Hachette la collection Deadpool n°3 : Le Bon, la brute et le truand, meilleur comics Deadpool ever ? [avis]

(image © Marvel Comics)

Le 3e numéro de la collection Deadpool est sans doute la meilleure aventure du Mercenaire Disert jamais publiée. Tour à tour loufoque et grave, Gerry Duggan et Brian Posehn nous transportent dans un récit qui fait autant la part belle à l’humour qu’à l’émotion. Sortez les mouchoirs, vous pourriez en avoir besoin.
■ par Stéphane Le Troëdec

 

(image © Marvel Comics)

 

Si on m’avait dit qu’un jour j’aurais la larme à l’œil devant un comics Deadpool, je n’y aurais pas cru. Et pourtant, il faut bien admettre que ce n°3 de la collection Deadpool publié chez Hachette m’a cueilli pour ne plus me lâcher. Difficile de s’arrêter de lire Le Bon, la brute et le truand avant sa conclusion : Gerry Duggan et Brian Posehn nous emportent dans un ascenseur émotionnel étonnant qu’on ne voit pas arriver.

 

(image © Marvel Comics)

 

New York, 1977

Pourtant Le Bon, la brute et le truand commence comme une bonne blague. Les scénaristes imaginent une aventure rétroactive de Deadpool. Flashback au milieu des années 70, quand Iron Fist et Power Man étaient des Héros à Louer. L’intrigue emprunte à la Fureur du Dragon : la mafia locale, dirigée par le mystérieux Homme blanc, rackette une commerçante tout juste veuve. Évidemment, Danny Rand et Luke Cage s’interposent pour les sauver, aidés, bien malgré eux, par un Deadpool déchainé. Cette aventure est une petite merveille de kitsch, de dérision et de parodie. Mais Gerry Duggan et Brian Posehn y glisse discrètement les germes des épisodes suivants.

 

(image © Marvel Comics)

 

Arme X

Retour dans le présent. Après avoir été attaqué par de mystérieux hommes de main, Deadpool ne tarde pas à lever le voile sur son passé mystérieux. Le Bon, la Brute et le truand nous apprend vite qu’en réalité, l’Arme X n’a pas tout à fait arrêté d’expérimenter sur l’antihéros. Pire : on l’enlève régulièrement depuis des années pour lui prélever son ADN afin de mener de nouvelles expériences pour créer des surhommes parfaits. Mine de rien, il s’agit d’une révélation intéressante. Deadpool est généralement un personnage globalement « élastique ». On peut le malaxer dans tous les sens, il finit par revenir à son état initial. Cet essai pour lui donner du fond tombe à point nommée. Les scénaristes changent lentement l’atmosphère de l’histoire, l’ambiance se faisant plus sérieuse. Le Bon, la Brute et le truand glisse vers quelque chose qu’on n’a pas vu venir : révéler un morceau du passé de Deadpool pour souligner toute la tragédie du personnage. Derrière le clown, le drame.

 

(image © Marvel Comics)

 

Captain America et Wolverine en alliés inattendus

Après Cable dans le n°2 de la Collection Deadpool, c’est au tour de Captain America et de Wolverine d’entrer dans la danse. Le Bon, la brute et le truand revisite les origines de Deadpool et notamment les expériences pour créer des super-soldats mutants. Dans ce but, le choix de Steve Rogers et Logan est logique en fin de compte. Gerry Duggan fait ici coup double. Premièrement, il rappelle que Deadpool évolue dans l’univers des superhéros Marvel malgré son statut d’électron libre. Deuxièmement, les scénaristes insistent sur un autre élément intéressant : Deadpool est souvent considéré comme un « indésirable ». Cet aspect persona non grata est flagrant dans le flashback des années 70 et lors de sa rencontre avec Logan et Steve Rogers. À cause de son tempérament incontrôlable (Deadpool est présenté comme un schizophrène), les superhéros traditionnels Marvel ne veulent pas faire équipe avec Deadpool. Depuis la parution Le Bon, la brute et le truand, les choses ont bien changé. Ces dernières années, on le retrouve dans les Avengers. Nul doute que la collection Deadpool reviendra sur ce changement de statut.

 

(image © Marvel Comics)

 

La collection Deadool, idéale pour les nouveaux lecteurs

En 3 numéros, la collection Deadpool fait admirablement le tour des principales facettes du superhéros. Elle atteint son objectif : c’est le point d’entrée idéal pour le néophyte qui voudrait découvrir le personnage. Tour à tour, les 3 albums soulignent à la fois la loufoquerie du personnage, son humour, a contrario son drame et sa gravité, et surtout ses liens complexes avec les autres personnages Marvel. Le tout dans une édition de qualité avec du contenu rédactionnel réussi. Reste à voir le sommaire des prochains numéros, mais pour le moment c’est une réussite totale. La collection Deadpool est à surveiller de près. ■

(image © Marvel Comics, Hachette)




A propos Stéphane Le Troëdec 270 Articles
Stéphane Le Troëdec est spécialiste des comics, traducteur et conférencier. En 2015, il s'occupe de la rubrique BD du Salon Littéraire. Puis en 2017, il rejoint l'équipe de Boojum, l'animal littéraire, dont il devient le responsable de la rubrique pop culture. Ses autres hobbys sont le cinéma fantastique et les jeux. Enfin, et c'est le plus important : son chiffre porte-bonheur est le cinq, sa couleur préférée le bleu, et il n’aime pas les chats.