Hulk et un Wolverine d’abord civilisé puis virant progressivement dans la sauvagerie. Dale Keown, Gary Frank et John Romita Jr viennent ensuite « muscler » cette anthologie particulièrement réussie. ■

(image © Marvel Comics, Panini Comics)

Je suis Hulk est un comics publié en France chez Panini Comics.




A propos Stéphane Le Troëdec 313 Articles
Stéphane Le Troëdec est spécialiste des comics, traducteur et conférencier. En 2015, il s'occupe de la rubrique BD du Salon Littéraire. Puis en 2017, il rejoint l'équipe de Boojum, l'animal littéraire, dont il devient le responsable de la rubrique pop culture. Ses autres hobbys sont le cinéma fantastique et les jeux. Enfin, et c'est le plus important : son chiffre porte-bonheur est le cinq, sa couleur préférée le bleu, et il n’aime pas les chats.