Grimm Fairy Tales Robyn Hood – Origins : Et si Robin des bois était une adolescente bad ass de notre époque ?

Grimm Fairy Tales Robyn Hood origins
(image © Zenescope Entertainment, Editions Reflexions)

Grimm Fairy Tales Robyn Hood – Origins renouvelle la légende de Robin des bois. Et là où on pouvait s’attendre de la part de Zenescope à une simple relecture agrémentée de filles sexy, les auteurs surprennent avec une histoire riche et un dessin relativement sage. Alors, oubliés, Hawkeye ou Green Arrow, et place aux héroïnes ?
■ par Stéphane Le Troëdec

 

Grimm Fairy Tales Robyn Hood origins
(image © Zenescope Entertainment, Editions Reflexions)

 

Robyn est une jeune adolescente débrouillarde et courageuse, toujours prête à aider les plus démunis. Orpheline, elle a connu une enfance compliquée : à l’âge de 10 ans, sa mère d’adoption meurt après une longue maladie et son père d’adoption la vire de chez lui. Robyn passe de famille en famille et d’école en école. Solitaire et discrète, elle n’a pas d’amies. Mais son tempérament affirmé lui permet de franchir tous les obstacles. Jusqu’à ce qu’elle s’attire les foudres d’un groupe de crétins, parmi lesquels le fils d’un notable de la ville. Un jour, une de leurs altercations dégénère : ces mêmes garçons lui crèvent l’œil puis finissent par la violer. Stupeur : Robyn est arrêtée, accusée injustement d’être à l’origine de l’altercation. Mais alors qu’elle croupit en cellule, Robyn est happée par un étrange portail magique. Elle arrive sur Myst, un autre monde étrange qui ressemble à notre Moyen-Âge mais où la magie existe. Très vite, au cours d’un affrontement avec les soldats du roi John de Bree, Robyn se découvre des pouvoirs fabuleux. Parmi lesquels une précision incroyable au tir à l’arc, et un certain talent pour le combat dès qu’elle a des flèches entre les mains. Robyn voit dans ces nouvelles capacités l’occasion de commencer une nouvelle vie où elle va pouvoir se venger des oppresseurs. Le roi John de Bree peut trembler : il y a une nouvelle justicière à Bree, et elle s’appelle Robyn !

 

Grimm Fairy Tales Robyn Hood origins
(image © Zenescope Entertainment, Editions Reflexions)

 

Une nouvelle corde à l’arc des Éditions Reflexions

Avec Grimm Fairy Tales : Robyn Hood, les éditions Réflexions se lancent dans la traduction de comics de l’éditeur américain Zenescope. Cette maison d’édition s’est fait une spécialité de proposer de nouvelles adaptations en comicbooks des contes et légendes célèbres et populaires. En France, une poignée de titres avaient déjà été publiés comme par exemple les 4 tomes de Wonderland (Alice au Pays des merveilles) ou bien La Petite Sirène (chez l’éditeur Graph Zeppelin). Avec Robyn Hood, il s’agit évidemment de s’appuyer sur le célèbre mythe de Robin des bois. À ce titre, l’un des plaisirs de lecture consiste à comparer cette nouvelle version de Robin à l’originale. Les auteurs décident de conserver de nombreux traits de personnalité du légendaire brigand, notamment sa générosité, mais apportent aussi quelques nouveautés intéressantes.

 

Grimm Fairy Tales Robyn Hood origins
(image © Zenescope Entertainment, Editions Reflexions)

 

L’origin story de Robyn

Ce tome 1 de Robyn Hood est clairement une origin story. Pas besoin d’avoir lu quoi que ce soit avant, cet album est le point d’entrée pour découvrir cette nouvelle version de la légende de Robin des bois. En 5 épisodes, le scénariste Patrick Shand installe le personnage de Robyn, nous explique les événements qui l’amènent à devenir une héroïne. Le temps pour le lecteur de comprendre comment Robyn, adolescente implacable à fleur de peau, devient une jeune justicière. Les pouvoirs de Robyn ne sont pas forcément très clairs, mais on comprend qu’une fois un arc ou une flèche à la main, elle devient redoutable, à mains nues comme à distance. Les 1res pages de Robyn Hood – Origins peuvent choquer par leur violence : Patrick Shand appuyant fortement sur les violences subies par Robyn (le récit est souvent gore) et qui expliquent sa colère intérieure et sa soif de justice. Bref, à la fin de ce récit complet, Robyn Hood est une justicière installée, prête l’emploi (et Patrick Shand se garde justement quelques pistes ouvertes à explorer dans les prochaines aventures).

