Wonder Woman : The True Amazon – Jill Thompson revisite à contre-courant les origines de la superhéroïne de DC Comics

Wonder Woman the true amazon
image © DC Comics

Dans Wonder Woman : The True Amazon, l’artiste Jill Thompson nous dévoile sa version des origines de Wonder Woman. Et elle arrive parfaitement à mélanger son style, sa manière de raconter des histoires avec la mythologie et l’essence même de la superhéroïne. Si elle peut sembler anecdotique au 1er abord, cette version a toutefois le mérite de proposer une histoire différente, bien loin des clichés actuels.
■ par Doop

 

Wonder Woman True Amazon jill thompson jeunesse Diana DC COmics
(image © DC Comics)

 

Wonder Woman : une princesse égoïste et agaçante

Wonder Woman : The True Amazon nous décrit l’origine des amazones jusqu’au départ de Diana de Themiscyra pour la terre des hommes. On y retrouve un aspect mythologique très présent et une description de la société des amazones très en phase avec ce que l’on peut imaginer. Mais Wonder Woman : The True Amazon se démarque quand-même un peu d’une histoire classique, en tout cas sur plusieurs aspects. Jill Thompson a en effet toujours eu une attirance pour les personnages espiègles. D’ailleurs, lorsqu’on lui demande ce qu’elle ferait si elle pouvait dessiner les X-Men, elle répond toujours que l’un des seuls personnages qui l’intéresse est Kitty Pryde. On retrouve cette caractéristique notamment dans Sandman où elle donne une identité graphique au personnage de Delirium. De fait, lorsque Jill Thompson retrace la légende de Wonder Woman, elle ne peut s’empêcher de donner à la princesse Diana un caractère assez inédit : celui d’une petite fille égoïste et capricieuse. Et cela fait sens. Imaginez vous à 10 ans être une création des dieux ainsi que la fille de la reine. Considérée à juste titre comme un cadeau du ciel par une communauté qui lui passe absolument tout et l’adore, pas étonnant que Diana soit une gamine carrément mal élevée, ne supportant pas qu’on n’exauce pas à l’instant le moindre de ses désirs ! C’est tout à fait logique, quand on y réfléchit un peu et c’est assez inédit . Le reste de Wonder Woman : The True Amazonest après assez classique : on y retrouve l’origine la plus commune de Wonder Woman (celle issue d’argile par la volonté des dieux) mais agrémentée de quelques idées originales, notamment sur l’idée que la vraie amazone n’est peut-être pas celle que l’on croit.

 

Wonder Woman True Amazon jill thompson jeunesse Diana DC COmics
(image © DC Comics)

 

Une approche graphique différente

L’autre originalité de Wonder Woman : The True Amazon, c’est bien évidemment les dessins de Jill Thompson. Lorsqu’on ne connaît pas cette artiste, on peut être un peu décontenancé par son approche graphique différente mais si l’on s’intéresse un tout petit peu à ce qui se trouve dans les planches, on y voit une foule de détails et de petits clins d’œil qui nous ont à priori échappés. Son art prend de plus toute sa forme avec la description des amazones, qui ressemblent à de vraies femmes. Jill Thompson, c’est l’anti J. Scott Campbell ! Ses amazones peuvent avoir parfois un physique ingrat, ont des formes généreuses et harmonieuses, sans que l’on voie des tours de taille impossibles ou des cambrures défiant le principe de réalité. Ce qui m’a le plus impressionné dans les dessins, c’est la description de certains dieux de l’olympe qui est à tomber par terre, notamment Poseidon. C’est un point fort de Wonder Woman : The True Amazon. Avec aussi cette idée de ne pas entrer dans le moule des idées actuelles.

 

Wonder Woman the true amazon
image © DC Comics

Wonder Woman : The True Amazon, une histoire à contre-courant !

C’est assez amusant de voir que pour une héroïne créée par Poseidon, Wonder Woman : the true amazon, propose une alternative un peu à contre-courant des idées reçues. Aucun poncif sur le pouvoir des femmes, aucun discours un peu lourdingue sur la féminité ne se trouve dans cette histoire. Jill Thompson est bien au-dessus de cela. Le fait d’ailleurs de raconter ce type d’histoire sans discours un peu éculé rend finalement ce comics beaucoup plus féministe que certains autres récits, sans aborder de front le sujet une seule fois. Je dois vous avouer que j’aime aussi beaucoup l’idée de la princesse imparfaite, bourrée d’orgueil et qui doit finalement se racheter auprès de ses semblables. Jamais les origines de Diana n’ont en fait été aussi modernes et réalistes, finalement. Il ne faut pas non plus se leurrer : la princesse décrite dans Wonder Woman : The True Amazon ne tombe pas non plus dans la catégorie des princesses destroy et déjantées, on est bien loin de tout ça. Il y a d’ailleurs un certain regard d’enfant dans la manière dont est racontée l’histoire, une sorte de naïveté et de 1er degré qui correspond tout à fait à ce que sait faire Jill Thompson. Cela rend le bilan de Wonder Woman : The True Amazon assez rafraîchissant !

 

Wonder Woman the true amazon
(image © DC Comics)

 

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(image © DC Comics et Warner Bros)

Retrouvailles entre une artiste inclassable et une princesse amazone

La saviez-vous ? Ce n’est pas la 1ère fois que Jill Thompson dessine Wonder Woman. Elle avait en effet présidé au destin graphique de la princesse amazone au début des années 90, avec George Perez au scénario. C’était même l’une des toutes 1ères fois que l’on allait voir une dessinatrice régulière sur ce personnage. Elle donne d’ailleurs une orientation assez personnelle et très distinctive de Wonder Woman lors de cette période. Artiste reconnue et mondialement appréciée, elle dessinera des épisodes de Sandman avec Neil Gaiman et des Invisibles avec Grant Morrison. Elle crée ensuite le personnage de Scary Godmother et surtout la série Bêtes de somme (Beasts of burden) publiée chez Delcourt. Wonder Woman connaissant depuis quelques années et son apparition sur grand écran un regain de popularité, il paraissait logique de revoir l’illustratrice et la princesse guerrière se réunir pour notre plus grand plaisir. Si l’on rajoute le fait que son mari n’est autre que Brian Azzarello, qui a livré un run d’anthologie il y a quelques années sur le personnage pour le New 52, Jill Thompson est en terrain connu. Wonder Woman : The True Amazon reste une lecture divertissante, rafraichissante, qui ne réinvente certes pas le personnage mais qui nous propose une vision assez espiègle de la princesse Diana, agrémentée de splendides dessins. Une histoire que l’on espère bientôt retrouver en France. Peut-être lors de la sortie du film Wonder Woman 1984 prévue courant été 2020, qui sait ?■

 

Wonder Woman the true amazon
image©DC Comics

Wonder Woman, The True Amazon est un comics publié aux USA par DC Comics.

 

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(image © DC Comics, Warner Bros Pictures)




A propos Doop 322 Articles
Doop lit des comics depuis une quarantaine d'années. Modérateur sur Buzzcomics depuis plus de 15 ans, il a écrit pour ce forum (avec la participation de Poulet, sa minette tigrée et capricieuse) un bon millier de critiques et une centaine d'articles très très longs qui peuvent aller de « Promethea » à « Heroes Reborn ». Il a développé une affection particulière pour les auteurs Vertigo des années 90, notamment Peter Milligan et Neil Gaiman.