House of X/Powers of X n°1 : l’électrochoc Hickman !

House of X Powers of X
(image © Marvel Comics)

Jonathan Hickman arrive sur les X-Men avec l’ambition de révolutionner les mutants de Marvel et relancer la popularité de l’équipe. Un 1er numéro de House of X/Powers of X qui tient ses promesses et qui pose énormément de questions.
■ par Stéphane Le Troëdec

 

Que l’on soit nouveau lecteur ou vieux routard des X-Men, le redémarrage orchestré par Jonathan Hickman ne laissera pas indifférent. On nous avait promis un changement de paradigme : la promesse est tenue. Jonathan Hickman ne s’embarrasse pas des intrigues précédentes et redémarre la franchise X-Men avec une ambiance et des concepts totalement radicaux. À tel point que certains fans des X-Men pourraient ne pas y reconnaître leurs mutants…

 

House of X Powers of X
(image © Marvel Comics)

 

« Le monde a changé »

Dans une grotte, Charles Xavier observe l’éclosion de mutants s’extirpant de mystérieux cocons végétaux : « à moi, mes X-Men ». À Jérusalem, nous découvrons « l’Habitat », un bâtiment recouvert de plantes et servant d’ambassade à la nouvelle nation mutante. Un groupe de diplomates est accueilli par les Stepford Cuckoos et Magnéto. Les mutants offre à l’humanité une technologie médicale en échange de la reconnaissance de la nouvelle nation mutante de Krakoa. À Westchester, New York, Jean Grey accueille de jeunes mutants avant de leur faire franchir un portail végétal et rejoindre les autres mutants sur l’île de Krakoa. Dans l’espace, une équipe de reconnaissance d’Orchis explore la Forge, une station orbitale avec en son centre la tête d’une Sentinelle

 

House of X Powers of X
(image © Marvel Comics)

 

Du Jonathan Hickman pur et dur

Perdu à la lecture de ce résumé des 1res pages de House of X ? C’est normal, Jonathan Hickman rompt avec les intrigues précédentes pour repartir sur quelque chose de nouveau. Malgré les efforts de Marvel Comics, depuis des quelques années, les X-Men n’étaient plus que l’ombre d’elles-mêmes. Il était temps de leur donner un électrochoc. Manifestement, Jonathan Hickman arrive sur les séries mutantes avec l’ambition de ramener les X-Men sur le devant la scène, les mains libres (suffisamment pour ignorer – presque – complétement les dernières années) et, mieux, avec un grand plan en tête. Un plan ambitieux, qui s’articule en 2 mini-séries : House of X et Powers of X. Et c’est du Jonathan Hickman pur et dur. Comprendre que si vous n’aimiez déjà pas le style du scénariste, ce ne sont pas ces épisodes qui vont vous réconcilier avec lui. Dès les 1res pages, aucun doute : écriture dense qui oblige parfois à relire l’épisode, inserts « encyclopédiques » qui viennent apporter des informations sur les nouveaux concepts, personnages « froids » (on va y revenir), et utilisation de la continuité marvelienne à travers d’innombrables références, parfois très pointues. Et surtout, ce nouveau de look de Charles Xavier qui rappelle furieusement le Créateur, une version Ultimate maléfique de Red Richards, qui a déjà causé pas de soucis aux héros Marvel. Bref, les amateurs de Jonathan Hickman sont en terrain connu.

 

House of X Powers of X
(image © Marvel Comics)

 

Fondation du transmutanisme

S’inspirant du courant transhumaniste, Jonathan Hickman s’amuse aussi à imaginer le futur des mutants de Marvel Comics. Ou plutôt, des futurs de la mutanité. Powers of X est moins classique que House of X, puisque le scénariste y révèle un peu plus toute l’étendue de son plan. Une évolution qui court sur plusieurs centaines d’années, en montrant le destin de la mutanité à différentes époques du futur. Powers of X est probablement la moins accessible des 2 séries, car très déstabilisante. En effet, le scénario développe en parallèle 4 lignes temporelles très différentes, mais où les événements de l’une se répercute dans les autres. Et là, c’est un festival de concepts originaux et d’extrapolation au point que Jonathan Hickman écrit plus une histoire de science-fiction que de superhéros. Par certains aspects, il s’inspire du cycle de romans Fondation du pape de la SF, Isaac Asimov, pour donner une idée de l’ambition de Powers of X. Et bien sûr J. Hickman pioche allègrement dans le catalogue déjà foisonnant des idées développées depuis les années 60 pour les pousser encore plus loin. De plus, les personnages sont soit méconnus, soit des versions hybrides de ceux qu’on connaît. Powers of X est radicale, et c’est sans doute la série qui laissera sur le bord de la route le plus de lecteurs. Si on accroche à son style, Powers of X est fascinant dans sa présentation l’« après » guerre entre les mutants et les humains. (suite de l’article page suivante)

 

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Jonathan Hickman
(image © Marvel Comics, Image Comics)

 

La suite ? Tout de suite !




A propos Stéphane Le Troëdec 441 Articles
Stéphane Le Troëdec est spécialiste des comics, traducteur et conférencier. En 2015, il s'occupe de la rubrique BD du Salon Littéraire. Puis en 2017, il rejoint l'équipe de Boojum, l'animal littéraire, dont il devient le responsable de la rubrique pop culture. Ses autres hobbys sont le cinéma fantastique et les jeux. Enfin, et c'est le plus important : son chiffre porte-bonheur est le cinq, sa couleur préférée le bleu, et il n’aime pas les chats.