8. Superman/Batman : Supergirl from Krypton (par Jeph Loeb et Michael Turner)

Supergirl a toujours eu ce talent un peu agaçant (pour les autres héros) de voler la vedette, même quand le titre ne parle pas d’elle, et « Superman/Batman : Supergirl from Krypton » en est la preuve parfaite. Sur le papier, l’arc met en scène Superman et Batman, mais très vite, c’est Kara Zor-El qui apporte le cœur, l’émotion et ce supplément d’âme qui fait décoller l’histoire. Mark Waid n’est pas aux commandes ici, mais Jeph Loeb sait exactement comment faire d’une arrivée un événement marquant, et celle de Supergirl coche toutes les cases.
L’arc est capital dans la mythologie DC puisqu’il signe le grand retour de Supergirl dans le canon, après sa mort dans « Crisis on Infinite Earths ». Le point de départ est simple et redoutablement efficace : un vaisseau kryptonien s’écrase à Gotham, Batman enquête, et découvre une adolescente terrifiée, surpuissante, qui émerge de l’épave. Direction la Forteresse de Solitude, où la vérité éclate : Kara Zor-El est la cousine de Kal-El, et Superman n’est donc plus le dernier survivant de Krypton. S’ensuit un récit d’apprentissage et de déracinement, où Kara tente de trouver sa place dans un monde déjà façonné par les super-héros, pendant qu’une menace bien connue observe dans l’ombre (Darkseid). Entre émotion sincère, action spectaculaire et planches iconiques signées Michael Turner, cette saga impose Supergirl comme un personnage majeur dès ses premières pages, et rappelle pourquoi elle est devenu l’un des atouts les plus forts de l’univers DC moderne. Et c’est à lire dans « Superman/Batman tome 2 » chez Urban Comics ou dans « Supergiel » dans la collection FNAC.
7. Supergirl : « Crucible » (par Kate Perkins, Mike Johnson et Emanuela Lupacchino)

« Crucible » marque la conclusion de l’ère New 52 de Supergirl, juste après son passage remarqué chez les Red Lanterns, et autant dire que la barre était placée haut. Cette période avait réussi à moderniser Kara Zor-El sans la dénaturer, il fallait donc une sortie à la hauteur. Direction la Crucible Academy, une sorte de centre d’entraînement interstellaire censé former les héros de demain. Pour Kara, c’est l’occasion rêvée de devenir enfin la Supergirl qu’elle cherche à être depuis le début, sauf que, fidèle à la tradition, rien ne se passe exactement comme prévu. Derrière les discours inspirants et les bonnes intentions, l’académie cache ses propres zones d’ombre, et Kara va devoir gérer à la fois sa progression personnelle et un conflit qui couve dangereusement.
L’arc prend aussi le temps de refermer plusieurs blessures émotionnelles, notamment à travers un moment fort où Supergirl et Superman apaisent enfin les tensions accumulées au fil des précédents récits. Sans faire de bruit, « Crucible » agit comme un passage de relais très malin vers l’ère Rebirth, dont il pose déjà les bases thématiques et émotionnelles. Porté par le dessin solide et expressif d’Emanuela Lupacchino, ce final fonctionne comme un vrai point d’orgue, à la fois satisfaisant et plein d’espoir, et reste une lecture incontournable pour ceux qui ont suivi Kara tout au long du New 52. (Retrouvez la suite de notre classement en page suivante)