Brillante étoile, que n’ai-je ta constance ? [Rising Stars 1 à 3, la review]

Rising Stars

 

Une histoire à grande échelle qui conserve son côté intimiste

Force est de reconnaître que J.M. Straczynski est véritablement doué pour les histoires assez intimistes et personnelles. Si certains de ses personnages de Rising Stars sont parfois clichés, il arrive toutefois à leur donner une voix propre, à travers des moments intimes et des petits instants de vie. Sur ce point, c’est une réussite totale. De plus, les 3 tomes découpent l’intrigue en 3 véritables phases distinctes de l’histoire, qui font toutes sens et qui suivent une logique assez propre. Lors de ces trois arches narratives, l’auteur développe des thèmes déjà souvent abordés dans d’autres séries. Le 1er tome peut faire penser à une sorte de sous Watchmen tandis que la suite est clairement inspirée du Squadron Supreme de Mark Gruenwald (pas étonnant que Stracynski reprenne plus tard cette série). Même si on est très loin de la qualité du chef d’œuvre d’Alan Moore, il faut reconnaître que Rising Stars très bien écrit et très bien scénarisé, que ce soit dans la gestion des personnages ou des groupes. Il y a des très bonnes petites idées dans Rising Stars qui permettent de donner du corps au récit tout en impliquant émotionnellement le lecteur. C’est d’ailleurs la marque de fabrique de l’auteur, qui refera la même chose lors de son célèbre passage sur Spider-Man (s’occuper du côté humain des personnages avant de traiter le super-héros). Si la fin de Rising Stars est un peu trop gentillette à mon goût, les 24 épisodes s’enchaînent particulièrement bien et c’est une lecture très agréable et bien meilleure que dans mes souvenirs.

 

Rising Stars

 

Des dessins pour moitié catastrophiques, mais qui s’améliorent

En revanche, au niveau des dessins, on est loin d’être gâté dans Rising Stars . Durant les treize premiers épisodes, nous avons droit à une succession de dessinateurs médiocres (Keu Cha, Ken Lashley, Christian Zanier en tête) qui sont à peu près tous de mauvais clones de Marc Silvestri. Si on est encore loin du pire des années 90 (on fait au passage un petit coucou à Dan Fraga, Chap Yeap ou MC Wyman), cela reste vraiment très moche avec des poses improbables et surtout une profusion de visages déformés et peu reconnaissables. Et pourtant, on se surprend à respirer voire à se régaler visuellement lorsque Stuart Immonen puis Brent Anderson, deux très grands dessinateurs, prennent en main les commandes artistiques au milieu de Rising Stars. C’est d’ailleurs ce dernier qui signe les dix derniers épisodes de la série. Pour le coup, c’est un réel changement de braquet et de niveau. La série devient alors vraiment très bonne.

 

En conclusion, Rising Stars et une bonne série, qui a été surtout handicapée par ses retards et ses changements de dessinateurs (souvent médiocres), mais qui livre une histoire cohérente et réfléchie. Si à la relecture ce n’est pas l’histoire du siècle et si la plupart des thèmes abordés dans la série ont déjà été traités ailleurs, on passe toutefois un bon moment. ■

 

Rising Stars tome 1

Rising Stars tome 2

Rising Stars 3

Rising Stars est un comics en 3 tomes écrit par J.M. Straczynski et dessinée par une brouette de dessinateurs pas toujours terribles et c’est bien dommage. Ces albums sont publiés en France par Delcourt (et vous devriez vous dépêcher, parce qu’il n’en reste plus beaucoup). Les épisodes originaux sont parus aux USA chez Image Comics.

 




A propos Doop 244 Articles
Doop lit des comics depuis une quarantaine d'années. Modérateur sur Buzzcomics depuis plus de 15 ans, il a écrit pour ce forum (avec la participation de Poulet, sa minette tigrée et capricieuse) un bon millier de critiques et une centaine d'articles très très longs qui peuvent aller de « Promethea » à « Heroes Reborn ». Il a développé une affection particulière pour les auteurs Vertigo des années 90, notamment Peter Milligan et Neil Gaiman.