Titans, saison 1 : comment on est passé d’une purge à une série réussie [avis]

(image © Warner Bros, DC Entertainment)

 

Un changement brutal de ton et d’ambition

Pourtant, vers le 3e épisode de Titans, je commence à me dire que finalement, la relation entre Dick et Raven fonctionne pas mal et que l’actrice qu’ils ont choisi pour l’interpréter (la toute jeune Teagan Croft) s’en sort pas mal du tout. Que l’acteur qui joue Hawk (Alan Ritchson) ressemble à un personnage de comics de Rob Liefeld. Que son duo avec Minka Kelly (l’actrice qui joue Dove) est crédible. Bon, ça n’excuse toujours pas les rotules qui giclent, les cheveux de Starfire et les raccourcis terribles du scénario qui va faire se rencontrer en 2 scènes les protagonistes principaux pourtant éparpillés aux 4 points du globe. D’ailleurs, les unités de temps et les déplacements sont très approximatifs. Arrive alors le 4e épisode, sur la Doom Patrol, qui est certes un épisode introductif pour la future série (avec Brendan Fraser et Matt Bomer) mais qui change radicalement de ton. Pour le coup on reconnaît complétement les personnages de ce groupe si atypique. La série commence donc à proposer quelque chose de différent. Quelque chose de respectueux et surtout, avec une volonté de changer le ton général. On se sent un peu hors du temps, et on se dit que tiens, finalement, cet épisode 4 valait le coup. On se dit aussi que tiens, Dick Grayson commence à ressembler de plus en plus à celui des comics en se tapant toutes les filles de la série (pour ceux qui ne le sauraient pas, Grayson est la plus grosse Marie-couche-toi-là de l’univers DC) ! Le ton réaliste voulu dès le départ s’affirme en réduisant les scènes de baston gores et en s’intéressant beaucoup plus aux tourments des personnages, via des flashbacks plutôt réussis qui peuvent parfois durer un épisode.

 

(image © Warner Bros, DC Entertainment)

 

Les grands noms arrivent

Soudain, dans Titans, les références à l’univers DC se font de plus en plus nombreuses, on balance des grands noms comme Superman, Diana, le Joker, Jason Todd. De fait, Titans s’intègre dans l’univers DC Comics de base, pas celui d’Arrow, mais celui des bandes dessinées. La série prend son temps et on commence à comprendre les problèmes de Dick et ses incohérences du début de saison. L’arrivée de Jason Todd permet d’ailleurs une sacrée évolution du personnage de Dick Grayson, décrit tout en opposition. Même Starfire prend de l’importance. Si son look est toujours dégueulasse, sa robe change un peu et elle se pose réellement comme confidente et personnage positif pour Dick, dont l’évolution est la trame principale de la saison. En revanche, Changelin ne sert pas à grand-chose. Il n’y a pas beaucoup de trame narrative autour de Gar, qui se pose comme le potentiel petit ami de Rachel et qui se transforme parfois en tigre vert, pour notre plus grand déplaisir. Sincèrement, les épisodes 4 à 6 sont bons. Les cliffhangers donnent envie de voir la suite et si la série est loin d’être parfaite, les qualités compensent largement les défauts. On retombe toutefois un peu dans les travers du début de saison avec l’épisode 7, « Asylum », qui reprend un peu tous les poncifs de ces épisodes où les héros sont enfermés dans un hôpital psychiatrique et dont la fin est assez moralement ambigüe.

 

(image © Warner Bros, DC Entertainment)

 

La lumière vient de Donna

Arrive alors l’épisode 8 (Donna Troy) et c’est un festival. Je vous ai avoué en début d’article que je n’étais pas très partial en ce qui concerne le personnage de Donna. Mais en toute honnêteté, la manière dont elle est écrite dans Titans remet en quelques scènes la série sur de très bons rails. C’est lorsque Donna apparaît que l’on se rapproche le plus de l’esprit des Titans de Wolfman et Perez. Il faut saluer l’interprétation de Donna, rendue totalement lumineuse par l’actrice Conor Leslie. Elle est Donna Troy et sa relation subtile avec Dick est le point fort de la série. L’épisode suivant propose une rupture dans l’histoire en revenant sur le passé de Hawk et Dove. Le ton est très réaliste, très dur et très noir mais cela passe bien. Les scénaristes sont arrivés à allier super-héros et réalité, ce qui est souvent casse gueule. La fin est un peu gnangnan mais c’est aussi un des épisodes forts de la série.

On se retrouve en page 3 pour la conclusion de l'article !
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Doop lit des comics depuis une quarantaine d'années. Modérateur sur Buzzcomics depuis plus de 15 ans, il a écrit pour ce forum (avec la participation de Poulet, sa minette tigrée et capricieuse) un bon millier de critiques et une centaine d'articles très très longs qui peuvent aller de « Promethea » à « Heroes Reborn ». Il a développé une affection particulière pour les auteurs Vertigo des années 90, notamment Peter Milligan et Neil Gaiman.