Batman Arkham : Poison Ivy, la plus vénéneuse des supervilaines éclot chez Urban Comics !

comics Batman Arkham Poison Ivy
(image © DC Comics, Urban Comics)

Après nous avoir régalés avec son Batman Arkham : Double Face, Urban Comics continue de nous proposer des anthologies centrées sur les autres vilains de l’univers Batman. Et cette fois-ci, honneur aux dames avec Poison Ivy. Et c’est une légère déception ! Si la plupart des récits sont une réussite graphique, on voit bien en lisant ces quelques 350 pages que les scénaristes ont beaucoup de mal à casser les clichés sur le personnage en proposant souvent des histoires similaires.
par Doop

 

Batman Arkham : Poison Ivy
(image : © DC Comics)

 

Un personnage récent

Même si le terme « récent » est un peu galvaudé, Poison Ivy n’a pas été créée dans les années 40, comme la plupart des ennemis de Batman, mais au milieu des années 60, en pleine « Batmania » installée par la série télévisée. Pas étonnant donc que sa 1ère aventure dans les pages de Batman n°181 soit légère et pas vraiment très intéressante. Elle est pourtant narrée par 2 vétérans, Robert Kanigher et Sheldon Moldoff, qu’on a connu plus inspirés. L’histoire est très simple : Poison Ivy veut devenir la criminelle n°1 et échafaude un plan pour éliminer ses rivales. Elle ne pourra pas, en revanche, s’empêcher de tomber amoureuse de Batman, nous proposant au passage une scène qui va revenir souvent dans les différents récits qui suivent. À savoir le 1er baiser entre la criminelle subjuguée par l’aspect mâle alpha de Batman et notre héros lui-même, pas si dégoûté que ça. C’est cet épisode qui va véritablement construire le fait que Batman a du mal à résister à Poison Ivy.

 

Batman Arkham : Poison Ivy
(image : © DC Comics)

 

Un bond dans le temps et de nouvelles origines par un tandem de choc !

Mais Poison Ivy n’est pas très populaire et ne continue à apparaître que de façon sporadique dans les comics DC. Urban Comics décide donc de faire un énorme bond dans le temps et nous amène en 1989 pour nous proposer une nouvelle définition des origines du personnage, post Crisis On Infinite Earths. Et ces nouvelles origines sont confiées à un duo extraordinaire, j’ai nommé Neil Gaiman (Sandman) et Mark Buckingham (Fables) qui œuvreront par la suite sur Miracleman. Est-il encore besoin de présenter ces 2 auteurs ? On sent Neil Gaiman très inspiré par le personnage et il nous donne une approche très sensible, très centrée sur l’attirance qu’exerce Ivy sur les hommes. C’est aussi dans ce récit que l’on rattache les origines de Poison Ivy à celles de Jason Woodrue, qui a connu à cette époque un regain de notoriété avec le Saga of The Swamp thing d’Alan Moore. Côté dessins, vous serez surpris par le trait de Mark Buckingham, beaucoup moins rond et clair qu’à l’accoutumée. C’était son style durant les années Vertigo, très proches d’ailleurs d’un Chris Bachalo de la même époque. Pas étonnant que les 2 artistes aient été associés quelques temps plus tard. En tout cas, ce Secret Origins n°36 est plutôt un bon récit, mais on n’en attendait pas moins.

 

Batman Arkham : Poison Ivy
(image : © DC Comics)

 

Effet de serre

La suite de ce Arkham Batman : Poison Ivy nous propose un excellent récit, déjà publié en France dans les années 90 dans le magazine Batman Legends. Il s’agit d’un double épisode de Legends of The Dark Knight, cette série qui laissait carte blanche à des auteurs. Et c’est, à ne pas en douter, l’une des meilleures séries consacrées au justicier de Gotham. Et ces 2 épisodes ne me feront pas mentir. C’est l’histoire la plus originale de tout le volume, avec une Poison Ivy qui essaye de se reconvertir et l’introduction d’une méchante boss de la mafia. Le récit fait aussi le point sur la relation Batman/Ivy et continue de nous montrer l’attraction fatale entre les 2 personnages. Au scénario, c’est John Francis Moore, que l’on a connu sur des séries comme X-Factor, X-Force, X-Men 2099 mais aussi des tonnes de mini-séries Batman et c’est toujours assez solide. Quant aux dessins, ils sont tout simplement extraordinaires. Et c’est normal puisqu’il s’agit de P. Craig Russell derrière les pinceaux ! Et que dire ? C’est une prestation fantastique. Peut-être les épisodes que j’ai le plus aimé chez lui, avec un style génial et qui rajoute une valeur supplémentaire au récit. On sent la folie d’Ivy et son Batman est juste parfait ! C’est un pur mélange entre l’aspect gothique du héros et son côté super-héros. Pour moi, c’est la meilleure histoire du recueil. Une petite remarque : le look du personnage de Dominique, la méchante de l’histoire, est basé sur celui de la dessinatrice Jill Thompson, une amie du dessinateur. (suite de l’article page suivante)

 

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(image : © Atomic Monster Productions, Warner Bros Television)




A propos Doop 371 Articles
Doop lit des comics depuis une quarantaine d'années. Modérateur sur Buzzcomics depuis plus de 15 ans, il a écrit pour ce forum (avec la participation de Poulet, sa minette tigrée et capricieuse) un bon millier de critiques et une centaine d'articles très très longs qui peuvent aller de « Promethea » à « Heroes Reborn ». Il a développé une affection particulière pour les auteurs Vertigo des années 90, notamment Peter Milligan et Neil Gaiman.

2 Commentaires

  1. moi c’est le contraire.
    j’ai dévoré ce volume d’une traite alors que celui consacré à double-face m’est tombé des mains.
    pourtant j’avais déjà une partie du matériel proposé.
    cette collection est vraiment une bonne initiative de la part d’urban( si panini pouvait s’en inspirer … mais faut pas rêver)

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