4. Absolute Superman peine à se démarquer de l’Homme d’Acier originel

Absolute Superman s’ouvre de manière spectaculaire. Le scénariste Jason Aaron et le dessinateur Rafa Sandoval lancent la série avec une vraie promesse. Leur Superman n’est plus un symbole installé, mais un étranger sur Terre. Kal-El parcourt le monde, épaulant des travailleurs opprimés et encourageant leur révolte face aux puissants. Dès le départ, le ton surprend, car cette approche tranche nettement avec l’Homme d’Acier classique.
Malheureusement, rapidement, la série montre des signes d’irrégularité. Les chapitres consacrés à la jeunesse de Kal-El sur Krypton restent les plus marquants. Ce sont clairement les passages le plus intéressants et les plus singuliers. Ce segment devait forcément s’achever, mais il apportait une vraie identité au titre. Une fois Superman installé sur Terre, en revanche, le récit devient plus convenu. Le dessin de Rafa Sandoval demeure solide, et Jason Aaron soigne toujours ses dialogues. Pourtant, l’ensemble commence à ressembler à une histoire classique, simplement repeinte aux couleurs de l’univers Absolute.
Le choix des antagonistes et des seconds rôles n’aide pas non plus. Ra’s al Ghul peine à convaincre comme ennemi de Superman. Les personnages secondaires comme Lois Lane, Jimmy Olsen ou Lana Lang manquent de relief. Absolute Superman avait pourtant très bien démarré, et il pourrait retrouver une direction plus affirmée.
3. Absolute Martian Manhunter redéfinit les règles du jeu

Absolute Martian Manhunter doit affronter une concurrence féroce. Quand des titres comme Absolute Batman ou Absolute Wonder Woman dominent déjà le terrain, il faut frapper très fort pour s’imposer. C’est exactement ce que font le scénariste Deniz Camp et le dessinateur Javier Rodríguez. Leur série propose une plongée cérébrale et visuellement renversante dans l’inconscient collectif. Chaque page interroge autant qu’elle fascine, et le résultat s’avère très intéressant.
Absolute Martian Manhunter repousse les limites du récit super-héroïque à chaque épisode. Le titre ose des choix radicaux, à l’image d’Absolute Green Lantern, en s’éloignant franchement de la continuité principale. Ce pari fonctionne pleinement. À l’origine, la série devait s’arrêter après six numéros. Cependant, l’enthousiasme des lecteurs et les ventes élevées ont prolongé l’aventure jusqu’à douze épisodes. Ce succès n’a rien d’un accident.
La série s’impose déjà comme l’un des meilleurs comics du moment, alors que seuls sept numéros sont disponibles. Le récit se montre intime, troublant et politiquement chargé. Il explore la vie de John Jones, sa famille, son travail et sa relation avec un étrange compagnon extraterrestre. Ainsi, Absolute Martian Manhunter devient une lecture incontournable pour qui aime les comics alambiqués, bizarre et audacieux.