Les Maîtres de la BD américaine : Gene Colan – Découvrez les secrets d’un dessinateur de comics au style inimitable !

Gene Colan Les Maîtres de la BD américaine dracula daredevil iron man
(image © Neofelis Éditions)

Les Maîtres de la BD américaine : Gene Colan est le 1er tome d’une série consacrée aux grands dessinateurs de comics. Pour ce faire, les Éditions Neofelis ont traduit et étoffé le livre consacré au dessinateur publié aux États-Unis chez TwoMorrows Publishing. Et pour une 1ère, c’est une bonne idée de consacrer ce très beau livre à un auteur parfois trop sous-estimé et pourtant révolutionnaire. Un régal !
■ par Doop

 

Gene Colan Les Maîtres de la BD américaine couvertures couleurs
(image © Neofelis Éditions)

 

Un auteur au style inimitable

J’ai beaucoup aimé l’idée du choix de Gene Colan pour ouvrir le bal de ces maîtres de la BD américaine. Il faut dire que depuis quelques temps, on nous abreuve de Jack Kirby à toutes les sauces, à tel point que l’on pourrait penser qu’il n’y avait que lui chez Marvel dans les années 50. Même s’il reste évidemment le plus « grand » des auteurs de comics, il ne faut pas oublier des pointures comme John Buscema, Don Heck, George Tuska, John Romita, Joe Maneely et dans ce cas précis Gene Colan qui ont eux aussi participé à l’émancipation et à la réussite de cet univers. De plus, le travail de Gene Colan dénote particulièrement. C’est quand-même l’un de ceux dont le style est le plus reconnaissable, avec un travail sur les ombres et une véritable composition cinématographique, parfois aux dépends d’un certain réalisme physique. Les Maîtres de la BD américaine : Gene Colan revient donc sur le parcours de cet artiste au talent rare et inné, ne faisant pas l’impasse sur certaines polémiques non plus. Agrémenté de magnifiques reproductions de planches en noir et blanc absolument, c’est un livre qui ravira les fans de la 1re heure. Mais ce n’est pas sa seule qualité : Les Maîtres de la BD américaine : Gene Colan peut aussi parler aux néophytes qui désireraient en savoir plus sur la vie d’un dessinateur de comics qui a connu les débuts de Marvel. J’ai appris énormément de choses sur cet artiste.

 

Gene Colan Les Maîtres de la BD américaine planches
(image © Neofelis Éditions)

 

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Colan et moi

Comme avec la plupart des dessinateurs au style particulier, je pense que je n’appréciais pas Gene Colan lorsque j’étais jeune. Cela m’avait d’ailleurs fait la même chose avec Bill Sienkiewicz, dont j’avais détesté les Nouveaux Mutants publiés dans Titans. Je pense que la 1re fois que j’ai dû lire du Gene Colan, c’était dans un magazine Les Vengeurs par Arédit. Il ne m’avait pas vraiment époustouflé. Je ne comprenais pas vraiment ses dessins. Sa reprise de Daredevil dans des épisodes coupés en 2 parties dans Strange n’avait pas aidé non plus. J’avais en revanche totalement été bluffé par sa série Jemm publiée en noir et blanc dans le mensuel petit format Demon. Il faut dire que cette fois-ci, il était encré par Klaus Janson et que cela changeait totalement ma vision du dessinateur ! Dix ou 15 ans plus tard, lorsque j’ai pu enfin lire en VO ses Tomb of Dracula et surtout ses épisodes de Howard The Duck, c’est là que j’ai compris que non seulement Gene Colan était l’un des tout meilleurs dessinateurs de sa génération mais aussi l’un des plus originaux. Il fait depuis partie de mes dessinateurs préférés. Il faut dire que Gene Colan n’est pas le plus facile à encrer

 

Gene Colan Les Maîtres de la BD américaine intérieur texte
(image © Neofelis Éditions)

 

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Ce que l’on apprend dans Les maîtres de la BD américaine : Gene Colan

Bien évidemment, je ne vais pas tout dévoiler des secrets de ce livre, je vais simplement revenir sur quelques faits marquants de cette édition. La jeunesse de Colan est assez intéressante car on apprend qu’au début, il était totalement autodidacte. Entré chez Marvel après un rendez-vous avec Stan Lee qui ne manque pas de piquant, Les maîtres de la BD américaine : Gene Colan nous montre l’évolution du dessinateur à travers les âges au travers d’interviews, de couvertures et de planches originales. On apprend par exemple qu’il s’agit de l’un des seuls dessinateurs de chez Marvel à qui l’on n’a pas demandé de recopier des dessins de Jack Kirby pour comprendre comment dessiner « à la Marvel », tellement son style était particulier. Je retiendrai aussi sa grosse prise de bac avec John Byrne et le fait que Gene Colan ne lisait pas les scénarii qui lui étaient envoyés avant de se mettre à sa planche à dessin, ce qui pouvait parfois causer quelques problèmes de rythme. Le style de Gene Colan était tellement particulier et ses crayonnés tellement différents qu’il a acquis la réputation d’un dessinateur difficile à encrer. Seuls quelques grands y sont d’ailleurs arrivés sans dénaturer l’œuvre du maître, comme Klaus Janson, Bob Smith et bien évidemment Tom Palmer. Si Les Maîtres de la BD américaine : Gene Colan compte quelques défauts minimes (un peu trop de répétitions et une partie un peu trop rapide sur son travail chez DC), on ne saurait remercier les Éditions Neofelis de proposer l’adaptation d’un si joli bouquin. Avec en plus une postface spéciale retraçant la carrière du dessinateur en France. J’espère que le tome 2 arrivera vite en espérant que l’on nous parle de John Buscema ou de Barry Smith. ■

Gene Colan Les Maîtres de la BD américaine couverture
(image © Neofelis Éditions)

Les Maîtres de la BD américaine : Gene Colan est un livre publié en France par Neofelis Éditions.

 

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A propos Doop 266 Articles
Doop lit des comics depuis une quarantaine d'années. Modérateur sur Buzzcomics depuis plus de 15 ans, il a écrit pour ce forum (avec la participation de Poulet, sa minette tigrée et capricieuse) un bon millier de critiques et une centaine d'articles très très longs qui peuvent aller de « Promethea » à « Heroes Reborn ». Il a développé une affection particulière pour les auteurs Vertigo des années 90, notamment Peter Milligan et Neil Gaiman.