SHAZAM ! Connaissez-vous ces 5 héros de la famille de Captain Marvel ?

 

Quand prononcer son nom peut devenir dangereux !

Le point faible de Captain Marvel Junior est de taille : en effet, rien que prononcer son propre nom est potentiellement dangereux ! En effet, il est impossible pour Captain Marvel Junior de le prononcer au risque de se transformer et de redevenir humain. Il ne peut donc pas se présenter au public ou aux méchants s’il ne veut pas se retrouver adolescent et handicapé pendant un combat ! Réciproquement, Freddie Freeman ne peut pas prononcer à haute voix le nom de son héros préféré devant ses amis au risque de se transformer en superhéros devant eux. Cette contrariété va être à l’origine de nombreuses situations cocasses tout au long de l’existence du personnage. Le nom du héros et le mot magique qu’il doit prononcer pour se transformer, à savoir « Captain Marvel » et non pas « SHAZAM », n’ont pas été choisis au hasard. C’est une décision éditoriale d’Ed Herron permettant selon lui de pouvoir faire de la publicité à Captain Marvel dans un autre magazine. Dans Master Comics, Freddie Freeman obtient ses propres aventures solo quelques mois plus tard. Les responsables de Fawcett pensent que si les lecteurs tombent sur les aventures de Captain Marvel Junior dans Master Comics et l’entendent prononcer le mot magique « Captain Marvel », ils pourraient avoir alors la curiosité d’acheter Whiz Comics.

 

 

Mac Raboy contre la ségrégation

Le style et le ton de la série Captain Marvel Junior, conformément aux ordres d’Ed Herron, sont très différents de ceux de son modèle initial. Les dessins sont en effet nettement plus « réalistes » et les histoires un peu plus ancrées dans le réel. Cet aspect prend tout son sens avec le sublime travail de l’illustrateur Mac Raboy qui signe une grande partie des aventures du héros. Son style, très proche de celui d’Alex Raymond, se démarque complètement de celui de C.C.Beck. C’est aussi le tout 1er dessinateur à introduire un personnage noir en arrière-plan lors d’une fête d’anniversaire de Freddie Freeman. Pour rappel, à cette époque, la ségrégation fait toujours rage. L’éditeur lui fait remarquer que la présence de ce personnage noir risque de poser des problèmes dans les états du sud. Et on lui demande de redessiner cette case. Mais le dessinateur Mac Raboy passe outre et le comics parait tel quel. Il ne déclenchera qu’une toute petite polémique. En 1944, Mac Raboy dessine les aventures du Green Lama puis quelques mois plus tard il reprend Flash Gordon, le strip de son artiste préféré Alex Raymond. Mac Raboy meurt en 1967 à l’âge de 53 ans. Captain Marvel Junior fait la couverture de tous les Master Comics. Son succès est tel qu’il obtient très rapidement son propre magazine nommé tout simplement Captain Marvel Jr. On le voit constamment apparaître dans la quasi-totalité des revues estampillées Fawcett.

 

 

Mary Marvel

On ne change pas un principe qui fonctionne et qui rapporte de l’argent. En décembre 1942, dans Captain Marvel Adventures 28, Billy Barton apprend qu’il a une sœur jumelle. Elle aussi se transforme en superhéoïne en prononçant le mot « SHAZAM ! ». C’est la 1re apparition de Mary Marvel. Son design correspond en tout point à celui de son frère à l’exception de la minijupe. Comme Captain Marvel Junior, elle reste elle aussi une adolescente lors de sa transformation. Pour l’occasion, Otto Binder propose un autre panthéon pour expliquer l’origine des pouvoirs de la jeune demoiselle. Mary Marvel se voit donc dotée de la grâce de Selene (déesse de la lune) ; de la force d’Hippolyta (la reine des amazones) ; de l’adresse d’Ariane ; du vol grâce à Zephyr (l’esprit du vent) ; de la beauté d’Aurora (déesse de l’aube) et de la sagesse de Minerve. Comme pour le Captain Marvel originel, on voit bien qu’il est plus important de trouver des noms de dieux qui correspondent à l’acrostiche, que d’avoir une certaine cohérence : tous les panthéons, tout du moins les grecs et romains, sont mélangés. Mary Marvel fait sa 1re apparition en solo dans Wow Comics 5, magazine dure 58 numéros de 1945 à 1948. En 1943 elle obtient son propre magazine (28 numéros au total). Sa revue débute avec des dessins signés la plupart du temps par Jack Binder. Avec Mary Marvel, le public visé est encore différent puisqu’il s’agit typiquement d’un comics « pour filles » avec des histoires très naïves et peu complexes. Il faut croire que, selon les éditeurs de l’époque, les lectrices ne peuvent pas appréhender autre chose que des histoires très simples… Bizarrement, les comics de Mary Marvel ne contiennent pas non plus d’histoire d’amour ou de romance. Fidèles au principe de non-sexualisation de ses héros, les responsables de Fawcett se privent donc de l’argument commercial qui permettrait d’attirer en masse le lectorat féminin un peu plus adolescent mais aussi du public masculin. Cela donne donc un titre plutôt bancal, mais bien dessiné, aux histoires assez communes. La popularité de Mary Marvel est anecdotique de nos jours. Mais dans les années 2000, Mary Marvel a quand même participé à Countdown et Final Crisis, de grands crossovers DC Comics. Captain Marvel Jr et elle peuvent aussi se targuer d’être à l’origine de la création de Superboy, mais aussi de Supergirl, ce qui peut sembler assez ironique lorsqu’on sait que c’est DC qui va attaquer Fawcett en justice pour plagiat !

La suite ? Tout de suite !




A propos Doop 337 Articles
Doop lit des comics depuis une quarantaine d'années. Modérateur sur Buzzcomics depuis plus de 15 ans, il a écrit pour ce forum (avec la participation de Poulet, sa minette tigrée et capricieuse) un bon millier de critiques et une centaine d'articles très très longs qui peuvent aller de « Promethea » à « Heroes Reborn ». Il a développé une affection particulière pour les auteurs Vertigo des années 90, notamment Peter Milligan et Neil Gaiman.