Decorum, tome 1 : assassinat et courtoisie au cœur d’une épopée cosmique signée Jonathan Hickman et Mike Huddleston

Decorum comics jonathan hickman
(image © Urban Comics, Image Comics)

Jonathan Hickman est l’homme du moment. Moins connue que ses X-Men ou que East of West, sa série Decorum sort ce mois-ci chez Urban dans un format large. Un titre à découvrir, à la narration portée par un graphisme qui ne vous laissera pas indifférent.
par JB

 

(image © Urban, Image Comics)

 

La virus Septième Vague  a infecté des milliards de personnes. Le remède est hors de prix : les patients contaminés sont placés dans des cryopodes afin que leurs familles puissent gagner assez pour qu’ils soient soignés. Afin d’assurer la survie de ses proches, Neha Nori Sood travaille comme coursière et doit accepter des missions dangereuses. Mais sa dernière livraison en date fait d’elle une complice involontaire d’un assassinat. Au lieu d’éliminer ce témoin gênant, la meurtrière, Imogen Smith-Morley, prend la jeune femme sous son aile. Ailleurs, l’Église de la Singularité, dédiée à l’Apocalypse, pourchasse inlassablement Les Mères Célestes, un ordre rival qui tente de faire naître un messie cosmique.

(image © Urban, Image Comics)

 

Le graphisme au centre de l’histoire

Ce qui frappe d’emblée dans Decorum, c’est le travail autour du graphisme. La page des crédits indique que Mike Huddleston est responsable des dessins et couleurs, mais ajoute également Sasha E Head pour le design graphique. Plus que l’écriture de Jonathan Hickman, je trouve que le visuel de Decorum donne tout son sel à l’album. Tout d’abord parce que chaque lieu à une identité graphique à part entière. La 1re planète, proche de la nature, est ainsi présentée sous une forme proche de la peinture. L’Eglise de la Singularité est caractérisée par des formes droites et angulaires. Les scènes où les représentants de l’église apparaissent se vident de leurs couleurs. Au contraire, celles des Mères Célèstes comprennent beaucoup d’éléments arrondis, évoquant tant l’œuf qu’elles protègent que la maternité. Et les dernières pages où elles figurent sont une explosion de couleurs. Graphismes et couleurs forment ainsi un élément narratif à part entière. Un rapide mot sur le format oversized de cette édition française. Je ne suis pas friand de cette taille d’album, mais pour cette histoire, elle fournit un superbe écrin à ce joyau graphique qu’est Decorum !

(image © Urban, Image Comics)

 

Apocalypse ou Avènement du Messie ?

Decorum s’ouvre sur une imagerie évoquant la conquête du continent américain. Des indigènes accueillent à coup d’éclairs des robots vêtus comme des conquistadors. Ceux-ci œuvrent pour l’Eglise de la Singularité, qui ne tarde pas à soumettre les natifs. En effet, la planète de ces derniers cache les Mères Célestes. Le Dieu de la Singularité a en effet mandaté son émissaire, Ro Chi, pour détruire l’Œuf censé donner naissance à ce messie. Cette divinité est représentée par une masse informe, évoquant étrangement les comics du Silver Age : présence des Kirby Dots, colorisation par pointillés, simplification à l’extrême. À l’inverse, les apparitions des Mères Célestes proposent une diversité de styles graphiques et des formes complexes. Les Mères parviennent à échapper de justesse à cette attaque initiale. Cependant, l’Eglise les retrouve bientôt et détruit une autre planète pour les empêcher de provoquer un nouvel Avènement. C’est donc moins une guerre de religion qu’une course contre la montre qui sert de toile de fond à Decorum(suite de l’article page suivante)

 

 

La suite, tout de suite




A propos JB 174 Articles
Lecteur de comics depuis 30 ans, pinailleur Marvel, râleur DC et nostalgique des séries Valiant des années 90.

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