Stan Lee : de Captain America aux 4 Fantastiques, la création de Marvel Comics

Stan Lee, la création de Marvel

Stan Lee nous a quitté le lundi 12 novembre 2018. Pour rendre hommage à ce scénariste exceptionnel, la rédaction de Top comics vous propose de retracer ses débuts jusqu’à la création de Marvel Comics et des Quatre Fantastiques. Excelsior !
■ par Doop

 

Stan Lee la création de Marvel
Couverture de The Hollywood Reporter à l’occasion des 75 ans de Stan Lee (dessin de Todd McFarlane)

 

Stanley Lieber né en 1922. Ses parents, des immigrés roumains, subissent de plein fouet les conséquences de la Grande Dépression. Stan Lee passe son enfance et son adolescence à lire et à écrire dans son coin. Le jeune Stanley prouve dès son plus jeune âge qu’il a du talent en remportant quelques concours de nouvelles organisées par le Herald Tribune. Toutefois Stanley reste réaliste : il réalise bien vite qu’il ne pourra pas vivre de ses nouvelles. Sans grande conviction, il entre chez Timely, la firme de son oncle Martin Goodman. Il peut ainsi mettre de l’argent de côté pour ses études dans le domaine du droit. C’est ainsi qu’il réalise de temps à autre quelques dialogues pour Captain America. Son travail consiste essentiellement à écrire les récits de 2 pages qui permettent aux éditeurs des facilités de distribution. Contre toute attente, Stanley Lieber se prend au jeu. Au bout de quelques mois à peine, il commence à envisager de faire carrière dans les comics. Il signe alors ses textes d’un nom désormais célèbre : Stan Lee ! Lorsque Jack Kirby et Joe Simon décident de quitter la série Captain America, Martin Goodman doit très rapidement dénicher des scénaristes, des dessinateurs et des éditeurs, s’il ne veut pas que les ventes s’en ressentent. Le directeur de Timely demande logiquement à Stan Lee d’assurer le relais, en attendant d’autres auteurs comme Otto Binder, Bill Finger ou le dessinateur Syd Shores.

 

Tessie the Typist, Nellie The Nurse ou Sherry the Showgirl… des comics avec et pour les jeunes demoiselles écrit par Stan Lee

 

La fin des superhéros

La fin de la Seconde Guerre mondiale signe aussi la fin des super-héros. Timely Comics laisse donc tomber sans aucun remords Captain America, Namor et consorts au grand désespoir de Stan Lee, nommé éditeur en chef après le départ de Simon et Kirby. Petit à petit, les superhéros de Timely laissent place à des comics sur les animaux (les funny animals) ou consacrés à de jeunes demoiselles. Tous sont conçus sur le même modèle, à savoir : un nom, une profession et une allitération. On peut citer en vrac les séries Tessie the Typist, Nellie The Nurse ou encore Sherry the Showgirl quasiment toutes créent par Stan Lee. L’éditeur Timely change de nom en 1951 et devient Atlas. Mais la stratégie reste la même, reprendre à son compte les concepts qui fonctionnent pour en inonder le marché.

 

Couverture de Young Men 24, qui marque le retour, éphémère, de Captain America, La Torche Humaine et Namor

 

Captain America, La Torche Humaine et Namor pour relancer les comics superhéros

Quelques mois avant l’apparition du Comics Code Authority, la firme de Martin Goodman et de Stan Lee déroge pourtant à leur principe de surfer sur les modes. Contre toute attente, Atlas essaie de relancer les comics de superhéros. On estime souvent que c’est National et le nouveau Flash qui en 1958 ont réintroduit ce genre alors déchu sous une forme moderne. Mais on ne peut pas ignorer cette tentative de la part d’Atlas 5 ans auparavant. Il existe cependant 2 différences de taille. Tout d’abord, les personnages n’ont pas été modifiés depuis leur absence. Et urtout ce retour en grâce se solde par un cuisant échec ! En 1953, dans le magazine Young Men 24, Martin Goodman demande donc à son éditeur en chef Stan Lee de réutiliser 3 têtes d’affiche disparues depuis la fin des années 40 : la Torche Humaine, Namor et Captain America. Martin Martin Goodman souhaite tout simplement capitaliser sur le succès de la série télévisée Adventures of Superman, diffusée au même moment. Selon lui, la série peut redonner au lecteur l’envie de relire du superhéros. Le magazine contient donc 3 épisodes distincts, mettant en scène chacun des 3 personnages dans des aventures différentes. L’omniprésent Stan Lee se retrouve au scénario de 2 des 3 séries (La Torche avec Dick Ayers et Carl Burgos aux dessins et Captain America avec John Romita). En revanche, Bill Everett se charge intégralement des nouvelles aventures de Namor, personnage qu’il a lui-même crée 10 ans plus tôt. Comme on l’a dit précédemment, Stan Lee ne redéfinit pas ses héros pour un nouveau lectorat : ce sont exactement les mêmes personnages qui ont tout simplement disparu du paysage pendant 5 ans. La Torche a été emprisonnée par des ennemis, Captain America a pris sa retraite et travaille comme instituteur tandis que Namor, lassé du monde des humains, s’est isolé en Antarctique.

 

 

Un succès éphémère

Le retour de Captain America, Namor et La Torche humaine remporte un certain succès : le numéro est une véritable réussite en terme de ventes. Succès qui incite Goodman à relancer l’année suivante les 3 séries individuelles de chacun de ces héros (qui avaient toutes été abandonnées en 1949. Il conserve toutefois leur numérotation initiale. Les lecteurs peuvent ainsi voir dans les kiosques au début de l’année 1954 les magazines Submariner 33. Les aventures de Namor, toujours réalisé par Bill Everett, propose de splendides histoires sur la jeunesse du Prince des Mers. Human Torch 36 marque le retour de Toro. Captain America 76 délaisse la menace nazie pour celle des espions communistes. Contrairement aux prévisions, cette relance de vieux titres des années 40 avec de nouvelles histoires est une véritable catastrophe. Captain America et la Torche n’ont pas les épaules assez solides pour attirer les lecteurs. Les titres sont annulés au bout de 3 numéros seulement, c’est-à-dire le temps qu’il fallait à Goodman pour connaître les chiffres de vente de chaque série. Submariner ne sombre qu’au numéro 42 au bout de 10 mois à peine, porté par des histoires beaucoup plus réussies signées Everett. Dans l’esprit de Stan Lee et de Martin Goodman, la chose est donc entendue : les super-héros sont morts et définitivement enterrés. Le public veut désormais d’autres genres d’histoires : Atlas Comics va lui en donner.

La suite de notre dossier, page suivante !
FOCUS

Aliens : Perdition, terreur pure [critique]

par Paper Man dans Comics 0

Dans l’espace personne ne vous entend crier. Cette petite phrase représente bien tout le côté horrifique de la saga Alien. Le one-shot Aliens : Perdition de James Stokoe respecte en tout point cette phrase et [...]




A propos Doop 136 Articles
Doop lit des comics depuis une quarantaine d'années. Modérateur sur Buzzcomics depuis plus de 15 ans, il a écrit pour ce forum (avec la participation de Poulet, sa minette tigrée et capricieuse) un bon millier de critiques et une centaine d'articles très très longs qui peuvent aller de « Promethea » à « Heroes Reborn ». Il a développé une affection particulière pour les auteurs Vertigo des années 90, notamment Peter Milligan et Neil Gaiman.