Kill or be killed, tome 3 : oserez-vous plonger dans l’esprit détraqué d’un apprenti tueur ? [avis]

(image © Image Comics)

Dans ce tome 3, le piège se referme sur le héros de Kill or be killed ! Car ses meurtres en série ont alerté la mafia new-yorkaise, bien décidée à mettre la main sur le justicier masqué qui assassine les siens. Ed Brubaker et Sean Phillips signent un avant-dernier tome haletant et réussi.
■ par Stéphane Le Troëdec

 

Dylan est un jeune garçon dérangé et persuadé d’avoir passé un pacte avec un démon. Il s’imagine que pour continuer à vivre, il doit assassiner une personne par mois. Depuis quelques temps, Dylan a donc pris pour habitude d’éliminer un criminel new-yorkais ! Sauf que ses meurtres ont attiré l’attention de la police, qui prend cette vague de meurtres très au sérieux. Jusqu’à présent, le jeune homme a réussi à passer entre les mailles du filet. Mieux : depuis qu’il prend ses médicaments, il n’est plus harcelé par le fameux démon. Il commence même à reprendre une vie normale. Hélas, au cours de sa croisade, il a tué un des parrains de la mafia russe. Et cette dernière est bien décidée à coincer le mystérieux justicier masqué…

 

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Le piège se referme sur le héros de Kill or be killed

Ce tome 3 de Kill or be killed donne l’impression que le monde se referme progressivement sur Dylan. Inexorablement, ses exploits du jeune garçon fortement perturbé ont fini par attirer l’attention de différentes organisations. Le tome 2 évoquait la police de New York et une brigade spéciale à ses trousses. Maintenant ce sont les criminels russes qui poursuivent Dylan. Car à en s’en prenant à la mafia russe, l’apprenti justicer menace de plus en plus son réseau de prostitution, soit un juteux business. Ed Brubaker, le scénariste de Kill or be killed, joue en permanence sur un double suspense. D’un côté, Dylan va-t-il s’en tirer à peu de frais ? De l’autre, la mafia russe va-t-elle réussir à mettre la main sur lui ? Le tome 3 de Kill or be killed ressemble beaucoup à un jeu du chat et de la souris. Mais où la souris ne serait pas sans ressources… Et n’hésiterait pas à défourailler son fusil à pompe !

 

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Ed Brubaker place le lecteur dans la tête du tueur

Difficile de ne pas se mettre à la place de Dylan, l’antihéros de Kill or be killed. Que ferions-nous à sa place ? Comment protègerions-nous nos proches ? Serions-nous capables de stopper les terribles évènements qui s’enchainent, implacablement ? Un sentiment renforcé par un choix audacieux. Ed Brubaler choisit de raconter l’intrigue de Kill or be killed à la 1re personne. Dylan est malade, dérangé, on l’a dit, et ce choix permet de renforcer ce sentiment. Dylan nous parle, il raconte son aventure, nous prend à partie, et commente ses actions. Parfois, son ton est grave et inquiétant, d’autre fois, presque innocent. Cela donne le sentiment d’être plongé au cœur de son esprit et d’être le témoin privilégié de ses plans. Un choix dont Ed Brubaker s’amuserait presque en osant des scènes quasi metatextuels, quand par exemple Dylan propose au lecteur de combler les trous de sa narration.

 

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Kill or be killed, une série qui refuse la facilité

Kill or be killed me fait souvent penser à Kickass de Mark Millar. Mais une version de Kickass qui se déroulerait dans un monde sans superhéros bien plus crédible et réaliste. Ne vous y trompez pas : j’aime beaucoup Kickass, mais je regrette que Mark Millar se soit laissé aller à quelques facilités, que son histoire ait trop rapidement viré à la gaudriole. Tout le contraire de Kill or be killed. Nous en sommes au tome 3 et Ed Brubaker maintient toujours sa ligne sérieuse. On ne rit jamais des « exploits » de Dylan, et l’univers mafieux que dépeint Brubaker semble terriblement réaliste. Pourtant, par moments, Kill or be killed ne rechigne pas à glisser par moment dans le fantastique. Il y a encore un pan de l’univers de Dylan, lié à son mystérieux passé, qui reste à explorer. Nul doute qu’Ed Brubaker saura exploiter au mieux cette dernière cartouche dans le 4e et dernier tome de Kill or be killed ! ■

Couverture de Kill or be killed tome 3 (image © Image Comics)
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A propos Stéphane Le Troëdec 166 Articles
Stéphane Le Troëdec est spécialiste des comics, traducteur et conférencier. En 2015, il s'occupe de la rubrique BD du Salon Littéraire. Puis en 2017, il rejoint l'équipe de Boojum, l'animal littéraire, dont il devient le responsable de la rubrique pop culture. Ses autres hobbys sont le cinéma fantastique et les jeux. Enfin, et c'est le plus important : son chiffre porte-bonheur est le cinq, sa couleur préférée le bleu, et il n’aime pas les chats.