Aliens : Perdition, terreur pure [critique]

(image © Dark Horse)

Dans l’espace personne ne vous entend crier. Cette petite phrase représente bien tout le côté horrifique de la saga Alien. Le one-shot Aliens : Perdition de James Stokoe respecte en tout point cette phrase et nous offre un moment d’horreur d’une rare beauté graphique !
■ par Paper Man (du Podcast des Crinqués)

 

Dans l’espace, un homme réveillé par l’alarme d’un signal de détresse. L’horreur commence… (image © Dark Horse)

 

Aliens : Perdition commence avec cette image de la station Sphacteria de la compagnie Weyland-Yutani qui se désintègre tranquillement dans le vide sidéral. Un homme solitaire scrute l’espace. Son regard se détourne vers un écran de contrôle qui n’annonce rien de bon. Un compte à rebours retentit dans la carcasse de la station. L’homme enfile un scaphandre et sort dans le vide. Introduction qui frappe. Aucun dialogue, aucune explication. Le vide, l’incompréhension et le questionnement arrivent. Que s’est-il passé ?

 

Combinaison, intérieurs, cuve cryogénique : des visuels inspirés du film de Ridley Scott (image © Dark Horse)

 

Un vaisseau abandonné dans l’espace

Les explications nous les avons assez rapidement ! Un flashback nous explique que la station a repéré un vaisseau spatial non identifié en orbite autour d’une planète gazeuse. Le vaisseau en question ne répond à aucun des appels lancés par le capitaine. Après une vérification, les scans détectent de la chaleur et des cryo-générateurs, ce qui confirme la présence de personnes à l’intérieur du vaisseau, le capitaine prend donc la décision d’aller explorer le vaisseau. Et là, tout part en vrille! Une histoire classique que James Stokoe nous donne avec Aliens : Perdition. Histoire qui revient aux sources mêmes de la franchise Alien.

 

La tension gagne progressivement tous les membres de l’équipe (image © Dark Horse)

 

Un hommage à l’Alien d’origine

En fait, c’est pratiquement une relecture d’Alien, le 1er film de la saga signé Ridley Scott que l’auteur nous donne avec Aliens : Perdition. Un hommage grandiose réalisé de main de maître. Cette ambiance suffocante, empreinte de paranoïa et claustrophobique que le film nous proposait, se retrouve partout dans cette BD. Chaque planche, chaque case, chaque dessin transpirent cette ambiance. J’ai renoué pour la 1re fois avec cette horreur qui m’avait fait tant frissonner à l’époque. Ce sentiment d’impuissance devant cette menace. Cette pression constante qui monte de page en page et qui augmente notre rythme cardiaque. Ces Aliens qui reprennent leur place de créatures énigmatiques, mystiques, presque sensuels dans leur physique et leur mouvement. La terreur de l’appréhension de les voir surgir dans chaque case où les personnages tournent un coin dans un tunnel sombre est absolument intenable. Tout dans Aliens : Perdition me plait.

 

James Stokoe capte parfaitement tout la beauté graphique de l’Alien (image © Dark Horse)

 

Une quasi perfection graphique

Graphiquement, c’est génial. Le dessin de James Stokoe parle de lui-même. Les décors de vaisseaux sont somptueux. L’horreur vécu par chaque personnage nous glace le sang par le réalisme que l’auteur donne à ses dessins. J’ai ressenti chaque émotion des personnages. Les Aliens sont d’une redoutable beauté. James Stokoe redonne à ces créatures la noblesse de l’art de H.R. Giger, leur créateur. Le découpage est parfaitement réussi. Lent quand il le faut. Rapide et dynamique pour faire monter la pression. Stokoe joue avec les cases de façon brillante. Bien appuyé par une colorisation qui utilise des couleurs sombres et glaciales, Aliens : Perdition est une grande réussite graphique.

 

Au 1er comme 2nd plan, es dessins fourmillent de détails (image © Dark Horse)

 

Un retour aux sources efficace

James Stokoe m’a offert avec Aliens : Perdition un moment de bonheur parfait. Un retour aux sources de la terreur originale qui a marqué à jamais le monde de la culture populaire. Un dessin qui transpire l’horreur. Une histoire classique qui rend hommage à celle de Ridley Scott et Dan O’Bannon. En fait, pour moi, c’est le meilleur Alien tous médias confondus après le film de 1979. Du grand art ! ■

Couverture d’Aliens Perdition (image © Wetta Comics)