8. Absolute Batman réintroduit la galerie de vilains du Chevalier Noir

Dès le premier numéro, Scott Snyder s’amuse à lancer plusieurs clins d’œil aux lecteurs de DC Comics. Absolute Batman #1 aligne les surprises et brouille volontairement les attentes. Personne n’aurait pu anticiper la manière dont des figures aussi iconiques que Double-Face, le Pingouin, le Sphynx ou Killer Croc seraient revisitées dans cet univers. Pourtant, le choc fonctionne immédiatement.
Ici, Harvey Dent, Oswald Cobblepot (surnommé « Ozzie »), Edward Nygma et Waylon ‘Croc’ Jones ne terrorisent pas Gotham. Ils sont les amis d’enfance de Bruce. Mieux encore, ils deviennent ses alliés dans sa croisade contre le crime, aux côtés de Selina Kyle, toujours Catwoman, et engagée dans une relation avec Bruce. Cependant, tout n’est pas idyllique. Harvey Dent subit bien une transformation à deux visages lorsque Bane lui fend le crâne en deux. Et la mutation de Waylon Jones en Killer Croc résulte des expériences de l’Arche M, l’organisation pour laquelle travaille Bane. Ainsi, même quand Absolute Batman réécrit les origines, la tragédie finit toujours par rattraper ses personnages.
7. La cheffe des Red Hood enfin dévoilé

La gamme Absolute adore bousculer les repères. Elle prend des figures classiques de DC Comics et les tord jusqu’à les rendre méconnaissables. La plupart du temps, on reconnaît à peine les personnages d’origine. Absolute Batman #13 en offre un exemple limpide, presque provocateur. Ici, les codes volent en éclats, et le lecteur comprend vite qu’il n’est plus en terrain connu.
À la recherche de renforts pour affronter Bane, Batman tente donc de négocier une alliance avec un gang local nommé les « Red Hood ». Le clin d’œil à l’Âge d’Or est évident, presque rassurant. Cependant, Scott Snyder pousse l’idée plus loin et abat deux cartes d’un coup. Le chef du gang se révèle être Harley Quinn, dans une version Absolute méconnaissable. Look punk radical, attitude brute, mais quelques traces de clown subsistent, comme un souvenir toxique. En réalité, cette révélation résume toute la philosophie de la série : recycler l’héritage, puis le dynamiter sans prévenir.
6. Les débuts de l’Absolute Batmobile

Avec ses 2 mètres et ses quelque 190 kilos, Absolute Batman s’impose comme la version la plus massive du Chevalier Noir jamais vue chez DC Comics. Ce colosse ne pouvait décemment pas se contenter d’un véhicule discret. Il lui fallait une Batmobile à sa mesure. Logique implacable, presque évidente, tant cette incarnation pousse chaque curseur vers l’excès assumé.
La révélation survient à la fin d’Absolute Batman #2. Le mastodonte apparaît enfin, et le mot est faible. On parle ici d’un véritable bloc d’acier sur roues, au point que Alfred Pennyworth ne réalise même pas qu’il se trouve déjà à l’intérieur lorsque Bruce accélère. La scène reste d’une simplicité désarmante. Pourtant, elle devient essentielle. Elle résume à elle seule l’ambition de cette réécriture de Batman. Tout est plus grand, plus lourd, plus radical. Et surtout, rien n’est fait à moitié.