« Outbuster veut proposer un cinéma qui gratte ! » [interview]

Marre des blockbusters et des films aseptisés ? Chaque semaine, la plateforme de VOD Outbuster propose aux cinéphiles des films inédits provenant des 4 coins du Globe. Alors on a eu envie d’aller questionner le créateur d’Outbuster, Étienne Metras. Interview.
■ Propos recueillis par Stéphane Le Troëdec

 

Envie de découvrir des films de genre ou des films étrangers différents, barrés, inédits, surprenants ? Envie d’un cinéma qui sort des sentiers battus ? Ruez-vous sur Outbuster. Après avoir chroniqué des films cinglés comme Matar A Dios ou Road of the Dead, on a eu la curiosité d’aller rencontrer Étienne Metras, le fondateur d’Outbuster pour en savoir plus. Magnéto.

 

 

Pouvez-vous nous expliquer ce qu’est Outbuster ?

Outbuster est une plateforme de vidéo à la demande par abonnement dédiée au cinéma, et plus particulièrement aux films « invisibles » alors que recommandés par le bouche-à-oreille. Nous privilégions donc dans nos sélections les films qu’on ne voit pas, ou rarement, sur les réseaux traditionnels de diffusion (salles, vidéo, TV) : les films étrangers, les films de genre, les films indés etc… Que des films dont les communautés cinéphiles parlent sur les réseaux sociaux mais qu’on n’arrive pas, ou difficilement, à trouver. Aujourd’hui, il suffit d’un passage en festival ou de n’importe quelle sortie sur un autre territoire pour qu’un film suscite déjà des échanges, et donc de l’envie, sur les réseaux.

 

Griff the invisible, disponible sur Outbuster

 

Comment est né Outbuster ? D’où vient cette idée ?

Outbuster est né du paradoxe entre la diversité du cinéma produit dans le monde et une diffusion pourtant extrêmement homogène dans nos cinémas et en TV. Aujourd’hui, si vous n’habitez pas Paris, les seuls films auxquels vous avez accès sont des blockbusters américains ou des comédies françaises (sur une année, plus de 90 % des écrans des salles de cinoche sont « réservés » à de l’US ou du français). Où sont les les films japonais, scandinaves, brésiliens, africains ??? Où sont les films de genres, indés, de jeunes réals ??? Aujourd’hui tous ces films ne sont accessibles qu’en festivals, donc ponctuellement et de manière très localisée. Il fallait une autre passerelle entre ces films et les cinéphiles curieux, d’autant plus que ceux-ci n’hésitent plus à manifester leur frustration sur les réseaux sociaux. C’est cette passerelle, pérenne et accessible à tous moments, que veut être Outbuster.

 

Road of the Dead, chroniqué par JB sur TopComics et disponible sur Outbuster

 

Comment vous êtes-vous retrouvé dans cette aventure ? Et surtout quelles difficultés avez-vous rencontrées pour créer Outbuster ?

Maintenant que j’ai donné les raisons officielles, je peux vous donner la vraie justification du projet : les soirées « pépites » que j’organisais chez moi pour faire découvrir à mes ami(e)s des films qu’ils ne pouvaient pas avoir vus. Leur réaction principale était : « comment est-ce possible qu’un film comme ça ne soit pas plus connu ? ». Il aurait été dommage que seul(e)s mes ami(e)s en profitent… Quant à la difficulté principale dans la création d’Outbuster, ça a clairement été la négociation des droits de diffusion des œuvres. Il a fallu convaincre les ayants-droits de me les céder à des tarifs défiants leur entendement.

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A propos Stéphane Le Troëdec 249 Articles
Stéphane Le Troëdec est spécialiste des comics, traducteur et conférencier. En 2015, il s'occupe de la rubrique BD du Salon Littéraire. Puis en 2017, il rejoint l'équipe de Boojum, l'animal littéraire, dont il devient le responsable de la rubrique pop culture. Ses autres hobbys sont le cinéma fantastique et les jeux. Enfin, et c'est le plus important : son chiffre porte-bonheur est le cinq, sa couleur préférée le bleu, et il n’aime pas les chats.