Avengers : Jusqu’à la mort, du classique mais efficace !

Avengers Jusqu'à la mort no surrender
(image © Marvel Comics)

Jusqu’à la mort met les héros moins connus de Marvel en avant à travers un event qui lorgne vers les sagas cosmiques classiques. Et si l’intrigue se disperse un peu à travers les 16 épisodes, Jusqu’à la mort est une jolie réussite si vous cherchez un blockbuster « à l’ancienne » !
■ par Stéphane Le Troëdec

 

Quand 2 Doyens décident de se livrer bataille, ils ne font pas dans la demi-mesure ! Le Grand Maître et le Challenger règlent leur différent en s’affrontant dans un jeu intergalactique. Sur la Terre, déplacée à travers l’espace, 2 équipes se combattent pour leur souverain : la Légion Fatale et l’ancien Ordre Noir de Thanos, fraîchement ressuscités pour les besoins de la partie. Mais évidemment, cette bataille ne va pas sans causer d’innombrables dégâts sur Terre. Les différentes factions des Avengers unissent leurs forces : l’équipe principale, les US Avengers, la division Unité, ou les Occupy Avengers. Dispersés et dépassés, ils sont vite rejoints par la mystérieuse Voyager, qui affirme être une des héroïnes fondatrices oubliée des Avengers !

 

Avengers Jusqu'à la mort no surrender
(image © Marvel Comics)

 

Du classique, du basique…

Jusqu’à la mort, c’est un peu l’event « discret » de Marvel Comics en 2018, dispersé dans 16 épisodes de la série régulière Avengers, là où on aurait pu s’attendre à un event annuel. Pour tenir sur la durée, et parce que Jusqu’à la mort implique de persos d’autres séries régulières, l’event est écrit « à 3 têtes » : Mark Waid, Jim Zub et Al Ewing. D’ailleurs, il est assez amusant de constater un léger changement de ton d’un épisode à l’autre, en fonction du scénariste aux commandes. Reprenant un schéma classique des events cosmiques historiques, on retrouve donc nos héros impliqués dans une partie qui les dépassent. Avec une ambiance presque « sportive », puisque le jeu cosmique consiste à mettre la main sur des artefacts apparaissant à la surface du globe. Les équipes ne cessent de s’affronter, de batailler ferme, dans une mécanique narrative qui rappelle un peu le Tournoi des Champions, comprendre qu’ici on compte les points. Du classique, donc, mais bien fait.

 

Avengers Jusqu'à la mort no surrender
(image © Marvel Comics)

 

Les 2ds couteaux de Marvel prennent le pouvoir !

Jusqu’à la mort se démarque des autres events par le fait que les 3 scénaristes paraissent s’être mis d’accord pour utiliser principalement des héros de 2de zone. Exit Captain America, Captain Marvel et autres big guns ! L’histoire décide arbitrairement que ceux qui vont avoir la main, agir concrètement, ce sera les héros moins connus. L’Éclair, Synapse, Iron Patriot, le Hulk Rouge ou Red Wolf : ce ne sont peut-être pas des noms qui vous parlent, mais pourtant ils tiennent ici un rôle important. L’histoire les montrent s’accorder, travailler en équipe quand les héros stars ne sont plus à la manœuvre. Et comme si ça ne suffisait pas, Mark Waid, Al Ewing et Jim Zub ramène carrément un personnage vraiment oublié celui-là, Voyager…

 

Avengers Jusqu'à la mort no surrender
(image © Marvel Comics)

 

Voyager, la superhéroïne « retconnée » et que tout le monde a oublié !

Peu après les 1ers affrontements de Jusqu’à la mort, surgit la superhéroïne Voyager. Qui est-elle ? D’où vient-elle ? La réponse surprend tout le monde, et surtout le lecteur. En effet, Voyager serait une des héroïnes fondatrices des Avengers… sauf que tout le monde l’a oubliée ! Ce retcon « au chausse-pied » rappelle furieusement ce qu’on a connu avec l’apparition de Sentry. Sauf qu’ici, les scénaristes sont assez malins pour, au fond, nous faire comprendre que bien entendu, il y a un loup. Mais c’est bien joué, car Voyager apporte une touche d’originalité bienvenue, un petit élément intriguant, un léger grain de sable, pendant que l’action continue à se déployer.

 

Avengers Jusqu'à la mort no surrender
(image © Marvel Comics)

 

Une harmonie graphique bienvenue

Côté dessins, les 16 épisodes de Jusqu’à la mort voient passer pas moins de 7 dessinateurs ! Et on pouvait légitimement craindre des dessins trop disparates. Bonne surprise, Jusqu’à la mort réussit à conserver une vraie uniformité visuelle. On passe de Pepe Larraz à Paco Madina, sans trop de problème. Tel un caméléon, Kim Jacinto se moule dans le style de ses prédécesseurs comme il l’avait avec les Thor d’Olivier Coipel. L’ensemble fonctionne bien, s’articule correctement, passant de scènes d’action bigger and louder (on est venu pour ça, après tout) à des scènes plus intimistes (et globalement réussies). Tout au plus on peut regretter que le design du nouveau Doyen, le Challenger, ne soit pas plus original.

 

Avengers Jusqu'à la mort no surrender
(image © Marvel Comics)

 

Quelques défauts mais une belle édition française

J’ai beau retourner Jusqu’à la mort dans tous les sens, l’event reste de qualité et classique. En fin de compte, son principal défaut reste sans doute d’être un peu trop long. L’intrigue se disperse parfois inutilement, probablement à cause de l’écriture à 3. Toute la 1re partie montrant la lutte entre l’Ordre Noir et la Légion Fatale paraît rapidement superficiellement étirée en longueur, vue son importance, par exemple. Cela dit, ce problème est amoindri par le fait que toute l’intrigue est menée tambour battant, sans réel temps mort. Un dernier mot sur l’édition française : Panini Comics réunit les 16 épisodes de Jusqu’à la mort dans un bon gros album à la couverture bien solide et au papier glacé bien épais. Très agréable. L’objet en lui-même est une réussite. Jusqu’à la mort, c’est donc un blockbuster globalement très classique, pour ceux qui aiment les events cosmiques à l’ancienne, et qui sait aussi réserver quelques petites touches d’originalité. ■

Avengers Jusqu'à la mort no surrender
(image © Marvel Comics, Panini Comics)

Avengers : Jusqu’à la mort est un comics publié en France chez Panini Comics. Il contient : Avengers (1963) 675 à 690.

 

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(image © Marvel Comics)




A propos Stéphane Le Troëdec 393 Articles
Stéphane Le Troëdec est spécialiste des comics, traducteur et conférencier. En 2015, il s'occupe de la rubrique BD du Salon Littéraire. Puis en 2017, il rejoint l'équipe de Boojum, l'animal littéraire, dont il devient le responsable de la rubrique pop culture. Ses autres hobbys sont le cinéma fantastique et les jeux. Enfin, et c'est le plus important : son chiffre porte-bonheur est le cinq, sa couleur préférée le bleu, et il n’aime pas les chats.