The last days of American crime : Retour sur le comics qui a inspiré le film

the last days of american crime
(image © Rick Remender & Radical Pulishing, inc)

The Last Days of American Crime, la mini-série de Rick Remender et Greg Tocchini fait l’objet d’une adaptation cinéma par Netflix disponible le 5 juin 2020. Avant de voir le film, nous vous proposons une analyse sans spoilers du comics original, une œuvre sans vraiment grande originalité et qui n’arrive absolument pas à utiliser un contexte pourtant plutôt intéressant. Il possède toutefois une valeur ajoutée importante : les dessins très particuliers de Greg Tocchini.
■ par Doop

 

the last days of american crime

(image © Rick Remender & Radical Pulishing, inc)

La fin du crime

Graham Bricke est un escroc à la petite semaine, un loser qui vit dans une caravane et doit s’occuper de sa mère malade. Deux évènements vont définitivement faire basculer son destin. Tout d’abord la diffusion par les Etats-Unis d’un signal neurologique qui va empêcher tous les américains de commettre des délits. Ce qui va avoir pour conséquence de totalement éradiquer toutes les activités criminelles, donc le mode principal de subsistance de Graham. Et puis la conversion numérique de tout l’argent liquide par les banques américaines, qui permettront ainsi de tracer tout échange de monnaie. Graham a un plan pour hacker l’une des machines qui créditent numériquement les cartes bancaires, mais il n’a que très peu de temps pour pouvoir le mettre à exécution avant la diffusion du signal ! Il va donc faire appel à un couple d’escrocs, Kevin le perceur de coffre et Shelby la hackeuse pour mener au plus vite son larcin. Bien évidemment, le plan ne se déroulera pas comme prévu. Gangs revanchards, trahisons en tous genres et arnaques, ultra violence et scènes gores : pas de surprise, on est bien dans un comics de Rick Remender.

 

 

Un scénario trop classique en dépit d’une base de départ intéressante

Rick Remender est loin d’être mon scénariste préféré. En dépit de quelques réussites incontestables (Fear Agent, la fin des Uncanny Avengers), il faut reconnaître que la plupart de ses récits « noirs » sont toujours de la même facture. De la violence, du sang, des filles sexy et finalement pas grand-chose pour étoffer le récit. On avait d’ailleurs déjà pu s’en rendre compte dans des comics comme Devolution ou Death or Glory qui proposaient un concept de départ plutôt original mais qui finalement ne servait pas à grand-chose. Et c’est exactement ce qui se passe avec The Last Days of American Crime. L’idée d’un signal qui éradiquerait les mauvaises pensées, couplé avec celui de transformer la monnaie en numérique est un contexte où le scénariste aurait pu développer beaucoup de réflexions, donner à son comics un arrière-fond un peu plus politique. Hélas, il n’en fait rien. La diffusion du signal n’est qu’un moyen comme un autre de donner un timing à son intrigue et aurait tout à fait pu être remplacé par n’importe quel autre artéfact tellement il est inexistant dans le récit. Cela n’apporte rien aux personnages, à l’intrigue. Pire, Rick Remender passe tellement à côté de cet aspect que le lecteur ne peut même pas le comprendre s’il n’a pas lu le résumé de l’intrigue avant. C’est quand-même dommage de se dire qu’on a les clefs et le principe de base d’une histoire en lisant la 4ème de couverture. De fait, on se retrouve avec une intrigue criminelle qu’on a déjà vue en mieux des centaines et des centaines de fois. C’est un braquage, point. Rick Remender nous étale sur 3 épisodes de 40 pages tous les poncifs vus et revus de ce type d’histoire, en y ajoutant, comme à son habitude, des scènes de violence, du gore et du sexe. Sincèrement, il aurait pu réduire de moitié son récit que cela n’aurait rien changé. Les personnages ne sortent jamais des clichés (le loser au grand cœur, le psychopathe, la fille sexy et intelligente) et on a du mal à s’y attacher. Les rebondissements de The Last Days of American Crime sont, encore une fois classiques et finalement, la seule originalité nous vient des dessins.

 

the last days of american crime

(image © Rick Remender & Radical Pulishing, inc)

 

Des dessins à la hauteur

Je ne suis pas vraiment partial avec le travail de Greg Tocchini, que je trouve vraiment très bon sur The Last Days of American Crime. Je l’avais découvert sur Ion, chez DC Comics et son trait m’avait totalement séduit. Il livre ici une prestation très originale et c’est finalement lui qui arrive à donner un peu de corps aux personnages. Ce que Rick Remender laisse passer, Greg Tocchini le rattrape avec des graphismes et des designs somptueux, notamment avec le personnage de Shelby. Avec un style complètement peint, à la limite de l’aquarelle, il donne un véritable ton à The last days of American crime, peut-être très éloigné des séries de crime, mais qui est une réussite. Il a peut-être un tout petit peu plus de mal avec les scènes d’action mais la manière dont il croque les intervenants du récit est tout simplement parfaite. Greg Tocchini est sans conteste le point fort de The last days of American crime. Ce point-là est d’ailleurs ce qui risque de manquer à l’adaptation Netflix, qui ne pourra pas sortir des clichés et du nanar si elle ne se contente que d’adapter l’histoire. On vous en parlera de toute façon très prochainement.  ■

 

the last days of american crime
(image © Rick Remender & Radical Pulishing, inc)

 

The last days of American crime est une série en 3 parties publiée aux Etats-Unis par Radical Comics en 2010 et en France aux éditions Emmanuel Proust (Atmosphères) en 2010 et par Jungle Comics en 2016.

 

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Lien vers la vidéo trailer : https://www.youtube.com/watch?v=gdWxGwiuhnU




A propos Doop 302 Articles
Doop lit des comics depuis une quarantaine d'années. Modérateur sur Buzzcomics depuis plus de 15 ans, il a écrit pour ce forum (avec la participation de Poulet, sa minette tigrée et capricieuse) un bon millier de critiques et une centaine d'articles très très longs qui peuvent aller de « Promethea » à « Heroes Reborn ». Il a développé une affection particulière pour les auteurs Vertigo des années 90, notamment Peter Milligan et Neil Gaiman.