Doomsday Clock : les Watchmen débarquent dans l’univers DC Comics… et c’est loin d’être une réussite !

 

Doomsday Clock
(image © DC Comics, Urban Comics)

 

Une gestion curieuse de certains personnages

Que ce soit du côté des icones DC Comics et des Watchmen, Doomsday Clock réservent de gros moments étranges et absurdes. La rencontre, très attendue, entre Rorschach et Batman tourne court. Pire : Bruce Wayne trouve moyen d’emprisonner Rorschach dans l’un des seuls endroits où il ne faudrait pas le mettre, l’Asile d’Arkham, d’où tout le gratin des vilains DC s’est échappé au moins une bonne dizaine de fois ! Idem du côté d’Ozymandias : quand l’homme le plus intelligent au monde débarque dans un nouveau monde, on s’attend à ce qu’il se renseigne un minimum sur ses nouvelles fréquentations. Dans Doomsday Clock, non. Ozymandias s’accoquine avec Lex Luthor en mode « je fais confiance aveuglément au 1er qui passe ». Étonnant, mais surtout très frustrant.

 

Doomsday Clock
(image © DC Comics, Urban Comics)

 

Quand Geoff Johns perd le fil de son intrigue

Doomsday Clock aurait pu relancer l’univers DC, lui donner un coup de fouet. Le positionnement du Dr Manhattan, tel qu’on le devine dans les 1ers épisodes est prometteur de ce point, pour peu qu’on accepte le concept. Et puis… Et puis Geoff Johns donne l’impression de perdre le fil de son intrigue, de s’arrêter longuement sur le passé et le destin de personnages qui, en fin de compte, n’auront pas une grande importance dans la trame générale de Doomsday Clock. Et puis l’histoire paraît rebondir sur une nouvelle idée, impliquant des personnages secondaires DC Comics, qu’on est heureux de voir revenir. Sauf qu’au final, non, Doomsday Clock ne leur offre pas la rampe de lancement qu’on aurait aimé, et c’est Superman qui récupère le focus. Au point qu’on a un peu le sentiment que les Watchmen sortent de ce Doomsday Clock par la petite porte après avoir été bringuebalé d’une idée à l’autre.

 

Doomsday Clock
(image © DC Comics, Urban Comics)

 

L’innocence et la naïveté de l’âge d’or plus forts que le « dark age » ?

Au final, j’ai eu l’impression que Geoff Johns a écrit Doomsday Clock pour quelque part défaire non pas le travail d’Alan Moore, mais les conséquences du succès de Watchmen. Dès sa sortie dans les années 80, l’œuvre connaît un tel succès que les éditeurs de comics imaginent des intrigues et des personnages plus sombres, plus désabusés, des antihéros. C’est ce qu’on surnomme parfois le « dark age ». Dans Doomsday Clock, Geoff Johns semble vouloir rétablir l’innocence de l’âge d’or des années 30 et 40. De réinstaller la puissance de la naïveté et de la simplicité à travers le personnage de Superman, le « premier des superhéros ». J’aime l’idée, mais hélas, Geoff Johns n’est pas Alan Moore. Doomsday Clock émule les idées et les mécaniques narratives qui ont fait la renommée de Watchmen, mais n’a, hélas, pas les moyens de ses ambitions. Même le souffle épique n’y est pas, les derniers épisodes de Doomsday Clock s’embourbant dans des explications un brin pompeuses et ennuyeuses, évacuant péniblement les quelques scènes spectaculaires. Pire : on a même du mal à comprendre comment tout cela se marie avec la continuité DC Comics, et notamment les plans de Scott Snyder initié avec Batman : Metal. Si bien qu’on referme ce Doomsday Clock avec une impression mitigée de « tout ça pour ça ». ■

Doomsday Clock
(image © DC Comics, Urban Comics)

Doomsday Clock est un comics publié en France par Urban Comics. Il contient Doomsday Clock 1-12.

 

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watchmen references
(image © DC Comics)




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