Supergirl : 10 comics essentiels à lire avant sa version DCU

Temps de lecture estimée : 11 min.

2. Supergirl : « La Dernière Fille de Krypton » (par Michael Green, Mike Johnson et Mahmud Asrar)

« La Dernière Fille de Krypton » (un tome chez Urban Comics) marque le point de départ de l’ère New 52 pour Supergirl, une période qui a beaucoup fait parler (et pas toujours gentiment), mais dont l’impact sur la continuité moderne de DC est indéniable. Qu’on ait adoré ou vivement critiqué le New 52, difficile de nier que cette refonte a posé de nouvelles bases solides pour plusieurs héros, et la nouvelle origin story de Kara Zor-El fait clairement partie de ce qui a le mieux résisté au temps. Dès ces premiers épisodes, on sent la volonté de proposer une Supergirl plus émotionnelle, plus introspective, sans pour autant trahir l’élan d’espoir qui a toujours défini le personnage.

Sous la plume de Michael Green et Mike Johnson, et portée par les dessins énergiques de Mahmud Asrar, Kara est présentée comme une héroïne encore jeune, mais déjà profondément marquée par la perte de Krypton et par un monde qui lui est totalement étranger. Le récit explore son traumatisme, sa colère, sa détermination à avancer, tout en posant les fondations de nombreuses incarnations futures, jusqu’à des arcs récents comme « Woman of Tomorrow ». Avec son mélange d’action à haute intensité et de construction émotionnelle, « La Dernière Fille de Krypton » n’a pas seulement lancé une nouvelle version de Supergirl, il a façonné celle que les lecteurs reconnaissent encore aujourd’hui, et c’est sans doute pour ça qu’il reste une lecture clé, même des années après.

1. Supergirl : « Woman of Tomorrow » (par Tom King et Bilquis Evely)

Souvent cité comme le récit définitif sur Supergirl, « Woman of Tomorrow » n’usurpe clairement pas sa réputation. Tom King et Bilquis Evely livrent ici une relecture radicale et profondément marquante de Kara Zor-El, en allant là où beaucoup d’histoires n’osent pas s’attarder : le traumatisme brut. Le récit ne contourne jamais la destruction de Krypton, il s’y confronte de face, en rappelant que Kara n’est pas seulement une survivante, mais une témoin lucide de la fin de son monde. Cette douleur enfouie refait surface lorsqu’une jeune extraterrestre, marquée par une tragédie étrangement familière, demande l’aide de Supergirl pour traquer les responsables de la destruction de sa planète.

Le voyage qui s’engage dépouille Kara de toute naïveté résiduelle pour révéler une héroïne façonnée par la perte, la résilience et une force tranquille impressionnante. Ici, Supergirl n’est jamais définie par rapport à Superman, mais par ce qu’elle a vécu, enduré et choisi de devenir. Son optimisme n’est plus celui d’une jeunesse insouciante, mais une lumière durement gagnée, presque douloureuse, qui perce après l’effondrement d’une civilisation entière. « Woman of Tomorrow » redéfinit Kara comme une héroïne adulte, complexe et profondément humaine, et prouve que ses histoires peuvent toucher aussi fort, voire plus fort, que les plus grandes sagas de l’univers DC, au point d’imposer cette version comme une référence durable, presque indépassable pour le personnage.

Conclusion

Que l’on découvre Supergirl pour la première fois ou que l’on revienne vers ses périodes préférées, ses comics ont ce talent rare d’offrir un peu de tout : de l’action, de l’émotion, de l’humour, des blessures profondes, des victoires arrachées de haute lutte et, surtout, de l’espoir. Kara Zor-El n’est pas simplement « la cousine de Superman », elle est une héroïne façonnée par sa propre histoire, sa résilience, son empathie et un optimisme durement gagné, celui qui naît après les épreuves plutôt qu’avant, et c’est précisément pour ça que ses récits continuent de marquer les lecteurs, encore aujourd’hui.




A propos Stéphane 796 Articles
Stéphane Le Troëdec est spécialiste des comics, traducteur et conférencier. En 2015, il s'occupe de la rubrique BD du Salon Littéraire. Ses autres hobbys sont le cinéma fantastique et les jeux. Enfin, et c'est le plus important : son chiffre porte-bonheur est le cinq, sa couleur préférée le bleu, et il n’aime pas les chats.