Les dessous de Wonder Woman : 5 faits étonnants sur la création de la plus connues des super-héroïnes !

(image © DC Comics et Warner Bros)

Retournons en 1940 afin de dévoiler les secrets qui entourent la création de Wonder Woman, un des derniers personnages emblématiques de l’Âge d’or de DC Comics. Un personnage bien plus ambigu qu’il n’y paraît.
■par Doop

 

All-Star Comics n°8 (image © DC Comics)

 

La dernière création d’envergure de National Comics

Entre 1940 et 1942, la compagnie National Comics (qui deviendra plus tard DC Comics) est en plein essor. Galvanisée par le succès de Superman et Batman, elle propose chaque mois de nouveaux super-héros qui vont passer à la postérité comme The Flash, Hawkman, Green Lantern, The Spectre ou encore Johnny Thunder. Le dernier représentant majeur de l’explosion créative qui caractérise National entre 1940 et 1942 ne manque en revanche pas d’originalité. Il s’agit non d’une femme, ce qui est un fait assez rare pour être signalé à l’époque où les personnages féminins ont plutôt un rôle de potiche. Mais aussi c’est aussi une guerrière issue de la mythologie. Wonder Woman, puisqu’il s’agit bien de la princesse Amazone, apparaît pour la 1re fois en back-up (c’est-à-dire une histoire secondaire n’ayant rien à voir avec le récit principal) d’All Star Comics n°8. Le but des back-ups est généralement de présenter un nouveau personnage qui, s’il est apprécié, peut devenir le héros de son propre comics. Et c’est effectivement ce qui arrive à Wonder Woman qui fait alors la couverture de Sensation Comics n°1, une nouvelle anthologie publiée en décembre 1941 par All American, une filiale de National.

 

William Moulton Marston et son détecteur de mensonges

 

La technique de DC pour faire taire ses détracteurs : les embaucher !

Wonder Woman rejoint très rapidement la JSA (dans All Star Comics #4) en juin 1942. Le créateur de l’Amazone, William Moulton Marston, est un professeur d’université, psychologue, romancier à ses heures, éditorialiste et expert en développement personnel. C’est aussi l’un des créateurs du fameux détecteur de mensonges, utilisé régulièrement par la police. Dans le magazine Family Circle il publie un article virulent dénonçant l’influence néfaste des comics sur le développement des tous jeunes enfants. Son article attire l’attention de Sheldon Mayer, Bill Gaines (tous 2 éditeurs chez National et All American) et surtout de Harry Donenfeld (le président des 2 compagnies). Ce dernier, fidèle à ses pratiques de mettre sous son giron tous ses opposants, l’invite aussitôt à rejoindre le comité consultatif de DC. Sheldon Mayer découvre que William Moulton Marston est en réalité un écrivain frustré. Au bout de quelques mois il lui propose d’écrire son propre comics. Il faut dire que W. M. Marston est un homme plein de bagout, dont les beaux discours et la carte de visite subjuguent les éditeurs de National. Ils voient en ce dernier l’occasion de faire taire les critiques des « bienpensants » de l’époque. Pourtant William Moulton Marston revendique des idées controversées et un mode de vie plutôt ambigu.

 

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Doop lit des comics depuis une quarantaine d'années. Modérateur sur Buzzcomics depuis plus de 15 ans, il a écrit pour ce forum (avec la participation de Poulet, sa minette tigrée et capricieuse) un bon millier de critiques et une centaine d'articles très très longs qui peuvent aller de « Promethea » à « Heroes Reborn ». Il a développé une affection particulière pour les auteurs Vertigo des années 90, notamment Peter Milligan et Neil Gaiman.