Supergirl : 10 comics essentiels à lire avant sa version DCU

Temps de lecture estimée : 11 min.

6. The Hunt for Reactron (par Greg Rucka, Sterling Gates)

Faire partie de la Superman Family, c’est aussi accepter de partager pas mal d’ennemis avec son cousin, et Supergirl n’échappe pas à la règle. Du coup, les vilains vraiment liés à son parcours personnel sont assez rares. Reactron, lui, fait clairement exception. Dans « The Hunt for Reactron », son obsession pour Kara Zor-El atteint un niveau franchement inquiétant, au point de transformer l’histoire en chasse à l’homme à l’échelle mondiale. Supergirl, accompagnée de Flamebird et de Nightwing (pas Dick Grayson, précisons-le), se retrouve accusée du meurtre de Mon-El, et la machine judiciaire et médiatique s’emballe à une vitesse assez glaçante.

Convaincue que Reactron tire les ficelles, Kara mène sa propre enquête, persuadée que quelque chose cloche dans cette version officielle. Et elle a raison, puisque l’intrigue ne cesse de se complexifier, révélant une conspiration bien plus tordue que prévu, faite de manipulations et de coups tordus qui dépassent largement le simple désir de vengeance. Plus qu’un simple récit de fuite et de poursuite, « The Hunt for Reactron » s’impose comme une histoire tendue et émotionnelle, qui rappelle que Reactron n’est pas juste un ennemi de plus dans la galerie de Superman, mais un véritable antagoniste personnel de Supergirl, obsédé par elle jusqu’à l’autodestruction, et c’est ce qui rend cet arc aussi efficace.

5. Supergirl : « Red Daughter of Krypton » (par Tony Bedard et Yıldıray Çınar, avec Red Lanterns)

À l’époque du New 52, plusieurs arcs ont tenté de redéfinir Supergirl pour une nouvelle génération, mais peu ont frappé aussi fort que « Red Daughter of Krypton ». Ici, on attrape Kara Zor-El à un moment de rupture totale, épuisée émotionnellement après une succession d’épreuves violentes impliquant H’el, Cyborg Superman, Lobo et même un affrontement frontal avec Superman. Trop de colère, trop de solitude, trop de frustration, au point qu’un anneau rouge des Red Lanterns, attiré par une rage à vif, la choisit comme nouvelle porteuse. Le problème, c’est qu’un anneau rouge ne se retire pas gentiment (sauf à y laisser la vie), et Kara se retrouve coincée avec une puissance aussi dévastatrice qu’instable.

Forcée d’accepter cette nouvelle identité, Supergirl entame une mue radicale, bien loin de l’héroïne lumineuse et optimiste de ses incarnations classiques. Cette Kara-là est en colère, blessée, parfois terrifiante, mais surtout d’une honnêteté brutale sur ce qu’elle ressent. C’est précisément ce qui rend l’arc aussi passionnant, car il pousse le personnage dans une zone rarement explorée, chamboule ses relations et l’oblige à affronter des émotions qu’elle avait enfoui depuis bien trop longtemps. « Red Daughter of Krypton » n’est pas qu’un délire cosmique sous stéroïdes, c’est un vrai moment charnière qui montre pourquoi Supergirl peut encaisser des récits bien plus sombres sans jamais perdre sa force narrative, même si certain lecteurs ont été dérouté à l’époque. (Superman Saga Hors-série n°2 et 3 chez Urban Comics) (Retrouvez la suite de notre classement en page suivante)




A propos Stéphane 796 Articles
Stéphane Le Troëdec est spécialiste des comics, traducteur et conférencier. En 2015, il s'occupe de la rubrique BD du Salon Littéraire. Ses autres hobbys sont le cinéma fantastique et les jeux. Enfin, et c'est le plus important : son chiffre porte-bonheur est le cinq, sa couleur préférée le bleu, et il n’aime pas les chats.