Depuis que Bill Finger et Bob Kane ont donné naissance à Batman en 1939, le personnage n’a cessé d’être réinterprété. Chaque époque y projette ses obsessions, ses peurs et ses fantasmes. Pourtant, malgré sa sortie toute récente, Absolute Batman s’impose déjà comme l’une des incarnations les plus marquantes du Chevalier Noir. Le constat surprend, surtout à une époque saturée de relectures, mais il s’impose vite. Cette version frappe fort, et surtout juste.
Attention : si vous n’avez pas lu les tomes 1 et 2 d’Absolute Batman, cet article contient des spoilers.
Pensé par Scott Snyder, grand architecte d’Absolute Batman, et mis en images par Nick Dragotta, ce Bruce Wayne massif, brutal et profondément ancré dans une réalité prolétaire a déjà offert à DC Comics des moments d’une puissance rare. Cette incarnation cogne, encaisse et s’affranchit de toute limite. Choisir les plus grands moments d’Absolute Batman relève presque de l’exercice impossible, d’autant plus que la série n’en est qu’à ses débuts. Pourtant, cette audace permanente, cette manière de tout repousser, a donné naissance à la liste qui suit, classée selon un critère simple (et totalement subjectif) : l’épique.
10. Martha Wayne est toujours en vie dans l’univers Absolute

Il existe un élément immuable dans presque toutes les origines de Batman. Bruce Wayne assiste au meurtre de ses parents. Ce traumatisme fonde toute l’existence du héros. Pourtant, Scott Snyder choisit de ne modifier ce moment que très légèrement. Et, de fait, l’impact devient immense. Ce simple ajustement suffit à déplacer tout l’axe émotionnel du personnage.
Dès Absolute Batman #1, on apprend que Bruce reste hanté par l’assassinat de son père et instituteur, Thomas Wayne, survenu lors d’une sortie scolaire au zoo de Gotham. Sa mère, Martha Wayne, n’était pas présente ce jour-là. Elle a survécu. Mieux encore, elle occupe désormais le poste de maire adjointe aux côtés de James Gordon. Ce détail change tout. Car Bruce n’est plus seul face à ses fantômes, mais il reste enfermé dans une culpabilité qui ne s’éteind jamais.
9. Alfred imagine la chute de Batman face à Bane

L’une des réinventions les plus déroutantes de la gamme Absolute concerne Alfred Pennyworth. Dans cette chronologie, il n’a jamais été le domestique des Wayne. Il reste un agent secret, endurci, qui traque Batman avant de s’allier à lui. Une partie d’Absolute Batman adopte même son point de vue. Ainsi, la série donne corps aux recoins les plus sombres de son imagination. Et surtout, elle ose montrer ce qu’Alfred redoute vraiment.
Le numéro 11 puise clairement dans l’héritage de la saga Knightfall. Il met en scène un affrontement cauchemardesque entre Batman et Bane. Le colosse retourne la hache du Chevalier Noir contre lui, lui tranche les mains, puis lui broie le crâne. Ensuite, il reconstruit son corps pour en faire une créature sous sérum spécial. La scène se déroule entièrement dans l’esprit d’Alfred. Pourtant, elle reste l’un des moments les plus choquant de la série. Heureusement, la véritable confrontation suivra un autre chemin. Mais ça, ce sera pour plus tard.