Devolution, ou la régression selon Rick Remender [critique]

Devolution de Rick Remender
(image © Image Comics)

Et si l’évolution s’inversait ? Si l’Humanité retournait à l’Âge de pierre à cause d’une terrible épidémie et sombrait dans une bestialité destructrice ? C’est la trame de base choisie par Rick Remender dans Devolution, un récit post-apocalyptique. Et le résultat n’est clairement pas à la hauteur !
■ par Dragnir

 

Devolution (image © Image Comics)

 

Suite à une pandémie mondiale occasionnée par des recherches pour supprimer le sentiment religieux, l’humanité a « dévoluée »et s’est retrouvée plongé dans un nouvel âge de pierre. Les rares humains épargnés sont confrontés à des hommes des cavernes, une faune et une flore préhistorique particulièrement hostiles. C’est dans ce paysage post-apocalyptique que la courageuse Raja cherche un remède à la Devolution ! Malheureusement, ces terres désolées sont aussi peuplées de survivants qui s’arrangent bien de la situation. C’est notamment le cas d’un groupe de néonazis et de leur abominable chef qui exerce un contrôle total de la petite population qu’il a à sa charge. Bien sûr, lorsque la jeune femme se présente au camp des survivants, elle est immédiatement capturée et un triste sort lui est promis. Raja va devoir faire face à ces brutes afin de poursuivre sa quête et sauver le monde. Percera-t-elle le secret de la naissance du virus ?

 

Devolution (image © Image Comics)

 

De fausses bonnes idées !

Alors on va être clair tout de suite : c’est loin d’être le meilleur Rick Remender et même on peut dire que c’est surement le plus mauvais ! Pourtant, l’idée de base, la régression, est plutôt intéressante et pleine de promesses mais c’est bel et bien dans la réalisation que ça pèche ! Tout d’abord la justification des plus vaseuses de la fameuse pandémie : quelqu’un a décidé que ce qui occasionnait le malheur de l’humanité était le sentiment religieux et donc les scientifiques ont créé un virus pour détruire la partie du cerveau ou siège la spiritualité… Sérieusement ? Deux conneries scénaristiques en une seule idée ! Autant tenter de savoir si on est Fakir en se perçant une glaouis avec un clou de charpentier, double erreur là aussi ! Et puis quoi, ça voudrait dire que sans le religieux nous ne serions que des Néanderthaliens qui ne penseraient qu’à se foutre sur la tronche ? Je me demande encore ce que l’auteur a voulu véhiculer comme message ici.

 

Devolution (image © Image Comics)

 

Devolution : un mélange indigeste

Et que viennent faire les nazis dans ce bordel déjà bien branlant ? On a l’impression que Rick Remender s’est fixé un cahier des charges qu’il s’évertue à remplir quitte à ce que cela nuise au récit. On a donc affaire à une quête sous la forme d’un voyage au cours duquel les personnages secondaires perdent la vie dans des conditions plus trash les unes que les autres. Un peu comme si le scénariste voulait surfer sur la vague Game of Thrones ou Walking Dead dans lesquels les seconds couteaux disparaissent de façon bien crade. Sauf qu’ici aucun d’entre eux n’est attachants et on se fout de leur sort. Coté graphique, Jonathan Wayshak rend un travail des plus honorables et même agréable à l ‘œil mais cela ne change rien au sentiment de ratage qui persiste. Habituellement, j’adore ce que fait Rick Remender et le post-apo mais là , ça ressemble vraiment à une coloscopie : j’ai été anesthésié et on m’a mis un truc dans le nunus. ■

Devolution (image © Glénat Comics)

 




A propos Dragnir 41 Articles
Dragnir , c'est 120 kilos d'amour des comics ! Lecteur depuis plus de 40 ans, il est désormais muni d'un cal au pouce de plus de 9 cm a force de tourner les pages des comics indépendants voire underground US ou UK dont il s'est fait une spécialité.