 

Grimm Fairy Tales Robyn Hood origins
(image © Zenescope Entertainment, Editions Reflexions)

 

Deux mondes pas si différents

Vous l’aurez compris : Robyn Hood – Origins raconte le passage de l’héroïne d’un monde à un autre. Plus précisément, de notre monde contemporain à « Myst », un monde de fantasy. Pour autant, Robyn semble s’accommoder rapidement de son nouvel univers. La jeune femme n’est presque pas plus étonnée que cela de l’existence de Myst ou de la magie ! Et tant mieux, Patrick Shand nous épargne les sempiternelles scènes semi humoristiques à la « Visiteurs » ou à la « Demolition Man » où le héros découvre un tout nouveau monde dans lequel il est perdu. Comme les lecteurs, Robyn semble connaître les codes, les clichés du genre ; inutile de perdre du temps à les expliquer ! Là où Patric Shand réussit aussi son coup, c’est quand il décrit Myst comme un monde pas si éloigné du notre. Dans la ville de Bree, les hommes font régner leur loi, écrasent les pauvres, oppriment les femmes. Là où Robyn aurait pu rêver d’un nouveau départ, elle se retrouve, d’une certaine manière, confrontée aux mêmes problèmatiques que sur sa Terre d’origine (et donc accessoirement à ses propres trauma) : amener plus de justice et aider les plus faibles face aux plus puissants.

 

Grimm Fairy Tales Robyn Hood origins
(image © Zenescope Entertainment, Editions Reflexions)

 

Trois dessinateurs pour des dessins un peu en dessous

Pour vendre ses comics, l’éditeur américain Zenescope utilise généralement un marketing efficace : des innombrables couvertures alternatives mettant en scène des héroïnes ultra sexy. Hélas, l’intérieur est souvent de bien moins bonne qualité. Robyn Hood – Origins n’échappe malheureusement pas à ce problème. Derrière la jolie couverture de Stjepan « Harleen » Šejić, 3 dessinateurs se succèdent pour illustrer les aventures de Robyn : Dan Glasl, Larry Watts, et enfin Rob Dumo. Aucun d’eux ne sort réellement du lot ; tout au plus, on peut constater que Larry Watts se charge de 3 épisodes sur les 5 de ces origins. Rien de catastrophique, mais on peut regretter qu’aucun n’arrive à imprimer une patte graphique propre à la série. Et que le dernier épisode soit graphiquement bien en-dessous des autres, comme si le dessinateur avait travaillé dans l’urgence. Par contre, Robyn Hood – Origins échappe au syndrome putassier de la sexualisation à outrance de son héroïne. Non pas que Robyn ne soit pas sexy, mais à ce niveau, les couvertures sont tout compte fait bien plus « délurées » que les pages intérieures. Au final, on ne retiendra pas Robyn Hood – Origins pour ses illustrations mais bien pour son intrigue qui parvient à renouveler agréablement la légende de Robin des bois. ■

Grimm Fairy Tales Robyn Hood origins
(image © Zenescope Entertainment, Editions Reflexions)

Grimm Fairy Tales : Robyn Hood – Origins est un comics publié en France chez les éditions Reflexions. Il contient Grimm Fairy Tales presents Robyn Hood (2012) 1 à 5.

 

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(image © Zenescope)




A propos Stéphane Le Troëdec 534 Articles
Stéphane Le Troëdec est spécialiste des comics, traducteur et conférencier. En 2015, il s'occupe de la rubrique BD du Salon Littéraire. Ses autres hobbys sont le cinéma fantastique et les jeux. Enfin, et c'est le plus important : son chiffre porte-bonheur est le cinq, sa couleur préférée le bleu, et il n’aime pas les chats.

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