Jupiter’s Legacy : Quand la série Netflix aseptise le comics de Mark Millar !

jupiter's legacy netflix
(image © Netflix, Millarworld)

Jupiter’s Legacy est la 1re série issue du Millarverse à être diffusée sur la plateforme Netflix. Connaissant la qualité plutôt faible des productions originales de la chaîne, on pouvait se demander si l’adaptation allait être fidèle au comics. Sans surprise, il n’en est rien. Jupiter’s Legacy reste une série bien fade, plutôt longue mais quand même regardable, si on ne la compare pas au comics !
■ par Doop

 

Jupiter's legacy
Tu le sens mon fond vert ? (Image : NETFLIX © 2021)

 

Une intrigue à 2 temps

Nous voici en 1930, juste après la crise financière. Sheldon Sampson, son frère, plusieurs de ses amis et une journaliste partent à la recherche d’une île mystérieuse, qui apparaît dans les rêves de celui-ci depuis la mort de son père. 90 ans plus tard, Sheldon est devenu Utopian, le plus grand héros de la planète, respecté de tous et fondateur de l’Union, un groupe de méta humains comprenant tous ses partenaires de l’île, mais aussi leurs enfants et d’autres superhéros. Mais voilà, Sheldon a un code moral : celui de ne jamais tuer et de toujours chercher la solution la moins violente aux problèmes. Ce qui ne colle plus vraiment avec la position des jeunes de son groupe, qui voudraient avoir un rôle plus proactif et important. Ces derniers reprochent à notre héros de ne pas utiliser la manière forte lorsque le besoin s’en fait sentir alors que les menaces sont de plus en plus terribles et les méchants de plus en plus cruels. Mais cela ne dérange pas Utopian, qui avec l’aide de sa femme Lady Liberty tient les rênes de l’Union de par sa légitimité. Sauf que lorsque ce sont les propres enfants de Sheldon qui remettent en question son code de conduite, cela va créer des remous. C’est toute cette réflexion autour de l’utilisation des pouvoirs qui va être au centre de cette intrigue située dans le présent. La série nous propose aussi de vivre en parallèle et en flashbacks toutes les étapes qui ont amené Sheldon et ses amis à découvrir l’île.

 

Jupiter's legacy
Quand t’es dans le désert !!! (Image : NETFLIX © 2021)

 

Plus proche de Kingdom Come que de Jupiter’s Legacy

À ma grande surprise, Jupiter’s Legacy n’adapte que très superficiellement la trame issue de la 1ère mini-série du comics. Si certaines scènes (souvent mineures) sont tournées à l’identique, tout le reste est quasiment inventé. La découverte de l’île prend en tout et pour tout 5 ou 6 pages dans le comics, ici c’est une intrigue au long cours qui s’étale sur quasiment la moitié des 8 épisodes de la 1ère saison. De plus, le comics bifurque très rapidement en nous montrant la chute d’Utopian et de son code en à peine 2 ou 3 épisodes. Ce qui n’est pas du tout le cas ici. Ce qu’ont voulu faire les scénaristes de Jupiter’s Legacy, la série télé, c’est une intrigue centrée avant tout sur les codes moraux des superhéros et leur pertinence dans un monde de plus en plus violent. Alors que Mark Millar et Frank Quitely refaisaient en quelques sorte The Authority dans leur comics, ici on a plus droit à une version light de Kingdom Come lorsqu’on y réfléchit bien. Blackstar jouant le rôle de Magog, Utopian celui de Superman et Lady Liberty celui de Wonder Woman. Et c’est quand-même assez perturbant lorsqu’on connaît un peu la bande dessinée. Le ton est de plus très aseptisé.

