Comment Steve Ditko, le co-créateur de Spider-Man, a-t-il commencé sa carrière de dessinateur de comics ?

Le 29 juin 2018, la rédaction de Top Comics a appris avec tristesse la mort de Steve Ditko. Connu pour son dessin fantastique et onirique, Top Comics tenait à rendre hommage à ce scénariste et dessinateur de génie en lui consacrant une série d’articles qui vont retracer sa carrière.
■ par Doop

 

Stephen « Steve » Ditko est né le 2 novembre 1927 à Johnstown en Pennsylvanie, de parents d’origine slovaque mais nés aux États-Unis. Son père, Stephen Sr, est charpentier mais surtout fan de comic strips comme Prince Valiant ou des séries de la Spirit Section. C’est lui qui initie le jeune Steve à la bande dessinée qui devient une véritable passion lorsque ce dernier découvre le Batman de Jerry Robinson et le Johnny Quick de Mort Meskin. Il étudie ensuite au lycée de Johnstown de 1943 à 1945 avant de s’engager dans l’armée. Il fait d’abord ses classes à Hawaï puis se retrouve muté dans l’Allemagne occupée de l’après-guerre où il réalise des dessins pour un magazine militaire. Démobilisé en 1949 avec la possibilité de faire une formation professionnelle et une assurance chômage, il déménage à New York. Il suit des cours du soir à la Cartoonists and Illustrators School. Le choix de cette école est tout sauf un hasard puisque Steve Ditko a appris que Jerry Robinson (le créateur du Joker) y enseignait tous les jours. Ditko souhaite non seulement faire une carrière dans le monde de l’illustration mais aussi de profiter de l’expérience d’un de ses dessinateurs favoris. Son installation à New York lui permet de se trouver à proximité de quasiment tous les éditeurs de comics du pays.

 

Steve Ditko en 1944 sur une photo de classe

 

Steve Ditko, un artiste doué et coaché par le créateur du Joker

Jerry Robinson trouve en Steve Ditko un dessinateur travailleur et talentueux dont le potentiel lui semble énorme. Il l’aide à obtenir une bourse de 2ème année et n’hésite pas non plus à montrer à certains de ses amis rédacteurs en chef son travail. On peut même supposer que c’est Stan Lee (alors éditeur chez Timely) qui a été l’un des premiers à avoir sous ses yeux des planches signées Ditko. Il ignore qu’il créera avec lui Spider-Man, un des personnages majeurs des comics, 10 ans plus tard. Tout en suivant ses cours du soir, Steve Ditko décroche divers travaux chez des petits éditeurs comme Farrell ou Gilberton (Classics Illustrated #110) ou Gilmor, dirigée à l’époque par Joe Simon et Jack Kirby.

 

Un exemple des premiers travaux de Steve Ditko dans le genre horrifique

 

Son entrée chez Charlton stoppée net par une maladie

Steve Ditko entre alors en contact avec la compagnie Charlton Comics. L’éditeur lui propose rapidement du travail, conquis par le style méticuleux et abstrait du dessinateur. Une patte graphique qui tranche fortement avec ceux des autres artistes de la firme. Au bout de quelques mois, Steve Ditko abandonne même tous ses travaux en freelance pour ne se consacrer exclusivement qu’à Charlton Au milieu des années 50, il travaille sur de nombreux titres d’horreur de la compagnie Charlton comme Racket Squad, Crime and Justice, This Magazine is Haunted ou encore l’anthologie horrifique The Thing! qui sera arrêtée lors de la mise en place de la censure avec le Comics Code Authority. Mais la carrière naissante du jeune artiste se voit stoppée net non pas par les effets du Comics Code mais par la tuberculose ! À l’été 1954, Steve Ditko contracte cette maladie qui le contraint à retourner en convalescence chez ses parents. Il disparaît donc du monde des comic-books durant une année sabbatique au moment même où Charlton prend possession de ses nouveaux locaux à Derby. Quand Ditko retrouve l’industrie des comics, l’horreur disparaît des rayonnages et l’artiste s’intéresse alors à la science-fiction. ■

Comment se déroule la suite de la carrière de Steve Ditko ? Revivez sa période Charlton Comics/Atlas dans notre article spécial !




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Doop lit des comics depuis une quarantaine d'années. Modérateur sur Buzzcomics depuis plus de 15 ans, il a écrit pour ce forum (avec la participation de Poulet, sa minette tigrée et capricieuse) un bon millier de critiques et une centaine d'articles très très longs qui peuvent aller de « Promethea » à « Heroes Reborn ». Il a développé une affection particulière pour les auteurs Vertigo des années 90, notamment Peter Milligan et Neil Gaiman.