4. Supergirl : « Escape from the Phantom Zone » (par Steve Orlando, Hope Larson, Inaki Miranda, Brian Ching)

Le run de Steve Orlando sur Supergirl regorge de bons moments, mais s’il ne fallait en retenir qu’un pour résumer l’énergie et le cœur de cette période, ce serait clairement « Escape from the Phantom Zone ». Tout démarre quand Kara Zor-El croise la route d’une femme mystérieuse possédant la clé de la Zone Fantôme, ce qui l’entraîne dans une aventure bien plus dangereuse que prévu, aux côtés d’une héroïne qu’elle n’a encore jamais rencontrée en comics (hors Elseworld) : Batgirl. Sur le papier, le concept est déjà vendeur, et dans les faits, il tient toutes ses promesses.
Pour celles et ceux qui ont grandi avec les dessins animés DC, ce duo a un parfum de retrouvailles longtemps espérées. Supergirl et Batgirl y avaient une alchimie devenue culte, et les voir enfin associées dans les comics modernes fait un bien fou. Leur dynamique fonctionne immédiatement, entre réparties bien senties, moments sincères et complémentarité évidente sur le terrain. Le récit mélange habilement danger cosmique et interactions très humaines, propulsant Kara et Barbara au cœur de la Zone Fantôme, l’un des lieux les plus emblématiques et inquiétants de l’univers DC. Résultat, un crossover aussi fun qu’efficace, qui célèbre l’héritage des deux héroïnes et donne furieusement envie de les voir partager beaucoup plus souvent l’affiche, tant leur duo semble naturel et évident.
3. Supergirl : « Being Super » (par Mariko Tamaki et Joëlle Jones)

Pour les lecteurs modernes qui veulent découvrir Supergirl sans se plonger dans cinquante ans de continuité DC, « Supergirl : Being Super » chez Urban Comics est une porte d’entrée idéale. Mariko Tamaki propose ici une origin story revisitée, ancrée dans le quotidien, tandis que Joëlle Jones lui donne une identité graphique forte et immédiatement reconnaissable. On y suit une Kara adolescente, encore loin des grandes sagas cosmiques, qui découvre ses pouvoirs en même temps qu’elle encaisse les petits et grands chaos de la vie : le lycée, les amitiés qui changent, le corps qui évolue, les émotions qui débordent (et oui, même l’acné devient un problème quand on est une future Supergirl).
Ce qui fait la force de « Being Super », c’est cette capacité à raconter Supergirl avant le mythe, avant la cape, en mettant l’accent sur l’humain derrière l’icône. Kara y est gentille, paumée, courageuse, parfois dépassée, toujours touchante, et le récit trouve un équilibre rare entre intimité et super-héroïsme. Sans pathos inutile ni grand discours, l’album rappelle pourquoi Kara Zor-El est un personnage si attachant, et pourquoi cette version, plus intime et plus contemporaine, est devenue une lecture essentielle pour comprendre Supergirl au-delà de ses exploits. (Retrouvez la suite de notre classement en page suivante)