 

Jupiter's Legacy
Non, moi je crois qu’il faut qu’vous arrêtiez d’essayer de dire des trucs. (Image : NETFLIX © 2021)

 

De gros changements

Vous citer tous les clichés de la série et les arrangements bienveillants par rapport aux comics pourrait prendre des pages et des pages. On retiendra d’abord la mise en avant de Lady Liberty, totalement absente dans le comics d’origine et qui prend le pas sur sa fille Chloé, réduite simplement à l’état d’ado rebelle. Mais le pire c’est surtout le total changement de personnalité de Brandon, le fils de Utopian. Car il faut quand-même que les ados de 15 ans se trouvent un parangon (!!) de bogossitude ! Exit donc le fils indigne, se droguant, buvant et faisant n’importe quoi, justifiant sa nullité et son manque de volonté par les actes les plus violents. À la place, on a droit à un bel éphèbe à la mèche virevoltante et au regard de puppy abandonné. Et qui est très énervé parce que papa ne lui laisse pas faire ce qu’il veut. Pas de destroy, ce Paragon est bien évidemment  tout sage et bien propret sur lui ! La fin de la série prend même une direction totalement opposée à celle des comics. Un seul personnage reste à peu près fidèle : Brainwave, le frère de Sheldon, qui est à mon sens le point fort de la série.

 

Jupiter's Legacy
J’suis bô … et triste … et torturé (Image : NETFLIX © 2020)

 

Des acteurs à la ramasse

Bon, je sais que c’est toujours facile de critiquer des acteurs, mais nous avons quand-même un bel exemple de jeu assez aléatoire dans cette série, digne des pires soaps opéra des après-midis de TF1. Dans le rôle d’Utopian, c’est Josh Duhamel, que je ne connais pas, qui livre une prestation assez morne. En effet, Utopian est à la base une caricature de Superman, et si l’on joue une caricature, généralement on y va à fond. Ce qui n’est pas le cas ici. L’acteur nous propose une version très neutre, ce qui crée un véritable déséquilibre dans la manière dont le personnage est représenté. Peut-être est-ce dû à la direction d’acteurs, je ne sais pas. Dans le même registre, Leslie Bibb (La légende de Ricky Bobby roi du circuit), qui joue Lady Liberty n’est pas plus crédible. Mais ce n’est pas le pire : la prestation des acteurs plus jeunes est catastrophique. Il faut dire qu’ils ne sont pas gâtés non plus par leurs personnages et surtout la manière dont ils sont écrits. Mention spéciale à Andrew Horton, alias Paragon, qui en rajoute des tonnes dans le côté je suis triste et fragile ou à Elena Kampouris, bien trop proprette sur elle pour nous présenter de manière crédible une héroïne trash et destroy. J’adore le principe de ces héroïnes soi-disant trash qui sautent sur le 1er super héros venu pour le mettre dans leur lit et qui restent habillées durant leurs scènes d’amour ! Encore une fois, je ne sais pas si c’est la prestation des acteurs qui est à remettre en cause ou plutôt la manière dont cela a été écrit ! Le pire : Hutch, le petit ami de Chloé. Si vous comparez avec le comics, c’est tout simplement une catastrophe ! Le personnage un peu sombre et ambigu, sorte de Pete Wisdom version Mark Millar se transforme presque en relief comique de la série, avec sa crète abominable ! Pire : il apparaît subitement dans le 3e épisode sans qu’on le présente concrètement ! On va quand-même sauver les prestations de Ben Daniels (Brainwave, et pas Ben Wawe) et de Matt Lanter (Skyfox) qui ont la chance d’avoir des personnages qui sortent un peu du lot. Le reste des personnages n’est tellement pas assez développé que je ne m’en souviens même plus ! Juste un petit coucou à l’acteur en chaise roulante qui lance des rayons lumineux dans le cerveau des gens et dont je n’ai même plus le nom, certainement Casper le fantôme.

 

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(image © Warner Bros Pict.)




A propos Doop 371 Articles
Doop lit des comics depuis une quarantaine d'années. Modérateur sur Buzzcomics depuis plus de 15 ans, il a écrit pour ce forum (avec la participation de Poulet, sa minette tigrée et capricieuse) un bon millier de critiques et une centaine d'articles très très longs qui peuvent aller de « Promethea » à « Heroes Reborn ». Il a développé une affection particulière pour les auteurs Vertigo des années 90, notamment Peter Milligan et Neil Gaiman.

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