Vous ne le connaissez pas et pourtant il a failli bouleverser le destin de Marvel : l’incroyable destin de Joe Maneely !

Vous ne connaissez probablement pas Joe Maneely. Et pourtant, l’histoire des comics aurait pu être radicalement différente à cause de ce dessinateur, que Stan Lee considérait comme un des tout meilleurs !
■ par Doop

 

Nous voici au milieu des années 50. Spider-Man et consorts ne sont pas encore crées et tous les autres super-héros de DC Comics n’existent plus en dehors de Superman, Batman et Wonder Woman (pour des raisons contractuelles). Les comics inspirés des cartoons comme ceux de Walt Disney tiennent le haut du pavé en termes de vente même s’ils sont sur le déclin. Les histoires de romances adolescentes, comme celles d’Archie Comics, ont le vent en poupe ! Atlas, qui deviendra plus tard Marvel, est une petite compagnie qui survit grâce à ses comics de western et quelques revues anthologiques. La quasi-totalité de toutes les histoires sont signées par le rédacteur en chef de la compagnie, Stan Lee et dessinées par Joe Sinnott, John Severin, Don Heck ou Joe Maneely.

 

Vous ne le connaissez pas et pourtant il a failli bouleverser le destin de Marvel : l'incroyable destin de Joe Maneely
Martin Goodman, président d’Atlas Comics

 

 

L’ombre de 1957

Atlas Comics va pourtant devoir réduire sa production de manière drastique au tout début de l’année 1957. En effet, c’est en janvier de cette année que Martin Goodman, le président d’Atlas, ferme sa société de distribution et passe un contrat avec l’American News Company (ANC), une des plus importantes firmes de l’époque qui réunit des dizaines de milliers de distributeurs aux 4 coins du pays. Tous les voyants virent brusquement au rouge lorsque de nombreuses rumeurs commencent à circuler sur un éventuel lien entre ANC et la mafia. Les choses s’aggravent lorsque Dell, le plus gros vendeur de comics de la période et le plus important client d’ANC, annonce non seulement la non-reconduction de son contrat mais aussi une action en justice pour situation de monopole ! En mai 1957, ANC n’a plus d’autre possibilité que de fermer sa branche distribution, laissant de très nombreux éditeurs de comics, dont Atlas, sur le carreau ! C’est la panique totale dans les bureaux de la firme ! Martin Goodman n’a plus aucun moyen de distribuer ses produits et il stoppe immédiatement sa production. Goodman demande à Stan Lee de renvoyer la quasi-totalité des artistes qui travaillent pour lui. Stan Lee débarque ainsi dans une même journée et avec tristesse Joe Sinnott, Dick Ayers, John Romita, Joe Maneely, John Severin et la grande majorité de son équipe dans ce que certains considèrent comme la période la plus trouble de la firme depuis sa création. Une expression, « l’ombre de 1957 », voit d’ailleurs le jour et sera souvent employée lorsque Marvel va connaître de grosses difficultés financières au fil des décennies.

 

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Stan Lee devant sa machine à écrire (1950)

 

Lorsque la future Marvel est publiée… par DC Comics !

Atlas est donc au bord du précipice et c’est ironiquement Harry Donenfeld, le président de DC Comics, qui va la tirer de ce mauvais pas. Le geste est loin d’être désintéressé puisque Harry Donenfeld, qui possède sa propre compagnie de distribution, Independant News, lorgne depuis longtemps sur les bénéfices des magazines pour hommes de Goodman. Donenfeld propose donc à Goodman de devenir son distributeur officiel et rédige un contrat valable sur 10 ans uniquement pour les magazines Atlas, faisant l’impasse totale sur les comics de la compagnie. Martin Goodman insiste néanmoins pour en intégrer quelques-uns dans la convention et Donenfeld, qui ne souhaite pas saturer le marché, accepte à 1 seule condition : le volume de comics produits par Atlas ne doit pas dépasser le chiffre de 8 par mois !

 

 

 

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Black Knight, une création de Stan Lee et Joe Maneely

 

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A propos Doop 120 Articles
Doop lit des comics depuis une quarantaine d'années. Modérateur sur Buzzcomics depuis plus de 15 ans, il a écrit pour ce forum (avec la participation de Poulet, sa minette tigrée et capricieuse) un bon millier de critiques et une centaine d'articles très très longs qui peuvent aller de « Promethea » à « Heroes Reborn ». Il a développé une affection particulière pour les auteurs Vertigo des années 90, notamment Peter Milligan et Neil Gaiman.