1 mois pour dépenser 70 euros en comics (février 2021)

Spider-Man : de père en fils, abandon ou héritage ?

70 euros février 2021
(Image : © Marvel Comics)

Autant vous dire que les récits construits uniquement sur la présence d’auteurs très connus et qui connaissent très peu le medium ce n’est pas ma tasse de thé. Les éditeurs ne semblent toujours pas avoir compris que ce n’est pas parce qu’on donne les clés d’un comics à un grand réalisateur qu’on va avoir droit à une grande histoire. Surtout qu’ici c’est assez limite puisque JJ Abrams, le réalisateur des derniers Star Wars et Star Trek laisse son fils, Henry Abrams, scénariser l’histoire. Globalement, c’est juste un prête nom pour son fiston, fan de comics. Mais bon, encore une fois, ce n’est pas parce qu’on est le « fils de » que forcément on est mauvais. L’histoire est peut-être bonne, qui sait ? Et sincèrement, si c’est lisible (surtout au départ), cela reste quand-même plus qu’anecdotique. Les Abrams nous proposent une histoire centrée sur l’héritage, avec le fils de Peter et de Mary-Jane qui découvre qu’il a des pouvoirs. Nous avons tous les clichés et traumas possibles de la télévision, l’introduction de personnages qui ne fonctionnent pas (la petite amie du petit Ben, irritable et pénible à souhait) et un sacré mélange des genres vers la moitié du récit. Globalement, l’idée est classique mais l’exécution trop facile et souvent cliché. Spider-Man de père en fils n’apporte, contrairement à un Spider-Girl (je parle de la série de Tom de Falco et Sal Buscema), absolument rien à la mythologie du personnage. Pire, nous avons de nouvelles introductions vraiment superficielles, comme le méchant de l’histoire Cadaverous, et une certaine volonté à s’inspirer de plein de choses déjà vues et revues. On sent bien que l’effort est porté sur la notion d’héritage et de transmission, comme ce qu’est en train de faire JJ Abrams avec son fils, mais bon… ce n’est pas très fin ! Le mélange n’est pas indigeste, mais juste insipide. Après, nous avons la présence de Sara Pichelli aux dessins et là encore c’est vraiment très décevant ! Si la mise en images et la lisibilité des planches est impeccable, je ne reconnais absolument pas le style de la dessinatrice, qui a perdu de sa rondeur, de son caractère pour livrer des planches assez passe-partout et brouillonnes dans le rendu. C’est vraiment bizarre et c’est à mon goût très en dessous de ce qu’elle a pu livrer auparavant. Bref, Spider-Man de père en fils est au mieux un comics anecdotique, qui vous prendra peut-être moins de temps à lire qu’à acheter. Pas du tout convaincu, même si Panini Comics nous propose une version avec 2 547 couvertures et formats différents !

 

 

Black Panther : qui est la panthère noire ? Must not have et surtout Must not do !

70 euros février 2021
(Image : © Marvel Comics)

Une réédition des 1ers épisodes de Reginald Hudlin sur le personnage, labellisée comme « Must have », cela me donne des frissons. Parce que sincèrement, le Black Panther de Reginald Hudlin est plus que catastrophique : il représente tout ce que je déteste dans les comics actuels. L’idée de Marvel de proposer la série à un scénariste d’Hollywood qui n’a jamais exercé sur les comics afin qu’il donne sa version du personnage, scénariste qui s’est en plus notamment engagé pour l’égalité des droits, après tout pourquoi pas ? Le problème, c’est que Reginald Hudlin n’est pas un mauvais scénariste, c’est un mauvais scénariste très prétentieux dans son écriture. Vous voyez le travail de Christopher Priest sur Black Panther ? Cette longue saga qui donnait à T’Challa un véritable statut, une grande noblesse, une place définitive dans l’univers Marvel. Eh bien ici c’est tout le contraire. Ce qui intéresse Reginald Hudlin dans sa série, ce n’est pas de nous livrer une histoire sur T’Challa, juste de faire fi de tout ce qui a pu être écrit avant en bien sur le personnage pour distiller des blagues et un point de vue personnel très discutable. Quand Ulysses Klaw devient un espion à la solde de la Belgique ou quand le Black Knight un émissaire borné et sans cerveau du vatican, on se demande bien comment un éditeur a pu laisser passer ça. De fait, Reginald Hudlin revisite l’histoire du Wakanda et de Black Panther à sa sauce, faisant ce qu’il veut de la continuité et ne respectant pas le travail des auteurs qui se sont penchés avant lui sur le personnage. Il balance des polémiques datées, des dialogues censés être fun mais se noie dans sa propre vanité. Pire, il oublie totalement les personnages ! T’Challa est inexistant, perdant de sa noblesse et de son importance face non pas à son ennemi, mais à la mise en avant de son auteur, qui de fait, rend son propos ridicule alors qu’il devrait être important. Reginald Hudlin a beau enrober ses idées moisies dans le vernis de lutte des droits, son style amoindrit totalement la moindre volonté politique. La mise en image plutôt correcte de John Romita jr et Klaus Janson n’y change rien. Lorsqu’un auteur se sent plus important que son personnage, ça craint.

 

 

Tony Stark : Iron Man, de rouille et d’os

70 euros février 2021
(image : © Marvel comics)

Il n’y a rien à faire, Dan Slott, je n’y arrive plus. Et pourtant, l’auteur avait parfaitement commencé sa carrière avec des récits inventifs voire importants que j’ai adoré. Je parle de sa Miss Hulk et de Arkham Asylum : Living Hell où il avait montré une véritable maestria scénaristique. Depuis sa reprise en main de Spider-Man version « One More Day », il est tombé dans une facilité irritante, bien loin de ce qu’il avait pu faire avant. Beaucoup ne partagent pas cet avis, mais franchement, en dehors de la période Octopus, le reste est quand-même assez banal, avec une utilisation des personnages qui marchent et des concepts jusqu’à l’overdose, surtout pour un résultat assez moyen finalement. Le fait de lui proposer Iron Man pour relancer un personnage à la dérive, inhibé par son traitement dans les films qui interdit toute avancée, pouvait être une bonne idée. Même si c’est souvent bourrin et prétentieux, Dan Slott n’a jamais eu peur de secouer le cocotier. Et on peut reconnaître que les premiers épisodes, réalisée par Valerio Schitti, sont plutôt sympas, avec quelques idées intéressantes. Malheureusement, Dan Slott va rapidement s’enfermer dans ses tics d’écritures habituels, nous proposant un non-évènement raté et qui va conclure la série de manière catastrophique. C’est le Iron Man 2020 dont Ben Wawe vous avait parlé en mal. Certes l’évènement arrivera après ce volume, mais une grande partie de sa trame débute dans les pages de celui-ci. Du coup, cela n’a pas vraiment grand intérêt. On va donc faire des économies.

 

Nous avons bien réduit notre liste puisque nous en arrivons à 147,84 € dès le 1er tour.

 

Que vais-je enlever par la suite ? Il faut tourner la page pour le savoir ! 




A propos Doop 374 Articles
Doop lit des comics depuis une quarantaine d'années. Modérateur sur Buzzcomics depuis plus de 15 ans, il a écrit pour ce forum (avec la participation de Poulet, sa minette tigrée et capricieuse) un bon millier de critiques et une centaine d'articles très très longs qui peuvent aller de « Promethea » à « Heroes Reborn ». Il a développé une affection particulière pour les auteurs Vertigo des années 90, notamment Peter Milligan et Neil Gaiman.

Soyez le premier à commenter

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée.


*