Heroes in Crisis 2 : le mystère s’épaissit autour de la mort des héros DC Comics [critique]

(image © DC Comics)

Heroes in Crisis est la nouvelle mini-série censée tout révolutionner dans l’univers DC Comics. Le 1er numéro totalement introductif étonnait par la quantité de héros passant l’arme à gauche. Ce 2e opus est très réussi et commence à donner un fil directeur à la série ainsi que quelques indices, sans toutefois trop en dévoiler.
■par Doop

 

Sanctuary (le sanctuaire) est un endroit reculé dans lequel certains super-héros vont pour se reposer, respirer un peu, faire le point avec leurs sentiments lorsqu’ils viennent d’accomplir une mission des plus éprouvantes. C’est en gros une cellule psychologique pour métahumains. Un endroit tenu secret et créé par Wonder Woman, Batman et Superman. D’un seul coup, Sanctuary devient le lieu d’une terrible tragédie lorsque tous les héros qui s’y trouvent (et pas des moindres) sont massacrés. Deux des suspects s’affrontent dans un combat à mort : Harley Quinn et Booster Gold. Problème : ils s’accusent l’un l’autre d’être responsable du massacre de Heroes in Crisis !

 

(image © DC Comics)

 

Ils ne peuvent pas faire mourir autant de héros, non ?

À la lecture de ce 2e épisode de Heroes in Crisis, la question qui me taraude le plus reste toujours la même : tous les héros massacrés au Sanctuary sont-ils réellement morts ? Nous n’avons toujours pas de réponse, voire même une confirmation via une autopsie de l’un des « braves » tombés au combat. Le problème, c’est que le style de Tom King, toujours avec de la distance et de la réflexion, ne met pas l’accent sur la tragédie mais sur l’analyse. De fait, on a quand-même tendance à se dire que c’est du flan, qu’ils ne sont pas morts et qu’ils vont revenir aussi rapidement qu’ils sont partis. Surtout que les sempiternelles résurrections qui peuplent les comics depuis des dizaines d’années nous font de plus en plus douter de la gravité des faits. Et finalement, c’est une très bonne idée de jouer là-dessus, de laisser planer le doute. C’est l’une des forces de Heroes in Crisis. Et si c’est confirmé, c’est extrêmement audacieux de la part de l’éditeur.

 

(image © DC Comics)

Un style… à la Tom King !

Le point fort de Heroes in Crisis, c’est que le scénariste Tom King arrive à faire la synthèse entre les récits classiques de Batman et la narration plus évoluée de Mister Miracle. De fait, les scènes d’action de Heroes in Crisis sont coupées par des interviews très personnelles de chacun des personnages lors de son passage au Sanctuaire. Et si Tom King ne réinvente pas l’eau chaude, il nous permet de nous rappeler toutes les failles de nos super-héros préférés (que l’on connaît). Mais surtout de leur faire admettre ces dernières. On sait que Superman est tiraillé entre ses 2 identités, mais rarement il l’avait avoué « face camera » aux lecteurs. Les caractérisations sont donc fortes et j’aime beaucoup la subtilité avec laquelle Tom King fait passer ses messages, notamment sur le fait que Batman ment toujours, que ce soit avec la kryptonite cachée dans sa ceinture ou les enregistrements des confessions des héros lors de leur passage au Sanctuaire. Tom King dépeint aussi une Harley Quinn très dangereuse, avec une scène qui fait penser, un peu, à la 1ere scène de combat entre Deathstroke et les super-héros à sa poursuite dans Identity Crisis. En 2 ou 3 pages la jeune femme arrive à mettre à terre les 3 plus grands super-héros de la planète de manière finalement assez réaliste. Le cliffhanger de fin est plutôt bon aussi et peut faire trembler de terreur tous les personnages qui sont déjà passés au Sanctuaire. Et cela ne va pas arranger les tensions entre Batman et les autres héros !

 

(image © DC Comics)

 

Clay Mann, de plus en plus impressionnant

L’histoire de Heroes in Crisis est pour l’instant sympathique et intrigante. Mais ce qui m’a vraiment impressionné ce sont les dessins de Clay Mann. Le dessinateur a toujours été bon, mais je trouve que ses compétences augmentent de plus en plus rapidement. Son style a déjà évolué entre le 1er  et le 2e numéro. Les planches sont magnifiques et la narration est fluide. Les traits de C. Mann, un peu trop lisses parfois, commencent à se déstructurer un peu pour notre plus grand plaisir. Je pense que ce dessinateur, qui roule déjà sa bosse depuis une bonne dizaine d’années déjà, est en train de franchir un véritable palier pour devenir l’un des « grands » dessinateurs du moment. Heroes in Crisis continue donc de nous interpeller. Reste à voir comment le reste de l’histoire va se développer et si les éditeurs de DC ont vraiment poussé le bouchon aussi loin. ■

(image © DC Comics)




A propos Doop 120 Articles
Doop lit des comics depuis une quarantaine d'années. Modérateur sur Buzzcomics depuis plus de 15 ans, il a écrit pour ce forum (avec la participation de Poulet, sa minette tigrée et capricieuse) un bon millier de critiques et une centaine d'articles très très longs qui peuvent aller de « Promethea » à « Heroes Reborn ». Il a développé une affection particulière pour les auteurs Vertigo des années 90, notamment Peter Milligan et Neil Gaiman.