Supergirl : Being Super, une série… moyennement super ! [critique]

(image © DC Comics)

Supergirl : Being Super est une mini-série de 4 épisodes réalisée par Mariko Tamaki et Joëlle Jones. Le concept de base (une redéfinition du personnage de Supergirl) promettait beaucoup. Et si la 1re partie de la série est d’excellente qualité, la suite est beaucoup moins originale. En revanche, les dessins de Joëlle Jones sont au top de bout en bout.
■ par Doop

 

(image © DC Comics)

 

C’est l’histoire de la vie

Supergirl : Being Super commence plutôt bien. En effet, la scénariste Mariko Tamaki choisit de ne s’intéresser qu’à l’adolescence de Supergirl. Son arrivée sur Terre est expédiée en 2 pages et on arrive tout de suite dans le vif du sujet, à savoir la vie d’une ado de 16 ans, ses amis et ses problèmes qui sont plus importants que ceux des autres (du style ses boutons d’acné). Et pour le coup, on évite les clichés du genre. Sa description de la vie de Kara Danvers me parait assez bien fichue, sans trop tomber dans les généralités gnan gnan ou les clichés de notre époque. Quelques trucs m’ont un peu fait tiquer, du genre la place donnée à ce seul bouton d’acné ou la meilleure amie un peu cliché. Mais cela fonctionne bien. Je me suis dit que le principe de base était de donner une série « girly » pour les fans, et après tout pourquoi pas. Après, les pouvoirs de Kara ne sont qu’effleurés mais disons que Mariko Tamaki insiste plus sur le sentiment d’appartenance à un groupe que ressentent tous les adolescents à cette époque, forcément un peu plus poussé chez notre héroïne. Et pourtant Supergirl : Being Super prend un tour assez tragique à partir de son 2e épisode, confrontant la jeune Kara à la perte d’une personne qui lui est chère. Et il faut reconnaître que l’histoire et les réactions de Kara sont très élégamment rendues. C’est fin et judicieux, sans trop tomber dans le pathos adolescent. On se dit alors qu’on va avoir droit à une série beaucoup plus poussée que ce qui était prévu au départ.

 

(image © DC Comics)

 

Une fin trop classique

Et on déchante assez rapidement. En effet, la scénariste nous offre à partir du 3e épisode de Supergirl : Being Super (et l’introduction d’un nouveau personnage kryptonien) une histoire complètement banale, où les réactions sont exacerbées, les décisions des personnages toujours mauvaises et où la sensibilité des deux premières parties laisse place à une linéarité et une prévisibilité totale. De fait, on s’ennuie et l’on se dit que bon, cette partie-là n’est pas la meilleure mais que cela va s’arranger. Après tout, on peut aussi comprendre l’idée de la scénariste, qui est tout simplement de montrer au lecteur (et à Kara) les 2 aspects de ses origines. Certes. Mais c’est quand même assez mal réalisé, avec une méchante qui semble sortie tout droit d’un des pires épisodes de Teen Wolf ou de Vampire Diarhées. Une fois les méchants partis, il ne reste que quelques pages, qui continuent toujours un peu de m’interpeller. Il manque quelque chose. Comment se fait-il qu’il faut que ce soit l’amie de Kara qui lui apprenne l’existence d’un Superman à Métropolis ? En ce sens, je trouve que les origines de Kara sont un peu mal fichues. Supergirl : Being Super revient dans la sensibilité du début mais ce détail me gêne, comme si Kara s’était laissé aller jusque-là et n’avait jamais pensé qu’il y avait son cousin sur Terre, ce qui peut être tout à fait entendu mais il aurait peut-être fallu insister plus là-dessus. Surtout dans une série qui se veut moderne. Comment penser qu’avec des jeunes filles connectées 24h sur 24 aucune n’ait entendu parler de Superman avant ou que Kara n’ait pas vu le symbole ? C’est un peu léger. Si l’on excepte ce détail, la fin de Supergirl : Being Super est plutôt réussie, même si l’exercice est finalement assez vain, puisqu’il n’y aura apparemment aucune suite à cette origin story, qui aurait tout à fait pu donner une bonne série régulière. Je suis donc assez réservé sur le scénario de Supergirl : Being Super, qui propose quelques moments très bien réalisés, mais un peu noyés dans le reste.

 

(image © DC Comics)

 

Des dessins à la hauteur !

À mon sens ce qui fait la force de Supergirl : Being Super, ce sont les dessins de Joëlle Jones, impeccables de bout en bout. Je ne connais pas trop cette dessinatrice mais elle possède un réel sens de la perspective, de la mise en image et de la narration. Certaines de ses planches sont véritablement superbes et, cerise sur le gâteau, ses filles ressemblent vraiment à des filles. En ce sens, Joëlle Jones est l’anti-J. Scott Campbell, réussissant à rendre notre héroïne jolie sans être vulgaire et sans accentuer sa poitrine ou ses chutes de rein. C’est vraiment excellent. Il est juste dommage que le scénario ne soit pas à la hauteur des dessins tout au long de cette série. ■

(image © DC Comics)




A propos Doop 120 Articles
Doop lit des comics depuis une quarantaine d'années. Modérateur sur Buzzcomics depuis plus de 15 ans, il a écrit pour ce forum (avec la participation de Poulet, sa minette tigrée et capricieuse) un bon millier de critiques et une centaine d'articles très très longs qui peuvent aller de « Promethea » à « Heroes Reborn ». Il a développé une affection particulière pour les auteurs Vertigo des années 90, notamment Peter Milligan et Neil Gaiman.