2. L’affrontement titanesque entre Batman et Bane

Tout au long de l’arc « Abomination », Bane frôle à plusieurs reprises le point de rupture. Physiquement, mais aussi mentalement. Il pousse Batman dans ses derniers retranchements, avec une violence rarement atteinte. Lorsqu’il accepte enfin un affrontement direct, en arène, dans Absolute Batman #14, l’issue ne peut être que radicale. Le colosse mérite clairement ce qui l’attend.
Impossible de tout détailler tant ce duel accumule les idées folles. Bruce écrase son adversaire sous un immeuble entier dans une manœuvre baptisée « Welcome to Gotham ». Ensuite, Bane s’injecte son venin en surdose et devient gigantesque, au point de forcer l’entrée en scène de Killer Croc. Le combat s’achève dans une déflagration totale. Bane s’effondre. La victoire se construit grâce à un travail d’équipe exemplaire, avec l’aide de Catwoman, Alfred Pennyworth et des Red Hood. Ce moment précis démontre mieux que tous les autres qu’Absolute Batman n’a, en réalité, aucune limite.
1. La chute inévitable des amis de Bruce

On se doutait que les amis d’enfance de Bruce étaient promis à un sort funeste. Leurs noms suffisaient à vendre la mèche. Pourtant, la brutalité et la rapidité de cette descente aux enfers surprennent. Harvey Dent hérite bien de son visage brisé, mais d’une manière encore plus sombre que d’habitude, à cause de Bane. Oswald « Ozzie »Cobblepot finit littéralement broyé, réduit à une silhouette tordue qui évoque davantage un film d’horreur qu’un comics de super-héros classique. Quant à Edward Nygma, ses propres talents se retournent contre lui dans une séquence profondément dérangeante. Le body horror atteint ici un niveau qui pourra en choquer certains. Cependant, après ce que Bruce et Waylon Jones ont déjà enduré ces derniers numéros, rien n’a vraiment d’illogique.
Ce numéro 12 s’impose sans doute comme le plus sombre de Absolute Batman jusqu’à présent. Dans ce contexte, l’apparition finale de Selina agit comme une respiration bienvenue. Scott Snyder a déjà exploré des territoires très noirs par le passé. Pourtant, jamais il ne s’était autorisé une telle liberté. Ici, il pousse ses obsessions jusqu’au bout, sans filet. Et c’est précisément ce lâcher-prise total qui rend la fin de l’arc « Abomination » vaussi glaçante que fascinante.
Conclusion
Au fil de ses numéros, Absolute Batman ne se contente jamais de revisiter Batman. La série démonte le mythe, le reconstruit, puis le pousse dans ses derniers retranchements. Alliances improbables, body horror assumé, violence frontale et idées démesurées composent un ensemble cohérent, mais surtout audacieux. Scott Snyder et Nick Dragotta prouvent ici qu’il reste encore beaucoup de choses à dire sur le Chevalier Noir. Et, surtout, que Batman peut encore surprendre, choquer et captiver, même après plus de huit décennies d’existence.