Powers of X n°2 : Jonathan Hickman va énerver les fans [avis]

powers of X
(image © Marvel Comics)

Après 3 épisodes emballants, j’attendais de voir si Jonathan Hickman allait travailler sur les nombreuses bases qu’il a déjà posées dans Powers of X et House of X. Si la réponse est partiellement oui, à la fin il laisse complètement tomber les mutants pour proposer de la pure science-fiction ! C’est osé, peut-être même trop.
■par Doop

 

powers of X
(image © Marvel Comics)

 

Powers of X n°2 offre une construction identique au 1er épisode de la série, à savoir une intrigue découpée en 4 se déroulant chacune sur une temporalité différente. On retrouve donc les 4 périodes que l’on connait déjà, la 1re, l’année 1, se situant directement dans la continuité de House of X n°2. En effet, on avait pu lire dans une ligne temporelle de ce numéro que Moira et Xavier avaient tenté de recruter Magneto : c’est exactement ce qui se passe dans le 1er quart de cet épisode. Il y a donc 2 possibilités : nous nous trouvons dans une réalité altérée par les réincarnations de Moira ou alors nous avons une énorme retcon. Et la scène telle qu’elle est écrite dans Powers of X par Jonathan Hickman ne nous permet pas d’y répondre. C’est le style du scénariste, qui dans cet épisode n’utilise que très peu les pages écrites avec des explications (2 à la fin seulement). On enchaîne ensuite directement sur l’année 10 et l’année 100 qui reprennent exactement là où tout s’était arrêté précédemment. Et où l’on commence à avoir une idée, peut-être, de l’ennemi.

 

(image © Marvel Comics)

 

Le retour de l’esprit X-Men ?

Nous voici donc dans l’année 10, celle où est censée se dérouler le présent de la série. On sait ce que contient le matériel volé par Mystique et Dents de Sabre dans House of X n°1. Il y a un lien très fort avec la construction d’un Moule initial près du soleil que l’on a déjà entraperçu. Cette fois-ci l’histoire est très linéaire, avec 2 têtes pensantes, Xavier et Magneto, qui donnent des ordres à leur super exécutant : Cyclope, redevenu simple soldat pour le moment. C’est peut-être restreindre le rôle de Scott Summers et cela m’ennuierait. En revanche, aucune apparition de Moira dans cette période. C’est aussi l’un des mystères de Powers of X. Pour ceux qui le regrettaient, on retrouve un peu d’esprit X-Men dans cette séquence, il y a un peu d’action. Et en plus, on commence à avoir quelques révélations qui pourraient peut-être indiquer le lien (et donc le méchant) commun aux différentes époques. Et non, ce n’est pas Xavier, mais c’est un personnage déjà apparu dans les précédents numéros. Cette thèse est confirmée dans la 3e partie de Powers of X, où les quelques rescapés mutants ont eux aussi accès à des informations qui vont leur permettre d’agir. La construction de ces 2 temporalités est réellement en miroir, puisqu’en gros il se passe les mêmes évènements qui conduisent à un ennemi commun. De plus, Jonathan Hickman en rajoute dans le fan service en mettant sur le devant de la scène et comme leader du groupe un personnage inattendu qui est toujours aussi impressionnant quand il est bien écrit. Et qui peut de plus faire sens avec le projet de Xavier et Magneto. Ajoutez-y une jolie référence à Doug Ramsey qui prouve que le scénariste connaît bien l’univers mutant et on commence à se détendre un peu. On se dit que ça y est, l’intrigue commence enfin à s’éclaircir, que toutes les temporalités vont avoir comme base la destruction d’un ennemi commun et on se dit que franchement, Powers of X, c’est pas mal du tout. Arrive alors la 4e partie…

 

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Une 4e partie qui risque d’irriter

Alors qu’on commence à se régaler, voilà que Jonathan Hickman propose une partie vraiment difficile à appréhender. Il laisse totalement le côté mutant et nous livre sa vision de l’intelligence collective, donnant désormais à la série non plus une dimension temporelle, mais aussi spatiale, voir universelle. Comme si se retrouver 1 000 ans plus tard ne suffisait pas, voilà que nous devons aussi gérer des espaces grands comme des galaxies ! On rentre alors dans de la vraie et pure science-fiction ! Sincèrement, j’adore, mais je peux comprendre que ceux qui voulaient voir des mutants risquent d’être assez déroutés. Je m’attendais à tout sauf à la présence de Nibiru, vous savez, la fameuse planète…. X ! Le fan de science-fiction appréciera le clin d’œil. Du coup, cela ressemble plus à du Arthur C. Clarke qu’à du Chris Claremont. En clair, Jonathan Hickman propose une architecture qui n’est plus limitée aux mutants, mais aussi aux races extraterrestres liées à leur histoire. Et il y en a des tonnes, quand on y pense, des aliens qui ont vu le jour dans les pages des X-Men. Dans cette 4e partie, on nous parle d’évolution, d’ascension mais aussi de fusion d’intelligences ou d’intelligence collective. Ça part très très loin ! Et je me demande finalement si ce n’est pas le thème direct de la série. À savoir une individualité (Moira) qui commence à interagir avec d’autres (Xavier et Magneto), menant à un collectif (tous rassemblés au niveau de Krakoa) qui grossit, grossit, jusqu’à devenir plus qu’une intelligence globale qui ne demanderait qu’à s’étendre. Ce serait magnifique ! Après, je me demande si Jonathan Hickman va pouvoir gérer ça jusqu’au bout, l’histoire prenant à chaque épisode une ampleur de plus en plus immense. Et j’imagine bien les lecteurs complètement paumés à la fin de Powers of X n°2. Moi-même je me suis dit qu’il allait trop loin ! Avant de bien lire les parties écrites, indispensables !

 

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Des dessins sur courant alternatif

Pour être franc, j’ai été un petit peu déçu par la prestation de RB Silva sur Powers of X qui, s’il reste très bon, n’est pas à la hauteur de Pepe Larraz. Ses personnages manquent un peu de corps et on sent que l’artiste tire peut-être déjà un peu la langue, comme l’explique la présence d’un 2e encreur pour l’aider. J’espère que non. C’est en tout cas très lisible et relève d’un goût personnel. Je m’attendais un peu à mieux. J’ai en revanche vraiment beaucoup aimé la séquence qui se déroule 1 000 ans plus tard, mais qui doit plus aux effets de colorisation de Marte Gracia qu’à du dessin stricto sensu. ■

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A propos Doop 244 Articles
Doop lit des comics depuis une quarantaine d'années. Modérateur sur Buzzcomics depuis plus de 15 ans, il a écrit pour ce forum (avec la participation de Poulet, sa minette tigrée et capricieuse) un bon millier de critiques et une centaine d'articles très très longs qui peuvent aller de « Promethea » à « Heroes Reborn ». Il a développé une affection particulière pour les auteurs Vertigo des années 90, notamment Peter Milligan et Neil Gaiman.