Batman Arkham : Poison Ivy, la plus vénéneuse des supervilaines éclot chez Urban Comics !

Batman Arkham : Poison Ivy
(image : © DC Comics)

 

Le plat de résistance

Poison Ivy : Cast Shadows est un one-shot qui me faisait terriblement envie. Pour tout vous dire c’est l’épisode du recueil que j’attendais avec le plus d’impatience. Pourquoi ? Tout simplement à cause de ses auteurs, à savoir Ann Nocenti et John Van Fleet. Parce que vous ne le savez peut-être pas, mais ces 2 artistes ont livré l’une des meilleures histoires Marvel des années 90 : La mini-série Typhoïd. Poisseux, déconcertant, mature, ce récit centré sur l’ennemie de Daredevil m’a profondément bouleversé lors de sa sortie. Étonnant de voir que cette série n’a jamais été publiée en VF, peut-être parce que les thèmes qui y sont abordés (prostitution, image de la femme) sont trop exigeants pour le lectorat.
Évidemment, voir ses 2 artistes remettre le couvert sur Poison Ivy ne pouvait que m’intéresser. Parce qu’il y a toujours une thématique sociale dans les récits d’Ann Nocenti, qui ne nous contredit pas en rajoutant une couche sur l’aménagement urbain et la lutte des classes. Après, c’est quand-même nettement mois réussi que ce que j’espérais. En fait, ce qui est gênant, c’est que l’histoire est un mélange non-intentionnel de 2 récits proposés plus tôt, celui de John Francis Moore et Craig Russel et celui d’Alan Grant et Brian Apthorp. Du coup, ça tombe un peu à l’eau. C’est très réussi, mais tout l’aspect original est amoindri par le fait qu’on a déjà lu ce type d’histoire avant.
Après, il y a des idées qui sont très bien développées, mais j’attendais mieux, il manque le côté un peu pervers et mature que l’attendais. Et John Van Fleet, s’il est extraordinaire pour croquer Ivy, se rate un peu plus dans certaines postures de Batman. C’est un illustrateur impressionnant, mais qui n’a pas ici un récit jouant sur ses forces. Cela reste toutefois largement au-dessus du panier mais j’en attendais trop.

 

Batman Arkham : Poison Ivy
(image : © DC Comics)

 

La dernière séance

Si jusque-là la partie graphique de ce volume était largement au-dessus de la moyenne, Le dernier épisode, tiré de Joker’s Asylum est tout simplement une purge pour les yeux. Les dessins sont en effet signés Guillem March, qui est en soi un excellent dessinateur. Sauf que là, son style est celui de ses débuts, avec des personnages féminins hypersexualisés et faisant penser au pire des années 90. Il ne prend pas le récit au sérieux et se lance dans des caricatures peu convaincantes. Bref, cela ne fonctionne pas du tout ! Il faut dire aussi que le récit de J.T. Krul, de sinistre mémoire, est très banal, nous proposant, encore une fois, une histoire à base de revanche sur des personnes ayant abusé d’Ivy juste après sa transformation. C’est raté et il y a, de plus, pas mal de sous-entendus assez lubriques. Bref, un très mauvais épisode pour conclure l’anthologie.

 

Batman Arkham : Poison Ivy
(image : © DC Comics)

 

Pour conclure

Le recueil se termine toutefois avec un mini-épisode réalisé par Chrissy Marx et Stjepan Sejic qui, s’il n’est encore une fois pas original pour 2 sous (Ivy contre des entreprises qui font des OGM), a au moins le mérite d’être excellemment dessiné. On retrouve aussi les origines d’Ivy contées par Scott Beatty et le français Stéphane Roux dans lors de la série 52 et quelques pages tirées de différents Who’s who qui concluent le recueil de manière plutôt sympathique. Mais clairement, si Batman Arkham : Poison Ivy propose des dessins la plupart du temps phénoménaux, on remarque qu’il n’en est pas de même pour les histoires. En effet, on se rend très vite compte que Poison Ivy n’est quasi-exclusivement définie que par 2 aspects : son amour pour Batman et sa condition d’écoterroriste. De fait, je pense qu’il reste encore beaucoup de choses et d’aspects à développer sur ce personnage qui finalement, tourne un peu en rond. S’il est moins réussi que celui consacré à Double Face, cela reste toutefois une très bonne anthologie, qui a le mérite de proposer des épisodes assez méconnus ! Un vrai travail de recherche, même si tout n’est pas parfait.

Batman Arkham : Poison Ivy
(image : © Urban Comics, DC Comics)

Barman Arkham : Poison Ivy est un recueil publié par Urban Comics. Il contient Batman 181, Secret Origins 36, Legends of the Dark Knight 42-43, Batman: Shadow of the Bat Annual 3, Batman/Poison Ivy 1, Batman Chronicles 9, Batman: Gotham Knights 14-15, Batman/Poison Ivy: Cast Shadows, Joker’s Asylum: Poison Ivy 1, Secret Origins V2 10.

 

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batman ennemis
(image © DC Comics)




A propos Doop 374 Articles
Doop lit des comics depuis une quarantaine d'années. Modérateur sur Buzzcomics depuis plus de 15 ans, il a écrit pour ce forum (avec la participation de Poulet, sa minette tigrée et capricieuse) un bon millier de critiques et une centaine d'articles très très longs qui peuvent aller de « Promethea » à « Heroes Reborn ». Il a développé une affection particulière pour les auteurs Vertigo des années 90, notamment Peter Milligan et Neil Gaiman.

1 Commentaire

  1. moi c’est le contraire.
    j’ai dévoré ce volume d’une traite alors que celui consacré à double-face m’est tombé des mains.
    pourtant j’avais déjà une partie du matériel proposé.
    cette collection est vraiment une bonne initiative de la part d’urban( si panini pouvait s’en inspirer … mais faut pas rêver)

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