Joker – Fini de Rire : la relation perverse et tordue entre Batman et le Clown Prince du Crime

Joker fini de rire
(image © Urban Comics, DC Comics)

Le Joker fêtant ses 80 ans en 2020, Urban Comics propose Fini de Rire, un album qui le met en scène dans 2 aventures différentes. Dans la 1re, le Joker a enfin tué Batman et coule des jours paisibles sous le nom de Joe Kerr. Dans la 2nde, le Joker est condamné à mort pour un crime qu’il n’a pas commis, et Batman tente de le sauver de ce funeste destin.
■ par Christophe Colin

 

Joker fini de rire
(image © Urban Comics, DC Comics)

 

Batman est mort, vive Joe Kerr !

Dans ces 4 épisodes tirés de la série initiale Legends of the Dark Knight, J.M. De Matteis et Joe Staton offrent au Joker le plus beau des présents, la mort de Batman par ses mains meurtrières. Sa mission obsessionnelle étant enfin accomplie, le Joker devient un simple citoyen lambda et sous les traits de Joe Kerr, il trouve enfin l’amour. Sans surprise, Batman et le Joker ont tous 2 survécu et après une courte absence vont de nouveau s’affronter. Il est étonnant de les voir tous les 2 sous des identités humaines banales vivant ainsi des existences éphémères sans histoires.

 

Joker fini de rire
(image © Urban Comics, DC Comics)

 

Batman, l’avocat du diable ?

Dans la 2nde partie de Fini de rire, « L’Avocat du diable », Chuck Dixon et Graham Nolan condamnent le Joker à mort. Seulement, le Prince du Crime n’avoue pas le crime pour lequel on veut l’assassiner. Aussi Batman pense que son plus grand ennemi n’est pas coupable et le Chevalier Noir va tenter de le faire innocenter. Ici, le Joker est confronté à un univers carcéral dur et violent et il est intéressant de voir les relations qu’il entretient avec les autres condamnés à mort, les gardiens de la prison et le prêtre venu le confesser. L’enquête menée par Batman pour découvrir les vrais coupables de cette conspiration est bien écrite, les motifs des 2 responsables n’étant pas évidents.

 

Joker fini de rire
(image © Urban Comics, DC Comics)

 

Batman et le Joker : le plus grand couple de tous les temps ?

Avec ces 2 histoires, les scénaristes et dessinateurs démontrent les liens entre Batman et le Joker. Dans  « Sain d’esprit », la disparition de Batman entraîne automatiquement celle du Joker et la réapparition miraculeuse du Chevalier noir est suivie de celle du clown psychopathe, ce dernier abandonnant sa vie idéale et l’élue de son cœur dès le retour de son plus grand ennemi. « L’avocat du diable » est lui aussi surprenant car Batman, contre vents et marées, est le seul à croire à l’innocence du Joker. Il fait tout pour le faire libérer, au grand dam du commissaire Jim Gordon et de sa fille Barbara qui venait juste d’être estropiée par le Clown Prince du crime. « L’avocat du diable » montre l’une des plus grandes contradictions de Batman. Le Dark Knight est tellement épris de justice qu’il est capable de se battre pour prouver l’innocence du Joker, l’homme coupable de la paralysie de Barbara Gordon et de la mort de Jason Todd, les 2 plus grands échecs de sa carrière d’homme masqué. ■

Joker fini de rire
(image © Urban Comics, DC Comics)

Joker – Fini de Rire  est un comics publié en France par Urban Comics. Il contient les épisodes : Batman : Legends of the Dark Knight n°65 à 68 et The Joker : The Devil’s Advocate.

 

LIRE AUSSI : Joker, l’Homme qui rit : Deux visions terrifiantes et crédibles de l’ennemi juré de Batman !

(image © DC Comics)




A propos Christophe Colin 80 Articles
Christophe Colin lit des comics en VF et en VO depuis une petite trentaine d'années. Il est fan de science-fiction et en particulier des univers alternatifs (What If, Elseworlds) et de Doctor Who. Il a fait partie du site France-Comics pendant 12 ans et s'est spécialisé dans les personnages de comics méconnus comme l'homme tigre sans bras ou Grotesk. Il écrit des chroniques sur les comics pour le fanzine Présences d'Esprits, spécialiste de fantasy, de fantastique, de science fiction et d'imaginaire sous toutes ses formes. Il crée et anime des conférences sur les comics et la pop culture dans les conventions et festivals de bandes dessinées.