52, tome 4 : l’univers DC Comics façon puzzle, pour une conclusion étourdissante [critique]

(image © DC Comics)

Geoff Johns, Grant Morrison, Greg Rucka, et Mark Waid concluent la saga 52 de façon brillante. Un chapitre de l’univers DC Comics se referme sous nos yeux ébahis, avant de se conclure dans 2 ultimes épisodes sidérants et cosmiques. Puissant.
■ par Stéphane Le Troëdec

 

(image © DC Comics)

 

Rappelons rapidement le principe de la saga 52. Dans la foulée d’Infinite Crisis, DC Comics lance un titre publié de manière hebdomadaire pendant 52 semaines. L’objectif est de raconter en « temps réel » l’année qui suit Infinite Crisis. Année durant laquelle, rappelons-le, Wonder Woman, Batman et Superman ont disparu. Pour DC Comics, il s’agit d’un projet risqué. En effet, l’éditeur publie habituellement des séries mensuelles ou bimestrielles, et pas hebdomadaires : le rythme est beaucoup plus soutenu. De plus, DC Comics doit coordonner les idées de Geoff Johns, Grant Morrison, Greg Rucka, et Mark Waid, 4 scénaristes vedettes qui présagent donc d’un projet ambitieux sur le plan scénaristique. À juste titre : 52 revisite à sa façon l’univers DC, travaille la majorité des personnages importants (exceptés donc Batman, Superman et Wonder Woman, encore que). Et 52 réintroduit certains personnages alors disparus (Batwoman, par exemple).

 

(image © DC Comics)

 

Une conclusion explosive et jouissive

Ce 4e et dernier tome de 52, c’est en quelque sorte le feu d’artifice de toute la saga. Car à l’annonce de cet event, de nombreux fans se sont probablement moqué de ses ambitions. Et pourtant, les auteurs l’ont fait ! La saga s’est déroulé pendant 52 semaines sans couac ‘ou presque). Mais surtout elle forme une fresque épisode, qui trouve ici sa conclusion explosive. Dans ces derniers épisodes, chacun des artistes impliqués paraît donner le meilleur de lui-même. Pour le lecteur, c’est du caviar ! À la lecture, on « ressent » réellement cette impression que l’histoire se referme progressivement. Chaque ligne narrative trouve sa conclusion. Elles sont nombreuses, riches et variées, que ce soit la lutte de la famille Steel contre Lex Luthor, l’enquête de Ralph Dibny, le retour d’Animal Man, les liens entre la nouvelle Question et Batwoman, ou le destin de Black Adam (on vous conseille de lire notre série d’articles sur Captain Marvel, au passage). Oui, c’est ambitieux. Oui, il faut parfois une lecture bougrement attentive pour saisir les références disséminées dans l’intrigue. Oui, il y a de fortes chances que vous ne pigiez pas TOUT à la 1re lecture tant 52 est dense. Mais quel plaisir de recomposer ce puzzle narratif brillant et intelligent !

 

(image © DC Comics)

 

Deux derniers épisodes digne des meilleurs Crisis

Et puis il y a donc les 2 tout derniers épisodes qui viennent remettre en quelque sorte l’univers DC en place. J’appelle ça « ranger les jouets ». Geoff Johns, Grant Morrison, Greg Rucka, et Mark Waid s’en sortent avec brio. Évidemment, il y a un tour de passe-passe pour tirer l’univers DC du mauvais pas dans lequel il est engagé ! Mais les scénaristes n’ont pas « triché » et si vous avez été suffisamment attentifs dans les 3 premiers tomes, vous avez une chance d’avoir percé à jour les secrets de 52. Ça n’est pas le cas ? Pas grave, les épisodes 51 et 52 vous trimballent dans une conclusion haletante, digne des meilleures sagas cosmiques de DC Comics !

 

(image © DC Comics)

 

52 épuise plus d’une dizaine d’artistes !

Graphiquement, rien que sur ce tome 4, 52 épuise rien moins qu’une douzaine de dessinateurs, coordonnés par Keith Giffen. Évidemment, on n’échappe pas à une disparité graphique. Mais si vous en êtes au tome 4, c’est que vous vous êtes déjà fait une raison quant à l’uniformité visuelle de la saga. DC Comics invite du beau monde comme par exemple Eddy Barrows, Giuseppe Camuncoli, Dan Jurgens, ou bien encore J.G. Jones. Signalons enfin que la VF d’Urban Comics contient les notes des auteurs, qui commentent chaque épisode, plus les origin stories de quelques personnages. ■

(image © Urban Comics)




A propos Stéphane Le Troëdec 247 Articles
Stéphane Le Troëdec est spécialiste des comics, traducteur et conférencier. En 2015, il s'occupe de la rubrique BD du Salon Littéraire. Puis en 2017, il rejoint l'équipe de Boojum, l'animal littéraire, dont il devient le responsable de la rubrique pop culture. Ses autres hobbys sont le cinéma fantastique et les jeux. Enfin, et c'est le plus important : son chiffre porte-bonheur est le cinq, sa couleur préférée le bleu, et il n’aime pas les chats.