Avec Spider-Man : De père en fils, J. J. Abrams signe son premier comics Marvel

comics Spider-Man de père en fils
(image © Marvel Comics, Panini Comics)

Avec Spider-Man : De père en fils, J. J. Abrams et Henry Abrams signent un comics calibré pour les nouveaux lecteurs sous la forme d’un récit complet dans un futur alternatif. Ben, le fils de Peter et MJ, va-t-il reprendre le flambeau de son père ? De leur côté, les vieux routards risquent bien de rester sur leur fin.
■ par Stéphane Le Troëdec

 

Star Wars. Mission : Impossible. Star Trek. Aucun doute possible, le showrunner et réalisateur J. J. Abrams affectionne les franchises. Courtisé depuis de nombreuses années par Marvel Comics pour écrire le scénario d’un comic-book, le voici avec son fils aux commandes d’une mini-série d’une version alternative du héros qui imagine les aventures du fils de Spider-Man. Mais Spider-Man ayant déjà de nombreux rejetons (que nous nous sommes amusés à recenser dans un article consacré à ses enfants), n’y a-t-il pas comme un risque de lassitude ?

 

comics Spider-Man de père en fils
(image © Marvel Comics, Panini Comics)

 

Ben et l’héritage des Parker

Dans un futur alternatif. Spider-Man affronte Cadavérique et son armée de robots qui ravagent Manhattan. Et c’est le combat de trop : Peter Parker est gravement blessé et il perd l’usage de son bras. Mais ce n’est pas le plus grave, car Mary-Jane perd la vie au cours de l’affrontement. Douze ans plus tard, leur fils Ben est devenu un adolescent frondeur, toujours prêt à défendre les plus faibles face aux brutes. Peter est devenu un homme d’affaire, souvent en déplacement. Ben vit donc chez tante May. C’est d’ailleurs May qui révèle au garçon que son père a été Spider-Man. Pour Ben, c’est un double choc : son père a été un superhéros qui a baissé les bras. Sa rencontre avec la belle graffeuse Faye Ito va le conduire à renfiler le costume de son père et accepter l’héritage des Parker. Mais à quel prix ?

 

comics Spider-Man de père en fils
(image © Marvel Comics, Panini Comics)

 

Un fil déjà bien tissé

Le principal problème de ce Spider-Man : de père en fils, c’est qu’il arrive après de nombreux comics qui s’inscrivent dans la même veine. Car il existe déjà plusieurs récits racontant la relation entre Peter Parker et son enfant. L’héritage de Spider-man peut-être lourd à porter. On pense à May Parker de la série Spider-Girl de 1998 ; à Claire et Benjy Parker du récent Spider-Man : L’Histoire d’une vie ; ou à la Annie May parker de Spider-Man : Renouveler ses vœux. J. J. Abrams et son fils Henry s’attaquent donc à un sujet déjà pas mal exploré chez Marvel. À la différence qu’ici, les Abrams ne s’appuient que très peu sur les références, contrairement aux autres titres cités. Cela peut être un avantage pour les nouveaux lecteurs, qui récupèrent avec Spider-Man : de père en fils un comics très facile à aborder, avec son supervilain inédit, Cadavérique (Cadaverous dans la version originale), ou son Tony Stark directement importé des films du MCU. Spider-Man : de père en fils est donc particulièrement accessible.

 

comics Spider-Man de père en fils
(image © Marvel Comics, Panini Comics)

 

Pas grand-chose de neuf pour les vieux lecteurs

Problème pour les vieux routards : Spider-Man : de père en fils est tellement classique dans son contenu, le sujet a déjà été tant de fois traité qu’il ne ressort pas grand-chose de neuf. L’histoire fleure même parfois le manque d’inspiration flagrant avec des zombies et des Avengers zombies sans relief. Les relations entre Peter et son Ben sont courues d’avance pour qui a un minimum d’expérience dans les comics. La fin ouvre l’histoire sur une éventuelle suite, qui ne viendra sans doute pas, et on referme Spider-Man : de père en fils avec le sentiment d’avoir lu le prélude d’un univers qu’on ne verra jamais. Triste. Tout au plus, le personnage de Faye Ito, ersatz de Chatte Noire, apporte un peu de fraîcheur grâce à son dynamisme. Mais rien ne vient vraiment relever un récit beaucoup trop classique pour les vieux routards.

 

comics Spider-Man de père en fils
(image © Marvel Comics, Panini Comics)

 

Sara Pichelli en petite forme

Restaient donc éventuellement les dessins pour sauver la mise. On était en droit d’attendre beaucoup de Sara Pichelli. La dessinatrice italienne s’est déjà illustrée sur Spider-Man en travaillant sur le Peter Parker de la ligne Ultimate dans Ultimate Comics: Spider-Man puis en créant dans la foulée Miles Morales. Elle était donc bien placé pour créer une nouvelle variation du personnage. Hélas, l’artiste semble peu inspirée par ce nouvel univers, et la plupart de ses designs paraissent fades. Sara Pichelli semble être en mode automatique, et ne propose pas grand-chose de bien attrayant au point qu’on referme Spider-Man : de père en fils sans retenir de scènes ou de visuels particuliers. Néanmoins, la mise en scène est lisible et ne posera aucun problème aux nouveaux lecteurs. C’est d’ailleurs tout compte fait ce public visé qui est visé par ce Spider-Man : de père en fils, public attiré par une signature connue et bankable, J. J. Abrams. Les néophytes trouveront ici une histoire assez quelconque mais distrayante et accessible ; les vieux lecteurs pourront passer leur chemin. ■

comics Spider-Man de père en fils
(image © Marvel Comics, Panini Comics)

Spider-Man : de père en fils est un comics publié en France chez Panini Comics. Il contient Spider-Man : Bloodline 1 à 5.




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